Hœc est forma de statu mortis Lantgraviœ de Thuringià, ex
MS. Liesbornensi, apud Martene et Durand, Collectio amplissima, etc. — Pars i, p. 1254-56 [Mart.].
Récit détaillé de sa mort et de quelques-uns de ses miracles, tout à fait contemporain; car l’auteur dit qu’il ne veut pas raconter sa vie avant de voir ce que Dieu compte faire dans l’avenir de sa servante , c’est-à-dire avant qu’elle soit canonisée. Elle mourut en 1231, et fut canonisée en 1235.
4. Bonaventurœ sermo de sancta Elisabeth. Imprimé dans ses œuvres, édition de Mayence, 1609, in-folio, tome ni, page 289 [S. Bonaventure). Le Saint confirme et répète dans son discours plusieurs des détails contenus dans le récit des quatre suivantes.
5. l'heodorici Thuringi, ordinis Prœdicatorum , libri octo de S. Elisabeth, Andrœ régis Hungariorum filia. Imprimé dans le Thésaurus monumentorum de H. Canisius, tome iv de l’édition de 1725, p. 116-152. Des suppléments fort importants ont été publiés par Mencken, tome h, page 1987; et par Struvius, Act. litter. , tome n, fasc. 1 . Une version allemande a été imprimée en 1 520 à Erfurt, mais est devenue fort rare. Elle existe en manuscrit à la bibliothèque de Cassel, avec des additions assez précieuses. Il y a des versions flamandes à la bibliothèque de Bourgogne à Bruxelles ( Theod .).
Théodoric, né à Apolda, en Thuringe, en 1229, deux ans avant la mort de sainte Élisabeth, était prêtre et religieux de l’ordre de Saint-Dominique, dont il a aussi écrit une vie fort estimée. Il dit dans son prologue, qu’ayant commencé à étudier la vie de sainte Élisabeth, et ayant trouvé que la lettre de Conrad au Pape et la déposition des quatre suivantes n’étaient ni assez complètes ni assez explicites, il s’est livré à de longues recherches, et a fait de nombreux voyages pour re-
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cueillir de nouveaux documents, avant de se mettre à l’œuvre'. Ce ne fut qu’en 1 289, par conséquent cinquante-huit ans après la mort de la Sainte, qu’il commença à mettre en ordre ses matériaux et à écrire. Il indique lui-même la méthode qu’il a suivie. Incomposita et sparsa composui, inordinata ordinavi, ornavi prout potui, impolita. Multa interserui et apposui... Quœdam sicut in scriptis reperi, de verbo ad verbum posui ; et nonnullaetiam variavi, etuniversa et diversa in unum colligens hoc opusculum compilavi. Pertractavi autem mente mca, solus omnia conscribens, emendandoque rescribens plurima sœpius, caligantibus oculis, manu mea. Il cite le discours sur sainte Elisabeth , d’un dominicain nommé Otton, doctissimi et devotissimi viri, dont nous n’avons pu trouver aucune trace ; mais il ne cite pas le récit du moine Berthold, aumônier du mari de sainte Elisabeth, dont nous parlerons plus loin, aux sources manuscrites, et qu’il a cependant copié ou traduit textuellement dans scs quatre premiers livres.
L’œuvre de Théodoric est la plus importante et la plus complète qu’ait inspirée notre sainte. A part l’incontestable mérite de l’ordre chronologique et méthodique qu'il a introduit dans les divers récits qui existaient de sa vie, il est impossible, ce nous semble, d’écrire avec plus de charme, une plus tendre piété, un enthousiasme plus sincère. Son style répond à son âme; et, sauf quelques passages, tout sou ouvrage peut être cité comme un des monuments les plus complets de cette belle latinité chrétienne, qui avait son éloquence et surtout sa poésie tout à fait indépendantes de celles de la latinité païenne, et, à notre avis, souvent d’une plus haute beauté.
La version allemande est aussi empreinte d’un charme remarquable.
