‹ Œuvres de M. le comte de MontalembertChapitre 14 sur 32 · LITURGIE DE SAINTE ÉLISABETH · texte numérisé non relu

LITURGIE DE SAINTE ÉLISABETH

Nous avons cherché à réunir ici tout ce que nous avons pu recueillir dans les anciens antiphonaires , bréviaires et missels, en l'honneur de sainte Élisabeth. Nous ne pouvons, ce nous semble, nous dispenser de conserver tout ce que sa pensée a inspiré à l’Église et aux ordres religieux qui lui avaient voué un culte spécial : nous serions heureux de pouvoir, à cette occasion, procurer quelque satisfaction aux rares amis de ces vieilles liturgies que la refonte moderne <les livres d’église a fait si cruellement disparaître '.

Dans le préambule de la déposition des quatre suivantes , il est dit que le pape institua, le jour même de la canonisation de sainte Élisabeth, un office spécial en son honneur,

I Voy«i Bar cet InléreBsanl sujet le docte et prdcieux ouvrage publié par dom Guéranger, abbé de Solesmes, bous le titre i’ Institutions liturgiques, dont Je premier volume a paru en 1840. L’ouvrage complet devra former 5 vol.

APPENDICE

qui devait être transcrit à la suite de cette déposition ■ ; mais cette transcription n’existait pas dans le manuscrit, tel que Mencken l’a imprimé, et nous n’en avons pu trouver nulle part la trace.

L’abbé Lebeuf, dans une lettre insérée au Mercure de France , de février \ 12H, page 239, dit que , selon Trithème , Gérard , moine de Saint-Quentin , composa un office spécial de sainte Elisabeth. Cet office se trouvait encore alors dans les anciens antiphonaires du diocèse de Paris, que Lebeuf eut le funeste pouvoir de faire supprimer; il s’en moque beaucoup dans sa lettre, ainsi que de l’ancien office de saint Louis : il n’en cite, par dérision, que la première antienne des secondes vêpres, ainsi conçue :

In secundis vesperis Chorus noster paude :

Jubila cum superis In ducissœ lande.

Nous avons cherché en vain à la Bibliothèque du roi un antiphonaire parisien qui renfermât cet office : nous n’avons trouvé qu’un bréviaire du quatorzième siècle, du diocèse de Verdun et â l’usage des Bénédictines de Saint-Maur, qui contient les diverses hymnes et antiennes que nous donnons ciaprès :

' Onicioque missarum, quod in Üne hujus legendæ abbreviatum reperitur, inslituto, cum oradonibus, quœ collecta: dicunlur, sécréta et complenda, quas Dominus papa ipse dictator eo die in missa promulgavil, gratias divines agentes riementlæ. Dict. iv Ancill. prol. 20, 10.

APPENDICE

OFFICIUM SANCTÆ ELYSABETH.

(Tiré du Breviarium Yirduneose, Ms. in-4*’ du IIY* siècle, i la Bibl. royale.)

Porté au Catalogue impnmé de 1740 avec la désignation

IN I YESPERIS.

Capitulum,

Mulierem fortem , etc. [comme au bréviaire actuel).

Elyzabeth contemplatur Christum a quo visitatur. Flet et ridet præ gaudio fruens ejus consortio ac præ dulci colloquio. % Si vis, inquit, esse mecum, volo ego esse tecum. Flet.

Hymnus.

Novum sidus emicuit , Error vêtus conticuit, Novo splendore rutilât; Plebs nova laudes intonat.

* Une note en caractères du XYIII^ siècle porte : Ad usum Abbatiœ mo~ nialium Benedictinorum S. Mauri nuucupatce, La date du X1V« siècle est celle donnée par le Catalogue de 17 40, mais je croirais volontiers les peintures dont ce bréviaire est orné d’une date plus ancienne.

APPENDICE

In ejus nunc præconia Linguam solvat Ecclesia, Novae præconis gloriam Promat sperando veniam.

Dies solempnis agitur,

Dies salutis icolitur,

In quo spes quæ promittitur Hac attestante redditur.

Ergo Domini famula Elyzabeth, per secula Christo consequens, veniam Nobis poscas et gratiam.

Deo Patri.

Elegit eam Deus.

Ad Magnificat antiphona.

Ave mater pietatis,

Forma patientiæ, Exemplar humilitatis, Roga regem gloriæ,

Ut nos solvat a peccatis , Te colentes hodie,

In hac valle cecitatis Lumen mittens gratiæ.

APPENDICE

Altéra.

Ave gemma speciosa,

Mulierum sydus, rosa,

Ex regali styrpe nata,

Nunc in cœlis coronata ;

Mundo licet viro data,

Christo tamen desponsata ;

Utriusque sponsalia

Simul servans illibata,

Saram sequens fide pia Et Rebeccam prudentia ;

0 dilecta ! o beata !

Nostra esto advocata,

Elyzabeth egre^ia,

Ut nostrorum peccatorum Sic veniam consequamur,

Quod tantorum post laborum Tecum jungi 'mereamur.

Collecta.

Tuorum corda iidelium [comme au bréviaire actuel).

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