CHAPITRE IV
Causes de la sulnersion du gouvernement royal chez les Grecs. Elles diffèrent totalement de celles de la révolution frauçoise.
' Apremière raison qu on : entrevoit de la chute de ; la monarchie en Grèce ; se tire des révolutions ; (}ui désolèrent si longtemps ce beau pays.
Depuis la prise de I Troie jusqu'à l'extinction de la royauté à Athènes , et même longtemps après, un bouleversement général chan- -A ^ gea la face de la contrée. Dans ce chaos de /•;^\ choses nouvelles, l'ordre des successions au
* Mi;i;ns , de P,cgih. Jthrn. , lib. III cap. \i. . Ils rccDnnurcnt. pour roi .l\iiiiter.
2 Plut., in Lyc
" Je soulève certainemont ici une (juestion nouvelle ; mais je promets avec Wiuéiité une solution (juc je ne donnerai pns. (X. Ed. ■)
3 Ofjserval. surVUist. de la Grèce, page 1-20.
trône fut violé ' ; les rois perdirent peu à peu leur puissance, et les peuples l'idée d'un gouvernement légal. Toutes les humeurs du corps politique, allumées par la fièvre des révolutions , se trouvoient à ce plus haut point d'énergie , d'où sortent les formes premières et les grandes pensées : le moindre choc dans l'état étoit alors plus que suffisant pour renverser de frêles monarchies qui pouvoient à peine porter ce nom.
Nous trouvons dans l'esprit des riches une autre cause non moins frappante de la subversion du gouvernement royal en Grèce. Ceuxci, profitant de la confusion générale pour usur{)er l'autorité , semoient les factions autour des trônes où ils aspiroient -. C'est un trait commun à toutes les révolutions dans le sens républicain , qu'elles ont rarement commencé par le peuple ". Ce sont toujours les nobles qui, en proportion de leur force et de leurs richesses , ont attaqué les premiers la puissance souveraine : soit que le cœur humain s'ouvre plus aisément à l'envie dans les grands que dans les petits, ou qu'il soit plus corrompu dans la première classe que dans la dernière , ou que le partage du pouvoir ne serve qu'à en irriter la soif; soit enfin que le sort se plaise à aveugler les victimes qu'il a une fois marquées. Qu'arrive-t-il lorsque l'ambition des grands est parvenue à renverser le trône? Que le
< Pausa^. , lil). II , cap. xn[ et xvm ; Vell. Patehc. . lib. I, cap. II.
2 DiOD., lit). IV; PALSiN., lib. IX, cap. V.
^ Observation digne de l'iiistoire; mais pour être logique , après m'ètre servi de fadverbe raremcnl , il ne falloit pas dire ce sont toujours les nobles; il failoit dire ce sont presque toujours les nobles Je fais d'ailleurs le procès de l'aristocratie avec trop de rigueur. Pourquoi l'aristocratie est-elle disposée à mettre des obstacles au pouvoir d'un seul? C'est que son principe naturel est la liberté . comm ■ le principe naturel de la démocratie est l'égalité. Aussi voyons-nous que les rois qui aspirent au despotisme détestent l'aristocratie., et qu'ils recherchent la faveur populaire , laquelle ils sont sûrs d'obtenir en sacriliant les riches et les nobles au principe de l'égalité. Si l'aristocratie a souvent attaipié la puissance souveraine , c'est encore plus souvent la démocratie qui a livré la liberlé à cette puissance. Mais remarquez qu'aussitôt que le monarque est parvenu an despotisme par le peuple, il ne veut plus du peuple et rctoiu-ne à l'aristocralie qu'il a proscrite; car. si le peuple est bon pour faire usurper la tyrannie, il ne vaut rien pour la maintenir. l,N. Ed.)
AVAM J.-C. IISi-1070.
