LES MÊMES, D'AMBOISE, TURENNE
SOLIMAN
Azémire a daigné recevoir vos bienfaits; Vous la favorisez de quelques jours de paix; Mais Soliman, Seigneur, ne veut pas d'indulgence. On pourrait, je le sens, blâmer ma négligence: Mes pertes, mes affronts ont marqué tous vos pas; Et la croix insolente usurpe mes Etats. Rien ne doit ni fléchir ni suspendre ma haine. Mon sort n'obéit pas au destin de la Reine; Et, si par des sujets ses vœux sont respectés, Ce fer n'est pas du moins soumis à ses traités. Adieu, Seigneur; bientôt sorti de ces murailles, Je veux tenter encor le destin des batailles; J'aurai soin de hâter ces glorieux instans: Pour vous et pour l'Asie ils seront importans.
d'amboise.
Je le crois; mais, Seigneur, à vous parler sans feinte, Ces instans ne sauraient nous inspirer la crainte: Ils seront désirés, et jamais assez prompts.
SOLIMAN
Je vais tout disposer.
d'amboise.
Et nous vous attendrons.