AU JOURNAL DES DÉBATS
12 janvier 1844.
A la suite de la publication de la brochure de M. le comte de Alootalembert sur le Devoir des c(Uhohques dans la question de la liberté â^ enseignement, le Journal des Débats publia dans son numéro du 17 décembre 1843 un article dans lequel il signalait cet écrit comme « une déclaration de guerre adressée à la révolution de «Juillet au nom du parti ecclésiastique, » en faisant ressortir la coïncidence de cette publication avec la visite qu'un certain nombre de légitimistes venaient de faire à Londres à M. le duc de Bordeaux. M. de Montalembert adressa de Tile de Madère , où il se trouvait lorsque parut cet article, la lettre suivante au rédacteur en chef des Débats.
lie de Madôre, le 13 janvier 1844.
Monsieur,
Retenu à six cents lieues de la France par un devoir domestique, je n*ai eu connaissance qu'aujourd^hui de Tarticle que TOUS m'avez consacré dans votre numéro du 17 décembre dernier.
Cet article renferme beaucoup d'insinuations que je me sens parfaitement en droit de dédaigner; mais il contient, en outre, une calomnie qu'il est de mon devoir, comme pair de France, de relever et de confondre.
Vous afOrmez qu'il y a une coïncidence remarquable entre
la publication de mon écrit sur le Devoir des catholiques dans la question de la liberté d'enseignement, et ce que vous désignez comme « la manifestation cariiste de Londres. » Vous dites : « Le moment choisi par M. de Montalembert « pour publier ses menaces ne les rend pas plus dangereuses, « en effet, mais il les rend plus graves, et il en caractérise «t vivement Tintention et la portée. »
Or, récrit que vous critiquez porte la date de Madère, octobre 1843, époque où, si je ne me tron^, M. le duc de Bordeaux n^était pas même arrivé en Angleterre, et oà, dans aucim cas, je ne pouvais avoir la moindre idée de son voyage ou des projets de ses partisans.
Cet écrit, dont vous avez cité plusieurs extraits, contient, ep outre, le passage suivant, que Timpartialité vous twA un devoir de reproduire : «c On aurait tort de m'imputer une « hostilité quelconque contre le Gouvernement actuel; je « suis persuadé, au contraire, que la religion pourrait faire a des progrès durables et acquérir des droits précieux sous a la dynastie d*Orléans, si toutefois les hommes religieux le a veulent ainsi; et cela, parce qu'il n'y a plus de confusion « possible entre les intérêts du pouvoir et les droits étemels <c de l'Église. » (Page 65.)
Ce passage suf&ra, j'espère, pour prouver à tous vos lecteurs impartiaux qu'il n*y a eu rien de commua entre mon tniTaîl et la démarohe du parti légitimiste à Londres.
Vous parlez ensuite, Monsieur, dMn parti eccléâastique dont vous prétendez que je suis l'interprète, le chef et le héraut, et dont vous ne signalez pas d'autre mcmbro que moi. Vous ajoutez : a Le parti ecclésiastique déclare CfiiHl
a rompt toute allianoe avec la révolution de Juillet Il
a n'avait jamais cessé d'être cariiste aujourd'hui il «e-
« tourne publiquement au parti carliste. »