|)euple , opprimé par ces nouveaux maîlres, se repent bientôt d'avoir assis une multitude de tyrans à la place d'un roi léijfitime. Sans égard au prétendu patriotisme dont ces hommes s'étoient couverts, il finit par chasser la faction honteuse ; et l'état , selon sa position morale , se change en république ou retourne à la monarchie \
Une troisième source de la constitution poinilaire chez les Grecs mérite surtout d'être connue, parce qu'elle découle essentiellement de la l)olitique, et qu'elle n'a pas encore, du moins (jue je sache . été découverte par les publicistes; je veux dire, l'accroissement du pouvoir des amphictyons. Cette assemblée fédérative , instituée par le troisième roi d'Athènes * , étendit peu à peu son autorité sur toute la (irèce^. Or, parle principe , il ne peut y avoir deux souverains dans un étal. Une monarchie n'est plus , là où il y a une convention souvelaine en unité. Que si l'on dit que le conseil amphictyonique n'avoit que le droit de proposition, et ressemhloit, dans ses rapports, aux diètes d'Allemagne , c'est faute d'avoir remar- (iué que ,
Ce n'étoient pas les envoyés des princes qui composoient l'assemblée , mais les députés des peiqiles ^ ;
Qu'une telle convention étoit propre à faire naître aux nations (pi'elle représentoit l'idée des iormes républicaines ;
Enfin, que les amphictyons , favorisés de l'opinion publique , dévoient , tôt ou tard , par cet ambitieux esprit de corps , naturel à toute société particulière , s'arro^^er des droits hors de leur institution ; et que conséquemment les monarchies dévoient aussi cesser tôt ou tard ''.
" Ceci est imprimé en 1797 : la prédiction s'est vérir.ée pour la France. (N. Ko.)
' On ignore le temps précis de l'instltiition de ceUe îisseiiiblée , et l'on vaiie également snr le nom de son aiiteiu' : les uns, tels que Paiisanias, le nommant y4mjïliidyon , les autres, tels (lue Slrabon, Jrrhius. En suivant l'opininn commune, l'époque en remonleroit x'rs le quiuziéme siècle avant noiru- ère.
^ /Esciin . de fais. Leg.
' Idem, ibid.; Sth.vd., pag. 413.
* Dans les jugements que le corps ampliiclyoni pie jirononçoit contre tel ou tel peuple, il avoit le droit d'armiT toute la (irccc au soutien de son décret , et de
Mais la grande et générale raison de l'étal)lissementdes républiques en Grèce , est qu'en effet ces républiques ne furent jamais de vraies monarchies " ; je m'exphquerai par la suite sur cet important sujet '.
Telles furent les causes éloignées et immédiates qui contribuèrent au développement de cette grande révolution. Mais puisque l'histoire nous a laissé ignorer par quelle étonnante suite d'idées les hommes , vivant de tout temps sous des monarchies, trouvèrent les principes républicains , disons (|ue quelques oppressions réelles , beaucoup d'imaginaires, la lassitude des choses anciennes et l'amour des nouvelles, des chances et des hasards , par qui tout arrive '' , enfin cette nécessité qu'on appelle la force des choses , produisirent les républiques, sans qu'on sût d'abord distinctement ce que c'étoit , et l'effet ayant dans la suite fait analyser la cause , les philosophes se hâtèrent d'écrire des principes.
Au reste, il seroit superflu de faire remarquer aux lecteurs que les sources d'où coula la révolution républicaine en Grèce n'ont rien , ou presque rien de commun avec celles de la dernière révolution en France. Kons allons passer maintenant aux conséquences de la première. Je ne m'attacherai , comme tous les autres écrivains, qu'à l'histoire de Sparte et d'Athènes. Les annales des autres peti(e3 villes sont trop peu connues pour intéresser.
sépirer le peuple condamné de li communion du temple. Comment une foible monarcliie auroit elle pu résister à ce colosse de puissance populaire , secondé du fanatisme religieux "? (Diod. lib XVI ; Plit., in 2'liemi^t. )
" Cette phrase est obscure. Qu" est-ce que des républiques qui ne furent jamais de vraies monarchies? Le fond de h pensée est ceci : les monarchies primitives de Home et de la Grèce ne furent point de vérital)ies monarchies dans le sens absolu du mot : pour se transformer en républiques , ces monarchies n'eurent pas besoin de changer leurs institutions : il leur suffit d'à ■ bolir le pouvoir royal. (N Ed.)
* A la révolution de Brutns.
'' Me voilà bien matérialiste : attendons quelques pages. (,N. Ed.)
• J'iitlribiic trop ilc pouvoir au ronseil ampliirtvoniquc ; mais j'aiirols <lù remarquer qu'il rvnfermoll dans sa ronslilullon rtdéraie le premier germe de la r<.'pul)llquc représcntattrc.
(N. tn.|
Hi: YOLITIONS
ANCIKNNHS.
CUAPITIIE V.
Effet de la rcvoliition républicaine sur la Grèce. Athènes depuis Codrus jusqu'à Solon, comparée au nouvel état de la î'rance.
