‹ Œuvres de M. le comte de Montalembert (volume 2)Chapitre 48 sur 71 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

DES QUALITÉS QUI PEUVENT CAR AMI II A L ANGLETERRE SA LIBERTÉ EN DEHORS DE L ARISTOCRATIE.

De toutes les qualités qui constituent la force sociale de cette race privilégiée, la plus rare et la plus essentielle à la vie politique d'un peuple libre , c'est le respect des opinions d'autrui. De là cette loyauté qui caractérise les discussions publiques, et cette garantie du droit des minorités qui éclate dans tous les actes politiques de l'Angleterre moderne. Ce n'est que bien tard, et sous Faction, sous la pression bienfaisante de ses institutions de discussion et de publicité, qu'elle est arrivée à ce degré de justice et d'impartialité. Ce n'est donc pas un apanage exclusivement propre à la race anglosaxonne, c'est la conséquence des lois et des libertés qu'elle a su conserver. C'est la plus récente de ses vertus, mais c'en est la plus noble et la plus enviable. La majorité qui domine à un moment donné n'use plus de son |H)uvoir comme autrefois; elle n'agit que de façon à ce que la minorité puisse toujours faire entendre ses protestations , essayer de montrer qu'elle a la raison pour elle, et préparer les moyens de devenir majorité à son tour. Ce sont en effet les minorités qui ont surtout besoin de liberté. Sous tous les régimes, les majorités sont toujours à peu près sûres d'accomplir ou d'obtenir ce qu'elles veulent. Une surprise peut établir le pouvoir absolu, mais il ne peut durer qu'avec la sympathie de la majorité de ceux qui lui obéissent. En Angleterre la majorité tient à la liberté, parce qu'elle sent qu'elle est sans cesse ex-

posée à redevenir minorité; et, quelles que soient les transformations qui s'opèrent actuellement chez ce peuple, ou que l'avenir lui réserve, il y a tout lieu de croire que cette disposition tutélaire continuera à l'animer. De là ce besoin d'entendre discuter toutes les faces d'une question, d'accorder la parole à tous les intérêts, à tous les partis, et de respecter les franchises de cette parole avec une tolérance qui semble quelquefois dégénérer en complicité. C'est ce que les Anglais appellent jouer loyalement, fair play, dans leur langue politique, tout imprégnée des images et des souvenirs de leurs récréations de jeunesse.

Nul parmi nous ne doit oublier le calme et intrépide courage que déployèrent lord Aberdeen, sir James Graham et M. Gladstone, en 1851, pour défendre la liberté religieuse des catholiques contre le bill des Titres ecclésiastiques; ils risquaient de perdre à jamais leur grande existence politique, tant la passion populaire et parlementaire était excitée par le rétablissement de la hiérarchie épiscopale ; et cependant, un an plus tard, ils furent tous les trois appelés aux postes les plus importants du ministère de la coalition.

Quiconque a entendu le mémorable discours de M. Gladstone contre la prolongation de la guerre, dans la séance du 24 mai 1855, aurait pu croire que la majorité ou au moins une portion très-considérable de la Chambre des communes partageait l'opinion de l'orateur, tant le silence était profond, l'attention soutenue, l'approbation de ses amis incontestée : et cependant il n'y avait peut-être pas trente membres de son avis sur cinq cents, et l'opinion du dehors ainsi que la presse tout entière étaient unanimes à le combattre. Il en a été de même quand M. Cobden et M. Bright ont développé leurs théories de la paix à tout prix. On a vu niguère le très-regrettable M. Lucas , doublement antipathique à la presque

unanimité de la Chambre, comme converti au catholicisme et comme représentant les opinions"les plus vives du parti irlandais, se faire toujours écouter avec respect et attention Ceux qui ont passé par nos assemblées politiques et qui ont eu à y lutter contre l'intolérance successive ou simultanée des majorités et des minorités, sont à même d'apprécier le bienfait de tels procédés.

C'est que le peuple anglais, qui a l'instinct et le goût du courage civil, reconnaît et admire cette vertu chez tout homme qui ose résister isolément à l'ascendant des idées dominantes, au flot de l'opinion. Même quand on contredit le plus directement ses passions et ses préjugés, il se contente de l'impuissance de ses contradicteurs; et loin de vouloir les bâillonner, il sent que la résolution et la ténacité de ces individualités énergiques sont une gloire et une force de plus pour le caractère national. Il semble qu'il n'y a au fond rien de plus anti démocratique que ces résistances individuelles à la volonté de la foule. On n'en voit guère plus de traces dans la république des États-Unis que dans les monarchies absolues de l'Europe. Dans les démocraties, on est toujours tenté de regarder comme une offense à l'égalité, comme le nec plus ultrà du privilège, l'audace de celui qui se détache en relief sur le fond uniforme de l'assentiment universel. En effet, c'est le comble de l'aristocratie que d'oser ainsi tenir tête à ce que la divinité du jour exige, que de remonter le torrent qui se précipite sur sa pente, et de rester seul debout quand tous se prosternent ou se cachent. Mais rien ne s'oppose à ce