1 Vojeï lu passage déjà cité, p. 8 île l'Introduction.
6. De sancta Ilelisabeth, légende de la fameuse collection des vies des Saints, intitulée Aurca leyendu Sanctorum quœ lombardica hystoria nominatur, compilata per fratrevi Jacobum de Voragine, et si souvent imprimée au xv® siècle. (Leg. Aur.)
Jacques de Voragine était dominicain, et mourut en 1298. Il était donc du même siècle que notre Sainte. Aussi lui a-t-il consacré une place plus étendue qu’à la plupart des autres saints; mais son récit ne contient que peu de détails qui ne soient pas dans Théodoric.
7. Volgarizsamento délia vita di santa fflisabetta di Unghcria : testo untico Toscano ora per la prima voila stampula. Modena, 1 848.
C’est une version italienne de la Vie de notre Sainte, telle que la donne la Légende dorée. Elle a été trouvée dans les manuscrits de la bibliothèque Magliabecchiana, à Florence, et publiée avec des notes par M. Marc-Antonio Parenti.
8. Anctor Rbytmicus de vita S. Elisabethce, landgraviœ J'huringiie, è codice bibl. ducalis Saxo-Gotban. Apud. Mencken, Script. Her. Saxonicar., tome n, page 2034. (Vit. Rhyt.)
Poème de quatre mille cinq cents vers, divisés en quarantehuit chants. On le regarde comme une traduction ou une nouvelle version en dialecte thuringien d’un poème latin que Tentzel (Supplem. IJist. Gotlian., n, pag. 536) croit être du xv® siècle, mais que Mencken, qui l’a le premier publié, fait remonter au xm® siècle, lîodmer et Groeter (Bragur, t. vi, page 127) ont soutenu que ce poème était l’ouvrage du chanoine Rotlie, auteur de la Chronique de Thuringe (voy. n° 8), qui vivait au xv* siècle : ils fondent leur opinion sur le préambule d’un manuscrit, dont le double existe à Munich. Nous avons examiné ce passage, qui manque dans le texte donné
(Euirei. VU. — Sainte Élisabeth. I. 11
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par Mencken, et nous croyons que Rothe n’y est indiqué que comme traducteur.
Dcr manu der dilt bucblyn gedutschet hal, etc.
11 est parlé, dans le dernier chant, de la mort du landgrave Raspon, qui arriva en 1246, comme d’un événement contemporain. Le caractère intérieur de l’ouvrage prouve d’ailleurs suffisamment son antiquité.
Ce poème est une source aussi précieuse et aussi intéressante que la Chronique de Théodoric. Quoiqu’il ne soit pas peut-être aussi complet et aussi méthodique que celle-ci, il donne infiniment plus de détails sur toutes les parties de la vie de la Sainte qui y sont traitées. Rien ne semble échapper au narrateur, et il en résulte une abondance de renseignements inappréciables pour la connaissance de l'époque en général, du genre de vie des cours, des opinions populaires, etc. Les discours sont simples, touchants et naturels; les localités désignées avec le plus grand soin, les dates fixées avec exactitude ; enfin tout y porte le sceau de la véracité et de la contemporanéité.
9. Monachi Jsenacensis vulgà Johannis Rothe, Chronicon Thuiingiœ vermculum. Apud Mencken, Script. Her. Saxonic., tome il, p. 1633-1824 (Rothe).
Ce Rothe était de Luxembourg 1 , et chanoine de Notre-Dame à Eisenach. Il a dédié son ouvrage à Anne, femme du duc
1 Une notice sur Rothe, insérée dans les Annales de la Société historique de ténu, prétend, d'après un manuscrit des archives de cette ville, qu’il était non de Luxembourg, mais de Creulrbourg en Thuringe. — Cette question a été l’objet d’une savante dissertation de M. Namur, secrétaire de la Société archéologique de Luxembourg, publiée dans le tome XV du Bulletin du Bibliophile belge.