■^ETTE révolution fut bien loin de donner le bonlieur à la Grèce. La preuve que le principe u'étoit pas trouvé, c'est que toutes les petites républi(|ues se virent immédiatement plongées dans l'anarchie après l'extinction de la royauté. Sparte seule , ([ui fut assez beureuse pour posséder dans le même bomme le révolutionnaire " et le législateur, jouit tout à coup du fruit de sa nouvelle constitution. Partout ailleurs les ricbes, sous le nom captieux de magistrats , s'emparèrent de l'autorité souveraine qu'ils avoient anéantie ' ; et les pauvres languirent dans les factions et la misère -.
Depuis le dévouement de Codrus à Atbènes jusqu'au siècle de Solon , l'bistoire est presque muette sur l'état de cette répul)lique. Nous savons seulement (jue l'archontal à vie, que les citoyens substituèrent d'abord à la royauté, fut dans la suite réduit à dix ans , et qu'ils finirent par le diviser entre neuf magistrats annuels '.
Ainsi les Atbéniens s'iial)it«èrent par degrés au gouvernement populaire. Ils passèrent lentement de la monarcbie à la république. Le statut nouveau éloit toujours formé en partie du statut antique. Par ce moyen on évitoit ces transitions brusques , si dangereuses dans les états , et les mœurs avoient le temps de sympatliiser avec la politique. Mais il en résulta aussi que les lois ne furent jamais très-pures ,
" Expt'CiBioM hardii;, niais peiit-étrc juste. (X. ÉD.) ' ABisT., de Rrp., toin. II, lib. n, c.ip. xii. - PttT., in Sol m.
' Meihs., du y/icliiint.. llb , I c.np. i, etc.
et que le plan de la constitution offrit un mélange continuel de vérités et d'erreurs , comme ces tableaux où le peintre a passé par une gradation insensible des ténèbres à la clarté ; cbaque nuance s'y succède doucement ; mais elle se compose sans cesse de l'ombre qui la précède et de la lumière qui la suit ".
Cependant cette mobilité de principes devoit produire de grands maux. Les Atbéniens , semblables aux François sous tant de rapports . en cbangeant incessamment l'économie du gouvernement , comme ces derniers l'ont fait de nos jours , vivoient dans un état perpétuel de troubles ' : car dans toute révolution il se trouve toujours de cliauds partisans des institutions nouvelles , et des hommes attachés aux antiques lois de la patrie par les souvenirs d'une A ie passée sous leurs auspices.
Comme en France encore , l'antipatbiû de." pauvres et des ricbes étoit à son comble 2. A Dieu ne plaise que je veuille fermer les oreilles à la voix du nécessiteux. Je sais m'attendrir sur le malheur des autres ; mais, dans ce siècle de philanthropie , nous avons trop déclamé contre la fortune. Les pauvres , dans les états , sont infiniment plus dangereux que les riches , et souvent ils valent moins qu'eux **.
Le besoin d'une constitution déterminée se faisoit sentir de plus en plus. Dracon , philosophe inexorable , fut choisi pour donner des lois à l'humanité. Cet homnie méconnut ie cœur de ses semblables ; il prit les passions pour des crimes , et , punissant également du dernier supplice et le foible et le vicieux ', il
" Ces morceaux-l,\ , et il y en a queliiues-uns de semblables dans l'Essai . denjandent peut-êtie gràee pour l'ouvrage et pour le jer.ne lionime. ( N. Ed.j
' Hekod., lib. I, cip. nx;PnjT., in Soluri.
' Idem, ibid-, id,, ibid.
^ Comment a-t-on pu confondre dans mes écrits l'amour d'une liberté raisonnable avec ie sentiment révolutionnaire, (juanJ je montre partout la liaine des crimes et des principes déinagogitines? Si j'.d fait quei- (|uis reproches aux rois, j'en ai f;iit ég.demeut aux nobles et aux plébéiens. ,Ie n:e délie de ces Brutus à !a bes.ice , qui commencent par changer leur poignard en une médaille de la police , et qui finissent par attacher des plaques et des rubans à leurs haillons républicains. Dans les Mavliirs j'ai mis un pauvre aux enfers avec un riche : il faut faire justice à tout le monde. (N. El».;
° HÉRon., bb. I, pag. 87.
A\.\NT J.C
iCwltl;! [)r()în»iii'er nu wnèl de mort coiilie le genre liimiain.
Ces lois de sang , telles que les décrets funèbres de Robespierre , favorisèrent les insurrections. Cylon , profitant des troubles de sa patrie, voulut s'emparer de la souveraineté. i)ii l'assiège aussitôt dans la citadelle , d'où il parvient à s'échapper. Ses partisans, réfugiés dans le temple de Minerve, en sortent sous promesse île la vie , et on les sacrifie aussitôt sur l'autel des Euménides '. I.a France n'est [)as la première république qui ait eu des lois sauvages et de barbares citoyens.