1 Dans l'affaire Madiaï (séance du 15 mai 1851), il ent l'honneur de mettre en déroute lord Palmerston et lord John Russell, non pas en revendiquant pour les gouvernements catholiques le droit et le privilège de persécuter l'erreur, mais en déroulant le tableau des persécutions et des violences opérées par les gouvernements protestants, qu'avaient encouragés ces deux nobles lords. Le Time$ lui-môme sut rendre justice à la supériorité de M. Lucas.

que cette énergie d'une conscience invincible se retrouve au sein d'une démocratie chrétienne et sincèrement libérale.

D'ailleurs l'habitude en est tellement générale, tellement enracinée dans les mœurs anglaises, tellement identique avec toutes les traditions de la vie générale et locale, que , selon toutes les probabilités, on la verra survivre, pour l'honneur de cette race et du genre humain, à toutes les révolutions, et coexister avec toutes les formes nouvelles de sa vie politique.

Cet esprit de justice et de loyauté dont s'enorgueillissent les Anglais dans leur régime politique à l'intérieur, produit un autre effet qui n'est pas sans importance. On a dit avec trop de raison qu'en France les popularités sont fugitives et les impopularités implacables. Il n'en est point ainsi au delà du détroit. La popularité est éphémère, fugitive comme partout, mais nul n'est condamné à l'impopularité perpétuelle. On a vu les hommes qui ont été les plus impopulaires pendant de longues années reconquérir en un jour l'estime et l'admiration publique. Un fait de guerre éclatant, un discours habile ou opportun, un acte de dévouement ou de charité, a rendu à tels personnages qu'on pourrait nommer une position qui semblait irrévocablement compromise ou perdue. De là un grand encouragement à la patience et à la persévérance, ces deux conditions indispensables de toute carrière politique.

De là aussi, et de bien d'autres causes, la trempe supérieure des hommes publics. Oui, l'âge d'or de l'éloquence parlementaire est peut-être passé ; le cycle des grands ministres, comme celui des grands orateurs, paraît terminé : mais il reste à la liberté anglaise un trésor inépuisé, c'est le caractère de ses hommes publics. Ils ont certes des préjugés, des passions, des infirmités sans nombre. Qu'on leur reproche des

vues étroites et exclusives , un égoïsme national sans frein, un orgueil souvent aveugle et une inconséquence souvent risible : à la bonne heure ! Mais ce qu'on ne voit plus parmi eux, c'est ce cynisme de l'apostasie, ce culte abject de la force et du succès , cet abaissement presque universel des âmes, qui ont trop souvent déshonoré notre histoire contemporaine. Nous ne nions pas qu'il n'y ait aussi en Angleterre des exemples d'apostasie et de corruption : nous nions qu'ils aient été acceptés ou pardonnés par l'opinion. Placé sous le feu d'une publicité implacable, élevé dans des traditions d'honneur politique qui rendent à l'homme public la bassesse aussi impossible que l'est au soldat la lâcheté, l'Anglais qui sent des inclinations basses, qui veut sacrifier au lucre ou à la peur les convictions ou les antécédents de sa vie, prend son parti; il sait qu'il ne lui est pas permis d'étaler sa honte aux yeux de ses concitoyens, et il se fait oublier dans quelque recoin obscur du budget. Il n'y a pas d'exemple, dans l'Angleterre de nos jours, d'un homme qui ait grandi par l'apostasie, et qui ait gouverné son pays en faisant à son ambition le sacrifice de la morale et de l'honneur1.

C'est ici le lieu de faire une remarque essentielle. Chez les nations continentales, le sentiment de l'honneur politique et social avait naguère son foyer et ses garanties dans l'esprit aristocratique de la cour, de l'armée, du monde. Aujourd'hui, dans la ruine universelle des institutions et des idées aristocratiques, cette fleur si facile à flétrir demeure sans abri, en butte au souffle mortel et de plus en plus impétueux de l'intérêt personnel et matériel. Aussi , dans les pays où le silence de la tribune et de la presse vient garantir l'impunité

1 c Ce qu'il faut craindre, ce n'est pas tant la voe de l'immoralité des grands que celle de l'immoralité menant à la grandeur. > Tocqobvilli , Démocratie en Amérique, t. II, C. 5.

