‹ Œuvres de M. le comte de MontalembertChapitre 27 sur 32 · S III. MONUMENTS DE PEINTURE · texte numérisé non relu

S III. MONUMENTS DE PEINTURE

Munich. Dans la collection Boisserée : figure de la Sainte par un anonyme de l’école de Cologne : pleine d’expression et de sentiment : la Sainte, en habits de veuve, donne un vêtement à un pauvre d’une taille beaucoup plus petite que la sienne. (Reproduite dans notre collection des Monuments , n® VI.)

A la galerie royale : figure de sainte Élisabeth , en pied , par Holbein; a été publiée à Paris, en chromo-lithographie.

Marbourg. Peintures sur bois, attribuées à Albert Dürer, mais plus anciennes , représentant les diverses scènes de sa vie.

Nuremberg. A la galerie Saint-Maurice : tableau sur bois qui représente la Sainte , par un anonyme de l’école de

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Cologne. A l’église de Saint-Jacques, figure de la Sainte dans un vitrail du chœur.

ScHWABACH, près Nuremberg : figure de la Sainte, attribuée à Michel Wohlgemuth, le maître d’Albert Dürer.

Cologne. Figure de la Sainte sur l’extérieur du grand rétable de la chapelle du chœur de la cathédrale où est enterré l’archevêque Conrad de Hochsteiten. Elle est peinte sur toile collée au bois, attribuée à maître Guillaume ‘ , et tout ù fait digne de ce maître.

Parmi les magnifiques vitraux de la cathédrale, on en distingue un, dans le bas-côté de la nef, qui représente sainte Élisabeth toute vêtue de blanc, de grandeur naturelle : à ses pieds, on voit l’écusson de Thuringe, d’azur, au lion rampant d’argent. (Collection des Monuments, n° x.)

A la chapelle de Guttenberg, au royaume de Wurtemberg, plusieurs anciennes peintures et bas-reliefs représentant des traits de la vie de la Sainte, ont été décrits avec soin par M. Jager, dans le Kunstblatty n°» 19 et 20 de 1829.

Bale. Au musée adjoint à la Bibliothèque : grand tableau d’un peintre anonyme de la fin du quinzième siècle, et de l’école du haut Rhin : notre Sainte y est représentée en pied, soulevant son panier de fleurs, du geste le plus gracieux; elle tourne le dos au spectateur, de manière à ne laisser voir que

^ Passavant, Kunsfreise, p. 407.

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son profil, mais en même temps ses beaux cheveux flottants. Elle est vêtue d’un surcot de velours cramoisi, bordé et doublé d’hermine au-dessous, et d’une tunique de velours bleu. (Collection des Monuments, n® ix.)

Kcemgsfelden , en Suisse. Parmi les vitraux de l’église de l’abbaye, fondée par Agnès, reine de Hongrie, sur le site où son père l’empereur Albert fut assassiné, on en voit un sur lequel est représentée sainte Elisabeth debout, tenant à la main la double croix blanche des armes de Hongrie ; à sa droite et à sa gauche, sont le duc et la duchesse d’Autriche à genoux, qui l’invoquent. Ces vitraux ont été faits de 1325 à 1335, et sont d’un très-beau caractère.

Bruges. Deux figures de la Sainte, par le célèbre Hemling: l’une en grisaille sur le volet de son beau tableau du martyre de saint Hippolyte, à Saint-Sauveur; l’autre, comme patronne de la donatrice, dans le tableau du baptême de Notre-Seigneur, à l’Académie des beaux-arts. 11 est à regretter que cet admirable peintre ait si peu étudié le caractère et la vie de la Sainte ; il n’y a dans ces figures rien qui réponde à l'une ou à l'autre : il en a fait une vénérable matrone.

Venise. Parmi les miniatures du célèbre et admirable Breviani Grimani, à la bibliothèque de Saint-Marc, attribuées à Hemling et à d’autres peintres de l’école belge , on voit une vignette qui représente Elisabeth donnant du pain et des vêtements à un pauvre ménage , tandis qu’un ange plane sur sa tête et lui apporte deux couronnes du ciel. (Collection des Monuments, n® vu.)