Guillaume, qui régna de 1445 à 1483. Son dialecte, qui est un mélange confus du haut et du bas allemand, est assez difficile à comprendre. Son œuvre est surtout précieuse par la liaison qu’elle établit entre la biographie de sainte Élisabeth et l’histoire nationale de Thuringe, ainsi que par les détails qu’elle renferme sur la personne et la conduite du duc Louis, mari de la Sainte. Les différences qu’il y a sur plusieurs points entre le récit de cette chronique et celui du poème n° 7, montrent assez que tous deux ne sauraient être du même auteur.
10. légende von sant Elsebetenn, dans la grande légende dite Passional, imprimée par Knoblauch à Strasbourg, en 1517, in fol. ( Passional ).
Cette même légende se trouve à part dans deux manuscrits de la bibliothèque de Munich, n 1 ” 218 et 735, datés l’un de 1 476, et l'autre de 1 486, mais dont le langage est plus ancien d’un siècle environ , ce qui fait remonter au moins au xiv e siècle l’origine de ce récit. Il est tout à fait indépendant des sources que nous avons énumérées jusqu'ici : c’est la tradition populaire dans toute sa naïveté. On y trouve une foule de détails qu'on chercherait en vain ailleurs, et plusieurs des traits les plus touchants et des plus charmantes paroles de notre Sainte.
1 1 . Sermo de sancta Elisabeth, dans le Thésaurus novus de Sanctis, Numberg, 1487, Serm. clv.
Panégyrique de la charité de la Sainte et de sa vie contemplative , sur le texte : Vendidit nmnia quœ habuit et émit eam. Il y a quelques beaux passages.
12. Pomérium sermonum de sanctis hyemales et estivales, editi
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per fratrem Pelbartum de Temeswàr, divi ordinis Sancli Francisci. A la tin du volume , on lit : Impressi ac diligenter emendati expensis circumspecti viri archibibliopolœ Joannis Ilynman de Oringaw : inofficina industrie Henrici Gran. Finixmt féliciter armo salutis nostrœ mille quingentesimo quindecimo, mense octobri; in-folio sur deux colonnes. — Pray en indique une autre édition de Ilaguenau, 4301 .
Les sermons xcvi, xcvii, xcvm sont consacrés à notre Sainte. On n’y trouve aucun fait nouveau : c’est un commentaire assez sec de la légende telle que Théodoric la donne, sans la moindre trace de quelques traditions spéciales à la Hongrie.
13. Vita illustris ac divœ Elisabeth, regis Hungarorum filiee, conscripta stilo elegantissimo opéra Christi Sacerdotis Jacobi Montani Spirensis, insérée dans la grande collection de Surius, intitulée De Probatis Sanctorum historiis, etc., tomé vi.' Colonies Agrippes, 1 851 .
Ce n’est guère qu’une amplification de Théodoric, en latin de la renaissance. L’édition originale, très-rare, mais imprimée à Rurcmonde, qui se trouve parmi les documents recueillis par les Bollandistes à Bruxelles, contient une dédicace de l’auteur aux frères de Marbourg, datée des ides de mai 1511, et dans laquelle il annonce qu’il a composé cet ouvrage l’automne de l’année précédente. Cet ouvrage a aussi été inséré en entier, avec des notes, dans VHisloria Seraphica de Sedulius; Anvers, 1615.
14. Annales de Hainaut, par Jean Lefèvre, pubfiées à la suite de X Histoire de Hainaut, par Jacques de Ouyse, d’après des manuscrits de la Bibliothèque royale, par M. le marquis de Fortia d’Urban, en 1834 et 35 (Jean Lefèvre).
Le livre xlvi, c. 22 et suivants, de ces annales, contient une version française de la légende de sainte Elisabeth, par Jacques de Voragine, d’un style attrayant, et à laquelle le savant éditeur a joint des notes et des observations nombreuses.
Nous omettons à dessein plusieurs auteurs, tels que Vincent de Beauvais, etc., qui n'ont parlé de sainte Élisabeth que d’une manière incomplète et abrégée dans le cours de leurs écrits.