‹ Œuvres de M. Le vicomte de Chateaubriand (volume 4)Chapitre 105 sur 201 · CHAPITRE XXVllL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVllL

.^De l'iiiflueuce des philosophes grecs de l'âge d'Alexandre sur leur siècle, et de l'iiilluface des philosophes modernes sur le nôtre.

,' EST une'grande question lue celle-là: savoir comment la p'.ilosophieagit sur les hommes ; si elle produit plus de bien que de mal , plus de mal que de bien ;comment elle détermine les révolutions , et dans quel sens elle les détermine ; et jusqu'à

• Je ne me suis point ri'concilié avec les pliilosophes , du dix-Iiuitièine siècle; j'ai trèsbicn fait de les traiter comme je I ai fait dans l'Eaxai. Je ne puis souffrir des liommcs qui crayoient ([u'on peut remire un peuple libre en étranglant le. dernier roi accc le boyau du dernier prêtre, et qui vouloient substituer, pour le triomphe des lumières , la lecture d'un roman oljscèni! à celle de l'Évangile. Je vois avec Joie qu'ils tombent tous les jours en discrédit parmi notre raisonnable jciilicssc , et j'en augure bien pour l'avenir. L'incrédulité n'est pas plus une preuve de la foice de l'esprit , «inuiic marque de rindrp'ndance du caractère. La superstition déplaît aujourd'hui, lliypocrisie est en liorrrur , mais le siècle rejette éRaleiuent les turiitudes irréligieuses et le fanatisme pliipisoithiiiue. On traite gravement la liberté, et l'on a cessé de vouloir en faire une imiiie et une prostituée. ( i\. Éd. )

(piel point un peuple qui ne se conduiroit que d'après des systèmes philosophiques seroit heureux?

IXous n'embrasserons pas cette question générale , qui nous mèneroit trop loin , et nous considérerons seulement la philosophie par l'intluence qu'elle a eue sur la Grèce et sur la France', en nous bornant à la politique et à la religion. Un essai est un livre pour faire des livres ; il ne peut passer pour bon quen raison du nombre de fétus d'ouvrages qu'il renferme. D'ailleurs , le sujet que je traite s'étend si loin, et mes talents sont si foibles , que je tâche de me circonscrire ; d'une autre part , le temps se précipite , et je me fatigue.

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