CHAPITRE XXX
luflucnce religieuse.
^'est ici que les philosophes de la Grèce et ceux de la France ont eu , par leurs écrits, une influence absolument la même sur leur âge respeclif.Ils renversèrent le culte de leur pays , et, en introduisant le doute et l'alhéisme , amenèrent les deux plus grandes révolutions dont il soit resté des traces dans l'iiistoire. Ce fut l'altération des opinions religieuses qui produisit en partie la chute du colosse romain , altération commencée par les sectes dogmatiques d'A- \?"^ thènes : et c'est le même cliangement d'idées religieuses dans le peuple qui a causé de nos Q jours le bouleversement de la France , et renouvellera dans peu la face de l'Europe. Je vais essayer de rappeler toutes mes forces pour terminer ce volume par ce grand sujet. II faut, pour bien l'entendre, donner l'histoire du polythéisme et du christianisme. Loin d'ici celui qui chérit ses préj ugés ! que nul qui n'a un cœur ^Tai et simple ne lise ces pages. Nous allons toucher au voile qui couvre le Saint des saints, et nos recherches demandent à la fois le recueillement de la religion, l'élévation de la plùlosophie et la pureté de la vertu ".
' Nai je pas l'air d'un homme qui se sent au moment de commettre une grande faute, et qui cherche à la justitier d'avance, en voulant la faire passer pour une action méritoire? Quel droit avois-je d'invoquer la religion, la philosophie, la vertu, lorsque j'allois , de la main la plus téméraire, essayer d'ébranler les Ijases de l'ordre social? Et pourtant il est vrai (|ue , dans ces mêmes pages , je repousse avec horreur l'athéisme , et (pie , dans mes i'aisonncm(;nts, non suis vue, s'ils sont sans prudence , j'annonce le renouvellement de la face de l'Europe.
(N.Éo.)