TROISIÈME RACE
Avec la troisième race finit l'histoire des Franks et commence l'histoire des François.
La monarchie de Hugues Capet subit quatre transformations principales :
Elle fut purement féodale jusqu'au règne de Philippe le Bel.
A Philippe le Bel s'élève la monarchie des trois états ! et du parlement , qui dure jusqu'à Louis XIII.
Louis XIV impose la monarchie absolue que détruit la monarchie constitutionnelle ou représentative de Louis XVI.
Les faits de la monarchie purement féodale sont : la formation même et le caractère de ce gouvernement, le mouvement insurrectionnel et l'affranchissement des communes , la conquête de l'Angleterre par les Normands , les croisades extérieures et intérieures , et la querelle du sacerdoce et de l'Empire.
La monarchie des trois états et du parlement voit naître les lois générales , civiles et politiques , l'administration et la petite propriété ; elle voit les démêlés de Philippe le Bel avec le pape , la destruction de l'ordre des Templiers, l'avénement au trône delà double lignée des Valois , la longue rivalité de la France et de l'Angleterre avec tous ses événements et tous ses malheurs , la destruction de la première haute noblesse , le soulèvement des paysans et des bourgeois, les troubles des trois états, l'établissement de l'impôt régulier et des troupes soldées, la séparation du parlement
■ Appelés depuis étals-généraux.
des conseils du roi par la création du conseil d'état , l'extinction des deux maisons de Bourgogne , la réunion successive des grands fiefs à la couronne , les guerres d'Italie ^ les changements dans les ]0[s , les mœurs , la langue , les usages et les armes. Les lettres rebaissent; les grandes découvertes s'accomplissent;. Luther paroît , les guerres de religion éclatent; les Bourbons arrivent à la couronne; la monarchie des états et la constitution aristocratique expirent sous Louis XIII. Le parlement en garde les traditions à travers la monarchie absolue.
La courte monarchie absolue de Louis XIY se compose de la gloire de ce prince, de la honte de Louis XV et de l'intrusion des idées dans l'ordre social comme faits.
La monarchie constitutionnelle ou représentative a pour acci*dents le jugement de Louis XVI, le passage de la république à l'Empire , de l'Empire à la restauration , et de la restauration à la monarchie répubhcaine , si ces deux mots se peuvent allier.
Je ne prétends pas établir ici des divisions tranchées , commen^çant tout juste à telle date, finissant tout juste à telle autre; les choses sont plus mêlées dans la société : les siècles s'élèvent len* tement à l'abri des siècles ; les mœurs nouvelles , au milieu des anciennes mœurs , sont comme les jeunes générations qui gran* dissent sous la protection des vieilles générations d'où elles sont sorties. Ainsi Louis le Gros n'a point affranchi les communes dans le sens absolu du mot; il y avoit des communes libres et des communes insurgées avant qu'il leur octroyât des chartes; mais c'est à partir de son règne que les affranchissements se multiplient tant par la couronne que par les seigneurs : ainsi Philippe le Bel n'a pas appelé le premier le tiers-état aux délibérations publiques; avant lui plusieurs rois avoient convoqué des assemblées de notables, et particulièrement le roi saint Louis ; mais depuis Philippe le Bel , en 1303 , jusqu'à Louis XIII , en 1614 , on trduve une série de convocations d'états, qui n'est guère interrompue que vers la fin du quatorzième siècle.
J'en dis autant des autres divisions que je n'adopte que comme une formule historique , propre à servir de layeue ou de case aux faits et d'aide à la mémoire. Je sais tout aussi bien que personne que la monarchie féodale ne tombe pas quand la monarchie des états et du parlement s'élève ; loin de là , elle est à son apogée ; elle descend ensuite pendant tout le quatorzième siècle , et se vient abîmer sous Charles VIL
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