‹ Œuvres de M. Le vicomte de Chateaubriand (volume 4)Chapitre 117 sur 201 · CHAPITRE XLII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLII

Le Régent. La chute du christianisme s'accélère.

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XFiN le Régent parut , ;t de celte épo(|ue il aut dater la chute pres- [ue totale du cluistialisme \ Le duc d'Orléans brilloit de génie, le grâces, d'urbanité; mais il étoit l'homme le plus anmoral tie son siècle, et le moins fait pourgouverner une nation volage, sur laquelle les vices de ses chefs avoient tant d'influence lorsqu'ils étoient aimables. Ce fut alors qu'on vit naître la secte philosophiciue , cause première '' et finale de la révolution présente. Lorsque les nations se corrompent , il s'élève des hommes qui leur appreimeut qu'il n'y a point de vengeance céleste.

Le bouleversement que Law ' opéra dans l'état par son papier ne contribua pas peu à ébranler la morale du peuple. Intérêt et cœur humain sont deux mots semblables *". Changer les mœurs d'un état , ce n'est qu'en changer les fortunes. Dans les accès du désespoir et dans le délire des succès, tout sentiment de l'honnête s'éteint, avec cette différence que le parvenu conserve ses vices, et l'homme tombé perd ses vertus.

La presse, cette invention céleste et diabolique '', commenyoit à vomir les chansons, les

" Toujours la chute du christianisme! Le christianisme ne tomboit point ; les mœurs seulement se corrompoit'nt. Et quand la re!i2;ion chrétienne se seroit affoiblie en France , cela voudroit-il dire qu'elle s'éteint également dans le reste du monde? (N. Éd )

^' Il falloit mettre , au lieu de cause première , cause seconde. (N. Éd.)

* Dans les projets de cet étranger, on retrouve le plan littéral exécuté de nos jours par Mirabeau l'aîné : le paiement de la dette nationale en papier, la vente des biens du clergé, etc.

'^ Cela n'est pas vrai en France. (N. Éd. )

'' La presbC n'e t diaboliiiuc que lorsqu'elle n'e^t pas réglée par des lois. Si vous l'enchaînez par l'arbitraire,

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{vamplilets , les livre.-^ philosophiques. Chaque poste annonroit au citoyen , tantôt linceste «l'un père, l'exccrahle mort dun cardinal , des tlcbauclies que la plume d'un Suétone rouairoit lie décrire; et, en payant les taxes, il soldoit à la fois et les vils conrlisans, et les troupes qui le forçoienl à leur obéir. Le mépris, puis la rai^e, étoient les senliments qui dévoient s'emparer du cœur de ce citoyen". Que le peuple alors apprenne le secret de sa force, etlétat n'est plus.

Ce fut sous le règne suivant qu'éclata la secte encyclopédi(pie , dont jai déjà touché (pielque chose. Je vais, comme je lai promis, la considérer à présent dans ses rapports reliiiitux et politiques avec les institutions de la France.

CIIAPiTiJR \L1II.

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