CHAPITRE ni
MONSBIGHBUR LB DUC DB BBRRT ARRirB ▲ LOIfDRBS. SES FOIBLBSSBS. ADMOUBLB DBCLÀRATIOM PU ROI BT DBS PRIMCBS DB LÀ MAISON DB FRÀlfCB.
Un prince qui ne règne plus, un banni sans patrie, un soldat qui ne fait plus la guerre , est le plus indépendant des hommes : il arrive souvent qu'il cherche dans les aflections du cœur de quoi remplir le vide de ses journées. Il seroit inutile de taire ce que la mort chrétienne et héroïque du prince a révélé. Le duc de Berry faillit comme François I*^et Bayard , Henri IV et Grillon, Louis XIY et Turenne : le roi Jean vint reprendre en Angleterre des fers qu'il préféroit à la liberté. Il y a deux espèces de fautes qui, toutes graves qu'elles doivent être aux yeux de la religion , sont traitées
> DAlrjm.f Mémoires de la Grande-Bretagne, — < R^h. de Pasquier,
avec indulgence dans la patrie d'Agnès et de Gabrielle. Eii eon-^ damnant trop sévèrement dans ses rois les foiblesses de l'amour et le penchant à la gloire , la France craindroit de se condamner ^le-mékne.
Mk»* le duc de Berry eut une de ces joies sî pures que produit rtfonneur, en donnant (avec tous les princes de la fiimille royale qui se trouvoient en Angleterre) son adhésion à la note du roi , en réponse à la proposition que lui fit faire Buonaparte de renoncer an trône de France , moyennant des indemnités : cette note est un des plus beaux documents de notre histoire. Tandis que de puisaants monarques étoient forcés d'abandonner leurs tr6nes au conquérant , un roi de France proscrit refusôit le sien è l'usurpateur qui l'occu^it : le sénat romain ne fit pas acte de propriété pk» magnanime y en vendaM le ehamp où campoit Annibal.
Varsovie, 23 février \W5.
.« Je ne confonds pas M. Buonaparte avec ceux qui l'ont prête cédé ; j'estime sa valeur , ses talents militaires : je lui sais gré de- « plusieurs actes d'administration ; car le bien que l'on fera à mon « peuple me sera toujours cher. Mais il se trompe s'il croit m'enga- M ger à transiger sur mes di*6its : loin de là , il les établiroit lui- « même , s'ils pouvoient être litigieux, par la démarche qu'il fait « en ce moment.
« J'ignore quels sont les desseins de Dieu sur ma race et sur w taW , mais je c6nrtdls*îes obligations qu'il m^'a îïrtposéespaT le « rang où il \tx\ a plu de me faire naître. Chrétien , je remplirai « cesobligations jusqu'à mon dernier soupir ; fils de saint Louis , M je saurai , à son exemple, me respecter jusque dans les fers ; « successeurs F-rançois V% je veux^u moins pouvoir dire comme « lui : Nèms avons WtH perdu, fors l'hminmr.
u Siqné LOUIS. »
Et au bas :
« Avec la permission du roi mon oncle ^ j'adhère de cœur et M d'ame au contenu de cette note.
« Sigfté Louis- Antoine. »
WP' le duc d'Angoulôme résidoit alors auprès du roi à Varsovie.
Monsieur , M^ le duc de Berry , M«f le duc d'Orléans et les deux princes 3es frères alors vivants , M8r le prince de Gondé ,
M^ le due de BourtKm , tous exilés dans la Grande-Bretagne , euyoyèrent au rot Tadhéston suivante :
« Pénétrés des mêmes sentiments dont Sa Majesté Louis XYIII, « roi de France et de Navarre , notre seigneur et roi , se montre « si glorieusement animé dans sa noMe réponse à la propositioB « qui lui a été faîte de renoncer au trdne de France , et d'exiger u de tous les princes de la maison de Bourbon une renonciation i « leurs imprescriptibles droits de succession à ce même trône ,