CHAPITRE XLI
Depuis la réforniation jusqu'au Rcgeut.
ORSQLE les tempêtes i-'Ievées [)ar la réformation se furent apaisées , le Vatican reparut, mais k moitié en ruines. 11 avoit perdu l'orgueil île ses nmrs, et ses combles entr ouverts étoienl
((uand ils sont visitez de Dieu... De ma part, le ne pense (toint que iamais roy ait receu vn plus grand affront de son peuple il faut que ceste parole à nostre très grande honte m'eschape ), (|ue celuy qu'a receu le nostre. Que luy, qui à son retour de la Beauce aiioit esté receu aurc tant de congi-atulations et applaudissements du Partsien, six ou sept mois après ait esté caressé de telle façon i|u'auons veu en la journée des barricades, mesmes dans vue ville qu'il aiioit aimée et ehi-rie pardessus toutes les antres, yue le ieudy et vendredy qu'il demeura dans la ville, ou ne veit jahiais plus grand chaos et émotion jiopulaire ; et le samedy soudain (|ue l'on fust i adueity de son p.irtement , nous veimes un raquoise- I meut inopiné de tcmtes choses : signe malbenreiix et ! trop exprès de la haine qu'on lui porte, p Id., I.XII,
|)age 796. etc.) I ' Bentivog., Grotius, Strada, etc.
I - UoBEET>:0>'s f/ist. of Sroll'iml. ' IlLJIE, WDITELOCK, WAI.KEI1, CtC.
•' Ce chapitre avoit bien commencé pour la réforni.:
REVOLUTIONS ANGIENiNES.
sillonnés de ses propres foudres, que la fureur de Foraj^e avoit repoussées contre lui. Les rois et les papes, en s'o[>posant par des mesures violentes aux innovations religieuses , n avoient fait qu'irriter les esprits. Petite et foible dans le calme, la liberté devient un géant dans la tempête.
Entre les conséquences funestes qui résultèrent de ces troubles pour la religion, une ne doit pas être omise. Les révolutions ravagent les mœurs dans leurs cours , comme ces sour- (;es empoisonnées qui font mourir les fleurs sur leur passage. L'œil de la loi, fermé pendant les convulsions d'un état, ne veille plus sur le citoyen qui lâche les rênes à ses passions et se plonge dans rimmoralite; il faut ensuite des années, quelquefois des siècles, pour épurer un tel peuple. Ce fut évidemment le cas en Europe après les troubles dont je viens de parler ; et la religion , qui se calcule toujours sur les mœurs, dut, en proportion de la relaxation de celles-ci, perdre beaucoup de son influence.
Cependant l'harmonie s'étant rétablie, les hommes reportèrent les yeux en arrière , et commencèrent à rougir de leur folie. Les lumières , toujours croissantes , secondoient ce jienchant à haïr ce qui semb'oit la cause de tant de maux. En matière de foi, il n'est point de bornes : aussitôt qu'on cesse de croire quelque chose, on cessera bientôt de croire le tout, llabelais, Montaigne, Mariana, étonnèrent les esprits par la nouveauté et la hardiesse de leurs opinions politiques et religieuses. Hobbes et Spinosa, levant ensuite le masque, se montrèrent à découvert; et bientôt après Louis XIV donna à l'Europe le dernier exemple de fanatisme national , par la révocation de l'édit de îNantes',
tîon; c'est dommage, pour le philosoptiisme . qu'il ait liiii aussi mal. Il paroit que je n'étois dans VEiSai ni [lour Genève ui pour Home. (N. Éd.)
' Je ne parle pas des scènes scandaleuses de la populace de Londres contre les calholiciues, en 1780.