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Florence. A l’Académie des beaux-arts, profil de la Sainte, entouré d’une auréole en or mat, dans le beau tableau d’Andrea Orgagna, qui représente l’Annonciation et vingt-sept saints et saintes. (Monuments, n» ni.) A la même galerie, figure de la Sainte , en pied , tenant des roses dans son manteau, dans un grand tableau de Fra Paolino de Pistoja, élève de Fra Bartolommeo, qui représente la sainte Vierge donnant sa ceinture à saint Thomas.

A l’église de S.-Jacopo de Ripoli, dans le beau tableau du Couronnement de Notre-Dame, par Alessandro Botticelli, figure de sainte Elisabeth, en pied. (Collection des Monuments, n® V.)

A l’église de S.-Elisabetta, dite del Capitolo, dans un tableau qui représente saint François d’ Assise et plusieurs autres saints ; on la voit également vêtue en Franciscaine , et tenant des roses dans son manteau.

PÉROUSE. Depuis que la première édition de ce livre a paru , nous avons eu le bonheur de découvrir dans la collection de l’Académie des beaux-arts de cette ville deux précieux monuments de l’art chrétien consacrés à notre Sainte : dans le premier, qui est un grand et beau tableau de l’école de Giotto , peut-être de son principal élève Gaddi , Élisabeth est représentée à genoux au-dessous d’un nuage qui porte la sainte Vierge et l’enfant Jésus ; elle est vêtue en Franciscaine, avec sa couronne royale sur la tête , tenant des deux mains son manteau plein de roses. Plus bas, on la voit recevoir une pauvre femme dans son hôpital.

Le second tableau est du bienheureux Frère Angélique do

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Fiesole : elle est représentée toute jeune, avec ses fleurs dans sa robe. Ces deux tableaux ont été gravés avec un texte explicatif dans notre collection des Monuments de sainte Elisabeth. (N“’ I, U et IV.)

CoRTONE. Au monastère de Sainte-Marguerite, elle figure dans un tableau très-médiocre de Jacopo d’Empoli.

VÉRONE. A la chapelle del Monte délia Pietà, aujourd'hui détruite, Domenico Morone, l’un des bons peintres de la primitive école vénitienne, avait représenté l’histoire de la Sainte de manière à mériter de grands éloges de la part de Vasari.

A S.-Bemardino , dans la même ville, on voit encore un grand tableau de Paulo Cavazzuola ou Morando, qui représente notre Sainte avec d’autres illustres saints franciscains , saint Louis de France, saint Louis, évêque de Toulouse, saint Bonaventure, saint Yves et saint Elzéar de Sabran. Vasari parle en ces termes de cette figure : 5. Elisabetta , che è bellissima figura, con aria ridente, volto gratioso, et con il grembo pieno di rose ; e pare che gioisca, veggendo per mii'acolo di Dio, che il pane, ch' ella stessa, gran signora, portava ai poveri, fosse convertito in rose, in segno che molto era accetta à Dio quella sua umilecarità Elle est debout, en habit de religieuse, le rosaire à la main, tenant une poignée de roses dans son manteau. Madame Jamiesun a donné une gravure sur bois de cette figure dans ses Legends of the monastic orders, p. 528.

La Madonna delle Grazie, près Mantoue. Pèlerinage cé-

' Vasari, t. iii, p. 2C9. 272, édit. 1647.

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lèbre : la Sainte est peinte en pied, avec saint Louis, à côté de la chapelle où est l'image miraculeuse.

Madrid. Célèbre tableau de Murillo, regardé en général comme son chef-d’œuvre, qui représente sainte Élisabeth occupée à laver les malades et les lépreux. Tous les critiques sont d’accord pour vanter la perfection de la composition et de l’exécution de ce tableau, où les plus grandes difficultés de l’art ont été vaincues, et où le contraste des plaies hideuses des malades avec la beauté et la sérénité de la Sainte produit un effet admirable. Ce tableau , fait pour le couvent de la Charité à Séville, a longtemps onié la galerie du Louvre : il fut repris en 1815; mais, au lieu d’être restitué à ses légitimes propriétaires, on l’a gardé pour le musée de Madrid. Il a été lithographié par Florentin Craene , et reproduit dans notre collection sous le n<> xi.