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aux défaillances de l'homme public, le culte de l'honneur devient un mythe suranné. Partout , au contraire , où s'est introduit et consolidé le régime parlementaire , il a créé de nouveau le règne de la pudeur politique : elle exerce sa domination sous une forme souvent âpre et confuse, mais avec une sévérité efficace. Les susceptibilités exagérées mais salutaires de l'opinion publique, sans cesse éveillées par la presse, tiennent en bride chez les ambitieux, non pas tous, mais la plupart des penchants inférieurs de la nature humaine. La probité, la fidélité aux engagements, le désintéressement avéré, deviennent les premières conditions de la carrière d'un homme politique. L'honneur refleurit, grâce à cette contrainte morale, sans laquelle il n'y a de vertus ni publiques ni privées.

Si l'on descend des individualités aux masses, et si l'on cherche à reconnaître ou à approfondir les traits distinctifs du peuple anglais dans son action politique, on trouve que la vertu caractéristique de la société anglaise, c'est l'effort, l'effort personnel, prolongé, énergique et spontané. Or, chacun sait que l'effort est la première condition du mérite et de la vertu , dans la vie temporelle comme dans la vie spirituelle. Le régime qui provoque le plus à l'effort, au labeur, ù la lutte, est donc celui qui contribue le plus à la moralité d'une nation comme à son honneur. C'est le propre du régime représentatif, parfaitement compris et appliqué, sous ce rapport qui est le plus important de tous, par la race anglosaxonne. Là , nul n'imagine de demander au gouvernement de tout faire, de tout prévoir, de tout enseigner, de tout décider, à la charge de payer ce môme pouvoir d'un profond oubli ou de la plus noire ingratitude, lorsque la fortune cesse de le favoriser. Là , nul gouvernement n'a encore imaginé de se substituer à l'action collective ou individuelle des

citoyens, de comprimer partout la force spontanée, la volonté responsable, de vouloir tout subordonner à son initiative, à sa correction , à son autorisation , à sa surveillance , à son intervention , à son intérêt personnel. Bien loin de se laisser aller à cet empiétement universel qui a fait la force apparente et la faiblesse réelle de tous les pouvoirs dont la France a successivement subi les lois, le gouvernement anglais ne se mêle qu'à son corps défendant de tout ce qui n'est pas du domaine de la politique proprement dite. Il est poussé dans cette voie par l'esprit démocratique et radical, par l'aveuglement suranné de quelques libéraux, mais il n'y marche qu'à pas de tortue.

L'opinion est encore d'accord avec la tradition pour imposer au sujet anglais le droit et le devoir de travailler et de prendre de la peine dans l'intérêt du bien général. A la grande démonstration pour la réforme administrative qui eut lieu au théâtre de Drury-Lane, le 13 juin dernier, on a entendu le président de ce meeting proclamer cet axiome : « Les affaires publiques de l'Angleterre sont les affaires particulières de tout Anglais » Il n'y a là rien de nouveau. En remontant à soixante ans en arrière , à l'époque de l'explosion des doctrines révolutionnaires en Angleterre, on trouve dans une lettre de lord Grenville, secrétaire d'État et collègue de Pitt, ce passage : «Pour sauver ce pays, il faut fortifier « le gouvernement, mais il faut avant tout que le gouveru nemenl ne soit pas chargé de tout; il faut que tout citoyen <* mette la main à l'œuvre , selon son rang et sa position « sociale... Toute notre législation repose sur cette hypothèse « que les propriétaires et les magistrats à titre gratuit feront « leur devoir; s'ils ne le font pas, le pouvoir ne fera ni le « leur ni le sien2. »

1 The public busineu ofEngland i$ Ihe privait btuineu vf every Engluhtnan.

2 Lettre du 14 novembre 1792.

Ce concours de tous à l'œuvre commune n'est pas seulement la base de la vie politique, c'est la base fondamentale de toute l'organisation sociale. La lutte, le travail, l'activité indépendante et spontanée, sont partout. Il en résulte, au premier abord, une certaine apparence de confusion et de désordre. Elle frappe et étonne ceux qui arrivent des pays où tout est arrangé, casé, étiqueté, selon les règles de cette fatigante uniformité et de cette minutieuse sollicitude de l'autorité qui évite à l'honnête homme tout dérangement en le déchargeant de toute responsabilité, mais qui tue l'esprit de dévouement et de sacrifice , qui énerve la race des peuples modernes et les condamne à une minorité perpétuelle. Ils ne savent s'émanciper de la tutelle d'un maître que pour se précipiter dans une orgie anarchique : après quoi , éperdus, étourdis, épuisés par un effort violent et court, ils deviennent la proie du premier audacieux qui leur offre le joug accoutumé, en attendant que la démagogie revienne et ne retrouve en face d'elle que des hommes déshabitués de toute action virile et libre, et endormis dans une léthargie chronique.