Ce régime de terreur passe , niais il ne reste à la place «jue relâchement et foiblesse. Les •\.théniens , comme les François , abhorrèrent c^s atrocités , et , comme eux aussi , ils se contentèrent de ve.ser des pleurs stériles. Ce- [lendant le peuple , effrayé de son crime , s'iniaginoit voir les vengeances de ÎVIinerve suspendues sur sa tête. Les dieux , secondant les (•ris de l'humanité , remplissoienl les consciences de troubles ; et tel (jui n'eût été qu'un pitoyable anthropophage dans la France incrédule, fut touché de repentir à Athènes : tant la religion est nécessaire aux hommes ' !
Pour apaiser ces tourments de l'âme , plus insupportables que ceux du corps , on eut recours à un sage nommé Epiménkle '-. Si celuici ne ferma pas les plaies réelles de l'état, il (it plus encore en guérissant les maux imaginaires. 11 bâtit des temples aux dieux , leur offrit des sacrifices ' , et versa le baume de la religion dans le secret des cœurs. Il ne traitoit point de superstition ce qui tend à diminuer le nombre de nos misères ; il savoit que la statue populaire , que le pénate obscur qui console le malheureux, est plus utile à l'humanité (pie le livre du |)hilosoplie qui ne sauroit essuyer une larme ''.
Mais ces remèdes, en engourdissant un mo-
' TiircYD., lilt. I c (;x\vi ; Plit., in Silun.
'•' Qu'est devenu in-jn matérialisme prtîci'-iJeiil ? ( N Él). )
- l'iAT., de Lrg., Wi. I, tom. II.
" STBAIl., lil). X , pas 479.
''Voilà nii siiigiili<'r ;tlli(''e! Troiivc-l-on dans le Céiiic du ChrUtianisine une pige où racci'iit religii-iix soit l'iu' sincère et plus tenchv? ( X Él).;»
ment les maux de l'état , ne furent pas assez puissants pour les dissiper. Peu après le départ d'Epiménide les factions se rallumèrent. Enfin les partis fatigués résolurent de se jeter dans les bras d'un seul homme. Heureusement pour la république cet homme étoit Solon '.
Je n'entrerai point dans le détail des institutions de ce législateur célèbre , non plus (jue dans celui des lois de Lycurgue : de trop grands maîtres en ont parlé. Je dirai seulement ce (pii tend au but démon ouvrage. Pour ne pas couper le sujet, nous allons continuer rhist(jire d'Athènes jusqu'au bannissement des Pisistratides : nous reviendrons ensuite à Lacédémone.
CllAPiTRli M.
Quelques réilcxious sur la lé};isl;>tioa fie Selon. Conip:iiaiso;is. Différences.
Fs gouvernements mixtes sont vraisemblable ment les meilleurs , parce que Ihomme de la société est lui-même un être complexe, et (pi'à la multitude de ses passions il faut donner une multitude d'enlra\ es. Sparte , Carthage , Rome et l'Angleterre , ont été , par cette raison , regardées comme des modèles en politique '. Quant à Athènes, nous remarquerons ici quelle a réellement possédé ce que la France prétend avoir de nos jours : la constitution la plus démocratique qui ail jamais existé chez aucun peuple. Au mot (Uniwctaiie on se figure une nation assemblée en corps délibérant sur ses lois? Non. Cela signifie maintenant deux conseils , un directoire , et des citoyens à qui l'on pennet de rester chez eux jusqu'à la iireinière réquisition ''.
' l'L! T , in Sillon.
'•' (J'cst tout mon systtinie iioliliiinc clairement énocict' , fianclieinent avoué' , et tel que je le iji-ofi-ssi; ;iujouidhui. (N.ÉD.)
'' Cette monueiie de l.i const tiilion du Dnccloiie
H li VOL L TIO XS A N C 1 K N XliS.
