‹ Œuvres de M. le comte de Montalembert (volume 5)Chapitre 1 sur 94 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

JACQUES LECOFFIIE CT C", LIBRAmES-ÉDITEUHS

nUB DU VIF-UX-COLOHBIËR, 39

o A M. LE DUC PASQUIER

CHANCKLIBR DE FRIkNCK PR^^SIDENT DE LA CHAMBRE DES PAIRS

L'UH des OVAKARTI Dr L*ACADÉMIK PRANÇAISB

Monsieur le Chancelier^

Vous êtes le premier en &ge et en dignité de tous ceux qui ont survécu parmi nous au naufrage de la royauté selon la Charte et du gouvernement parlementaire.

Vous avez^ pendant les trente-quatre années que cette royauté a duré^ pris une part considérable à tous les grands débats de cette glorieuse période.

Vous avez présidé la noble assemblée où j'ai eu rhonneur de siéger pendant la plus grande partie de ma vie publique. Vous avez maintenu dans ses discussions politiques Tinviolable indépendance

ObiTreft. I. — DiMoart, l.

Il DÉDICACE.

dont j'ai usé plus que personne. Vous avez surtout imprimé à ses délibérations judiciaires cette équité souveraine^ cette invincible modération, ce respect profond de la libre défense des accusés, qui feront des procès jugés devant la Cour des Pairs de France une des plus belles pages de notre histoire civique. Vous avez ainsi renoué la chaine des temps, en ressuscitant au sein d'une société toute nouvelle Tantique majesté de ce fameux Parlement de Paris dont vous êtes Tillustre et dernier survivant.

Vous avez, seul parmi mes aînés et mes supérieurs, tendu une main amie à celui qui s'est trouvé, au sortir de l'adolescence, investi du périlleux honneur de la parole publique, et qui, presque toujours en opposition avec la majorité de ses collègues comme avec vos propres opinions, n'en a pas moins toujours rencontré auprès de vous la protection que réclamaient les libertés de son langage, et cette généreuse impartialité que les contradictions les plus vives et les plus prolongées laissent subsister chez les honnêtes gens dans un gouvernement libre.

DÉDICACE. m

Vous avez enfin, il y a déjà vingt ans, en rassemblant et publiant, de votre vivant, vos principaux discours, donné le premier un exemple que je me permets de suivre aujourd'hui.

A tous ces titres, je crois pouvoir placer ces débris de notre passé commun sous Tabri de votre nom et de votre autorité. Je veux mettre ainsi le sceau d'un hommage public à la reconnaissance et au respect avec lesquels je demeure

Votre très-obligé serviteur,

ancien collègue et confrère.

La Roche en Breny, IS novembre 1860.

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