Les Anglais ne connaissent pas ces alternatives de débauche et d'impuissance. Ils sont toujours en mouvement et en action. Aussi quelle surabondance d énergie, d'activité, d'intelligence et de force productive, dans toutes les directions de la vie sociale, politique et industrielle! Sous ces dehors agités, compliqués, la vie circule partout et l'ordre retrouve ses droits : chacun se met à sa place et fait son affaire.

Les premiers intérêts de tout peuple civilisé, l'enseignement, la charité, la police, plongent leurs racines et puisent leur séve dans l'intarissable réservoir des volontés indépendantes et des sacrifices spontanés de vingt millions d'âmes chrétiennes.

L'Anglais donne son argent, son temps, son nom à une

œuvre de charité ou d'intérêt public ; il met sa gloire à ce que l'œuvre qu'il adopte ainsi soit au niveau de tous les besoins et de tous les progrès; mais pour y parvenir il ne songe pas à invoquer ou à accepter la main-mise des agents du pouvoir sur tout ce que ses pères et lui ont fondé. 11 garde l'autorité avec la responsabilité, le droit avec le devoir. Il tomberait en pâmoison devant notre système de charité légale, dirigée, surveillée, éduquée, et en lin de compte garrottée ; où depuis 1852 tous les membres de tous les bureaux de bienfaisance de la France entière sont nommés et révoqués par les préfets ; où il en est de même de tous les administrateurs des hospices, auparavant électifs.

Supportai by voluntary subscription , telle est la fière et noble inscription qu'on lit dans toute l'Angleterre sur la façade de la plupart des hôpitaux, des hospices, des asiles divers de la misère humaine. Alors même que le gouvernement a pris l'initiative, le public est toujours venu revendiquer sa part et son droit : Condidit rex, civium largitas perfecit, comme il est dit sur la façade de l'immense hôpital des aliénés de Bedlam. On comprend bien que ces mots : entretenus par des souscriptions volontaires , impliquent ceux-ci : gouvernés par l'autorité des souscripteurs. C'est toujours le même principe : l'effort, le sacrifice personnel et permanent, puis le droit et le pouvoir naissant du sacrifice et de l'effort. Tant que ce principe sera en force et en honneur, l'Angleterre n'aura rien à craindre : sa gloire et sa vertu pourront résister à la contagion de la servitude continentale.

L'Angleterre échappe ainsi au plus grand ennui et au plus grand danger de la société moderne, à l'uniformité sociale et à la toute-puissance du gouvernement. La variété des droits et la fécondité des volontés individuelles brisent dans l'œuf le germe fatal de cette uniformité, qui n'est pas seulement la

mère de l'ennui, qui est surtout la "fille de la bureaucratie, qui est en outre la marque et la condition de la servitude, et qui, bien loin d'être une garantie de stabilité pour les peuples ou les pouvoirs publics, n'a jamais préservé ceux-ci des chutes les plus rapides et les plus honteuses. On y connaît encore moins ces détestables abus de la force, qui ressortent de l'omnipotence des gouvernements modernes, quelles que soient leur origine ou leur dénomination, dictature ou assemblée, monarchie ou république. Chez les nations de notre temps une révolution ou une conspiration démolit sans peine le pouvoir, mais trop souvent pour substituer à celui qui tombe un nouveau venu qui ne veut pas plus de frein que son prédécesseur, qui s'arroge également le droit et la faculté de tout faire, et qui y réussit toujours pour un temps, tellement les inventions les plus utiles de la civilisation elle-même et l'heureuse douceur de nos mœurs ont simplifié la tâche, naguère plus laborieuse et plus incertaine, du despotisme !

L'Angleterre, où tous les progrès matériels ont trouvé leur berceau ou leur développement, et où la philanthropie et le comfort jouent un plus grand rôle que partout ailleurs, n'a pas encore connu l'humiliation de cette mobilité et de cette souplesse universelle. La mollesse de la vie civile n'y a pas plus énervé les institutions que les caractères. Personne n'y est tout-puissant, ni le roi, ni la loi, ni la noblesse, ni l'émeute. Tout ce qui triomphe, tout ce qui domine rencontre à chaque pas des barrières. C'est tantôt une corporation, tantôt un individu ; c'est tantôt un titre écrit, tantôt une habitude nouvelle; tantôt un souvenir, tantôt un préjugé; mais c'est toujours quelque chose ! Et ce quelque chose a pour garantie la résolution d'un ou de plusieurs hommes accoutumés à la lutte, à la résistance, à l'action, à l'entente avec le voisin pour la cause commune. On est sûr que jamais l'oppression,

décrétée par la loi ou exercée par l'autorité , n'y pourra atteindre les proportions qu'elle prend dans ces pays où, tous les citoyens étant réduits à 1 état de molécules identiquement petites , la pensée du droit et la volonté individuelle finit par disparaître cbez tous ces atomes avec les moyens de résistance et l'habitude de s'en servir.

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