Le législateur athénien et les réformateurs françois se trouvoient à peu près placés entre les mêmes dangers au commencement de leurs ouvrages. Une foule de voix demandoient la répartition égale des fortunes. Pour éviter le naufrage de la chose publique , Solon fut forcé de commettre une injustice. 11 remit les dettes, et refusa le partage des terres '. Les assemblées nationales de France ont pensé différemment : elles ont garanti la créance à l'usurier , et divisé les biens des riches. Cela seul suffit pour caractériser la différence des deux siècles ',
Dans les institutions morales nous trouvons les mêmes contrastes. Des femuies pures parurent indispensables à Athènes pour donner des citoyens vertueux à l'état -, et le divorce n'éloit permis qu'à des conditions rigoureuses ^. La France républicaine a cru que la Messaline qui va offrant sa lubricité d'époux en époux n'en sera pas moins une excellente mère.
u Qu'il soit chassé des tribunaux , de l'assemblée générale , du sacerdoce , disoit la loi à Athènes , qu'il soit rigoureusement puni , celui qui , noté d'infamie par la dépravation de ses mœurs , ose remplir les fonctions saintes de législateur ou de juge '' ) que le magistrat qui se montre en état d'ivresse aux yeux du peuple soit à l'instant mis à mort ^. »
étoit assez bonne alors ; mais c'est pourtant le principe de l:i division des pouvo'rs, posé dans cette cnnstitiilion, (jni a sauN é la France. { N. Ed.)
* Pllt., <n Solon., pag. 87.
" Tous les créanciers n'étoient pas des usuriers , mais la remar(iue ne m'en semble pas moins importante. .Ius()\i'à présent la comparaison entre les anciennes révolutions et la révolution fraiiçoise peut se soutenir, et ne produit ipie ces rapprodiemenls politiques plus ou moins vrais, (iliis ou moins ingénieux, auxiiuds Montesquieu lui-même s'est plu dans l'Esprit des Lois; mais , en avançant , cette comparaison pcrpéluellc , siu-tout ([uand il s'agira des liommes et des ouvrages littéraires , deviendra le comble du ridicule. ( N. Éd.)
- Pllt , in Solon., p.ig. 90-91.
' Pet., (Il Lrg. Allie.
* /F.SCH., in lin.
î LaëRT., in Silon.
Apparemment que le parti de Drouet , en s insurgeant contre le Directoire, se r.qipelle cette autre loi de Soloa, parhquellc il était permis de tuer le magistrat (jui
Ces décrets-là, sans doute, n'étoient pas faits pour la France. Que fût devenue , sous un pareil arrêt, toute l'Assemblée constituante dans la nuit du 4 août 1789 ^ ?
Ceci mène à une triste réflexion. Fanatiques admirateurs de l'antiquité , les François '* semblent en avoir emprunté les vices , et presque jamais les vertus. En naturalisant chez eux les dévastations et les assassinats dePvome et d'Athènes, sans en atteindre la grandeur, ils ont imité ces tyrans (pii , pour embellir leur patrie , y faisoient transporter les ruines et les tombeaux de la Grèce.
Au reste nous entrons ici sur un sol consacré, où chaque pouce de terrain nous offrira un nouveau sujet d'étonnement, Teut-être même pourrois-je déjà beaucoup dire; mais il n'est pas encore temps. Lecteurs, je le répète, veillez , je vous en supplie , plus que jamais sur vos préjuges. C'est au moment où un coin du rideau commence à se lever que l'on est le plus sensible , surtout si ce que nous apercevons n'est pas dans le sens de nos idées.
On m'a souvent reproché de voir les objets différemment des autres "^^ : cela peut être. Mais si on se hâte de me juger sans me laisser le temps de me développer à ma manière , si on se blesse de certaines clioses avant de connoître la place que ces choses occupent dans l'harmonie générale des parties , j'ai fini pour ces gens-là. Je n'ai ni l'envie ni le talent de tout penser et de tout dire à la fois.
Je reviens.
conservoit sa place après l.i destruction de la démocratie.
^ Ce jugement est dur, mais il ne porte évidemment que sur l'état d'ivresse où l'on prétend que se trouvoient les membres de l'Assembb-e constituante dans la nuit du ■'< août 178'.). J'examinerois aujourd'hui avec plus d'iuqjarlialité un fiiit historique avant d'en faire Li base d'nu raisonnement. (N. Ed.)
^ Il faut entendre ici non p;:s les François en général , mais Ls François de cette éiioque. ( N. Éd.)
* J'ai déjà f.àt une note sin- ce ton suffisant , sur cette bouffissure de l'auteur de V Essai. A peine aujourd'lmi anrois-je assez d'autorité pour parler de moi avec tant d'importance. Pour dire avec (luclque convenance, on m'a souvent reproche de voir, etc., il faudroit ètic depuis longtemps connu du public ; cela fait pitié quand c'est un écolier , dont on ne sait pas même le nom , (\m , dans son premier barl)ouill:ige , affecte ces airs de docteur. ( N. Éd.)
AVANT J.-C. 504. -o8i. = OL. 4G-40.