CHAPITRE XXXV
Iccroisseracnt du christianisme jusqu'à Constautiu.
i'I E Christ , dans sa glo- .-' rieuse^ascension , ayant disparu aux yeux des hommes , ses disciples , doués de son esprit , se disséminèrent dans "les contrées voisines :
bientôt ils passèrent en Crcce et en liaiie. Nous avons vu les diverses raisons qui lendoient alors à affoiblir le culte de Jupiter : ([uelle fut la surprise des peuples lorsque les apôtres, sortis de l'Orient, vinrent étonner leur esprit par des récits de prodiges , et consoler leur cœur par la plus aimable des morales ! Ils étoient esclaves , et la nouvelle religion ne prèciioit qu'égalité ; souffrants , et le Dieu de paix ne chérissoit que ceux qui répandent des larmes; ils gémissoient écrasés par des tyrans , et le prêtre leur chantoit : Dc;msî(j< poteides de sede, et exaltavH Inimiles. Enfin Jésus avoit été pauvre comme eux, et il promettoit un asile aux misérables dans le royaume de son père. Quelle divinité du paganisme pouvoit], dans le cœur du foible et du malheureux , balancer le nouveau Dieu qu'on 'offroit ù ses] adorations ? Qu'avoit le plébéien à espérer d'un Elysée où Ion ne comptoitcpie des princes et des rois?
Yoilà les grands moyens qui favorisèrent la propagation du chtistianisme. Aussi est-il remarquable qu'il seglissad'aborddans les classes indigentes de la société. Les disciples furent bientôt assez nonil)reux pour former une secte.
lU'VOLUTIONS ANCIENNliS.
CJS
On la persécuta , et conséciiiemnient on Taccrut. Les premiers chréliens , trompant les liourreanx , se tléroboient au supplice, et s'affermissoient dans leur culte. Une religion a bien des charmes , lorsque , prosterné au pied des autels , dans le silence redoutable des catacombes , on dérobe aux regards des humains un Dieu persécuté : tandis qu'un prêtre saint, échap|)é à mille dangers, et nourri danscjuel- ([ue souterrain par des mains pieuses , célèbre peut-être à la lueur des flambeaux , devant un petit nombre de fidèles , des mystères que le péril et la mort environnent.
Des martyrs, des miracles populaires, les vices des Néron ' et des Caligula, tout concourut à nuiltiplier la nouvelle doctrine. Après avoir essayé de la détruire, les empereurs songèrent à s'en servir. Constantin arbora l'étendard de la Croix , et les dieux du paganisme tombèrent du Capitule ^.