SÉVILLE. Le nouveau musée, formé d’une partie des dépouilles des monastères de la ville indignement confisqués et profanés en 1837, renfermait, en 1843, deux tableaux précieux relatifs à sainte Élisabeth. Le premier, sous le n<> 555, représente l’histoire du lépreux qu’elle baigne, et met ensuite dans le lit de son mari : celui-ci y trouve ensuite la figure de Notre-Seigneur crucifié. Tous les épisodes de cette histoire sont représentés sur la même toile, qui est fort longue et grande. Le groupe central, qui figure la Sainte, représente le bain du lépreux. Dans le deuxième, sous le n® 175, on voit saint François d’ Assise qui, assis au milieu de tous les saints de son ordre , donne sa règle à l’un d’eux qui est agenouillé

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devant lui, à sa gauche; sainte Élisabeth, le visage tourné vers le spectateur, occupe une place proéminente : elle est debout, couronnée, vêtue du manteau royal, mais avec la robe grise de Franciscaine en dessous ; elle porte à la main ses roses ; elle est jeune , belle , a l’air fier et tout à fait espagnol.

La collection des tableaux du maréchal Soult, duc de Dalmatie, vendue à Paris en mai 1852, renfermait un tableau de François Zurbaran, sous le n" 35, représentant probablement sainte Élisabeth, debout, la tête ceinte d'un diadème d'où s’échappent de longs cheveux noirs flottant sur ses épaules. Elle est vêtue d’un manteau violet, et d’une robe de brocart tissue d’or et d’argent, qu’elle relève devant elle des deux mains, de manière à contenir les roses qui servent à la faire reconnaître. Elle est jeune, d’une beauté tout espagnole, fière, mais peu idéale. Cette toile, de ^ mètre 70 centimètres de haut sur un mètre de large, faisait partie d’une réunion de huit tableaux de la même dimension , représentant tous des saintes martyres. Il est donc possible que ce soit sainte Dorothée, que l’on représente aussi avec des fleurs dans son giron. Elle appartient aujourd’hui à M. le comte Duchâtel, ancien ministre de l’intérieur.

Molanus [de Imagin., 1. ni, c. 48) dit que les anciens peintres catholiques représentaient sainte Élisabeth avec trois couronnes, l’une sur la tête et les deux autres à la main, pour exprimer qu’elle avait mérité une triple couronne dans le ciel, par la vie sainte qu’elle avait menée comme vierge.

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épouse et veuve ' . Elle a été plus souvent encore représentée avec des roses dans un pan de son manteau.

M. le marquis de Fortia d’Urbain cite, dans son édition des Annales du Ilainaut, 1. xvi, p. 18, un tableau de la Sainte par le Titien, gravé par Nicolas Béatrice. 11 ne dit pas où on le trouve.

Nous devons avouer que, dans la plupart des images de la Sainte que la peinture a reproduites, nous n’avons pas retrouvé 1e caractère qui nous semble convenir à sainte Élisabeth. Aucun peintre ne paraît avoir étudié sa vie ; presque tous, oubliant qu’elle mourut à vingt-trois ans, la représentent comme une femme d’un üge mûr, et lui donnent en outre un air triste et mélancolique qui est en contradiction directe avec les témoignages de ses suivantes et des auteurs contemporains, qui disent expressément qu’on ne put jamais, même au plus fort de ses épreuves, distinguer sur son visage l’expression d’une peine durable.

Nous croyons que l’étude de la vie d’Élisabeth dans ses détails offrirait à un peintre chrétien une source inépuisable d’inspiration et de succès. Cette prévision a été déjà justifiée par M. Frédéric Muller, jeune peintre de Cassel, qui, né dans le pays que la Sainte a glorifié et ramené à la foi catholique, lui a consacré son talent, en même temps que ce culte tendre i et dévoué qui paraît d’un autre âge; par M. Flatz, peintre

’ L’auteur possède un tableau de Lucas de Leyde, daté de 1535, où la i

Sainte se trouve vêtue en Franciscaine, avec ses trois couronnes. i

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tyrolien , auteur de plusieurs compositions du goût le plus pur et le plus suave ; par le jeune Octave Hauser, dont nous indiquerons plus loin les travaux ; par le grand et saint Overbeck, qui a daigné orner notre collection des Monuments d’un beau dessin représentant le Miracle des roses; enfin et surtout par M. de Schwind, dont les fresques sont le plus bel ornement du château restauré de la Wartbourg.

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