‹ Œuvres de M. Le vicomte de Chateaubriand (volume 4)Chapitre 98 sur 201 · SECTE SECTE · texte numérisé non relu

SECTE SECTE

ÉPICUlilENNE. PÏUUnOMENM-

r.EUClPPE, DEHOCRITE, EPICIKE.

ET giJELQUES ALTRkS.

IlEVOLUTlOiNS ANClENiNIiS.

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mixte, à la fois esprit et matière , appelé l'âme <lu monde'.

Tel est le système théologique de Platon, d'où l'on prétend que les clirétiens ont emprunté le mystère de la Trinité.

Au reste , Platon admeltoit l'immortalité de l'àme -, qui devoit retourner, après la mort du corps, à Dieu, dont elle étoit émanée^. Quant à la politique, j'en parlerai ailleurs; j'observe seulement ici que Platon admettoitla uionaiTliie comme le meilleur gouvernement.

Aristote^ divisoit la philosophie en trois sortes , de même que Platon : sans parler de sa malheureuse dialectique , qui a si long-temps seni de retraite à l'ignorance , je ne m'arrête qu'à sa métaphysique.

La doctrine des péripatéticiens est le système célèhre de la chaîne des êtres. Aristote remonte d'action en action, et prou e qu'il faut qu'il existe quelque part un premier agent du mouvement. Or ce premier mobile de toute chose incréée et mue est la seule substance en repos. Elle n'a, de nécessité, ni quantité , ni matière. Quant au problème insoluble, savoir: Comment l'âme agit sur le corps, le Stagirite croyoit aroir répondu en attribuant le phénomène à un acte immédiat de la a olonté du moteur universel ■\

Il n'en savoit pas davantage sur la nature de l'âme, qu'il appeloit une parfaite énergie; non le premier mouvement , mais un [irincipe de mouvement , etc. "^ : il la tenoit immortelle.

Zéiion '', père de la secte stoïcienne. La jihisophie est un effort de l'âme vers la sagesse , et dans cet effort consiste la vertu *.

Le monde s'arrangea par sa propre énergie. La nature est ce Tout , qui comprend tout , et dont tout ne peut être que membre ou partie.

' Tim., pap, '4.

- Toul singulier que cela pui se paroitie , il y a eu des .li. leurs qui ont prétendu que Platon ne croyoit point à rimmortalité de l'àine , et ce n'est pas sans raison.

' Ti»»i., pag. 298.

' Aristote, né avant J.-C. 384. ol. 99 , 1™ année ; mort •ivant J.-C. 5'i2 . ol. H '< , 4'= année.

5 De Gen. Jniiiu. lib. II, cap. ni; /).V/.,Iib. H, cap. \ J , etc. ; De Cœlo , lib. XI , cap. ni , etc.

« De tien. Anlw.. lib. II, cap. iv ; l.b- HI, cap xi.

' Zenon , né avant J.-C. 33J, ol. 193 . 2= année ; mort nvant J.-C. 261 , ol. 129 , I>* année.

•PLliT., de Plac.phil.. lib. 1V;Sen., Ep. Lxix.

Ce tout se compose de deux principes , l'un actif, l'autre passif, non existant séparés, mai.s unis ensemble. Le premier s'appelle Dieu , L* second matière. Dieu est un pur éther, un feu (jui enveloppe la surface extérieure et convexe ilu ciel : la matière est une masse inerte et à repos '.

Outre les deux principes, il en existe un troisième , auquel Dieu et la matière sont également soumis. Ce principe est la chaîne nécessaire des choses : c'est cet effet qui résulte des événements , et en est en même temps la cause inévitable : c'est la fatalité -.

Dieu , la matière, la fatalité ne font qu'un. Ils composent à la fois les roues , le mouvement, les lois de la machine, et obéissent, comme parties , aux lois qu'ils dictent comme tout 3.

Les stoïciens affirmoient encore que le monde périra alternativement par l'eau et le feu , pour renaître ensuite sous la même forme '' ; que l'homme a une âme immortelle ; et ils admettoient comme l'Église romaine , les trois états de récompense , de purification et de punition dans une autre vie , ainsi que la résurrection des corps après l'embrasement général du monde "'.

Éincure ^. La philosophie est la recherche du bonheur. Le bonheur consiste dans la santé et la paix de l'âme. Deux espèces d'études y conduisent : celle de la physique et celle de la morale.

L'univers subsiste de toute éternité. 11 n'y a que deux choses dans la nature : le corjjs et le vide ".

Les corps se composent de l'agrégation de parties de matière infiniment petites , ou d'atomes.

* !,AEBT., lib. V; Stob., lied. Phys., cap. XIV; Skn.. 6'o>i4o/., cap. XXIX.

= Cic, de Nat. Deor., lib. 1; Anton., lib. VII. ' i.oc. cit.

* Cic,, de Nnt. Deor., lib. III, cap. xLvi; Lacut., lib. VII ; Senec, Ep. IX, XXXVI, etc.

5 Seivec, Ep. xc; Plut., PiPsign. Sloic. , pag. 51; Laert.. lib. VII; Sen., adMarc.;VLKT., de t'ac. iiin., pag. :^83.

"Épicnre, né avant J.-C. 3 '.3, ol. 109, 3« année; mort aviinl J.-C. 270, ol. «27, 2« année.

T LiciiET., lib. II; I.AEi'.T.,lib. X.

REVOLUTIONS ANCIENNES

Les atomes ont un mouvement interne : la fjravilé. Leur motion se feroit dans le plan vertical', si, par une loi particulière , ils ne décrivoient une ellipse dans le vide -.

La terre , le ciel , les planètes , les étoiles , les animaux , Ihonnue compris . naquirent du concours fortuit de ces atomes ; et lorsque la vertu séminale du 2:lobese fut évaporée, les races vivantes se perpétuèrent par la génération^.

Les membres des animaux , formés au hasard , navoienl aucune destination particulière. L'oreille concave n'etoit point creusée pour entendre , l'œil convexe poli pour voir ; mais ces organes se trouvant propres à ces différents usages, les animaux s'en servirent machinalement , et de préférence à un autre sens ^

Il y a des dieux , non que la raison nous les montre ; l'instinct seul nous le dit. Mais ces dieux extrêmement heureux , ne se mêlent ni ne peuvent se mêler des choses humaines. Ils résident au séjour inconnu de la pureté , des délices et de la paix ■'.

Murale. Deux espèces de plaisirs : le premier consiste en un parfait repos d'esprit et de corps ; l'autre , en une douce émotion des sens qui se communique à l'âme. Par plaisir il ne faut pas entendre cette ivresse de passions qui nous subjugue, mais une tranquille absence de maux. Cet état de calme à son tour ne doit pas être une profonde apathie, un marasme de 1 ame , mais cette position où l'on se sent lorsque toutes les fonctions mentales et corporelles s'accomplissent avec une paisible harmonie. Une vie heureuse n'est ni un torrent rapide , ni une eau léthargique , mais un ruisseau qui passe lentement et en silence , répé-

' Epicure imagina ce mouvement de déciinaison , pour éviter de tomber dans le système des fatalistes, (|ui exclut de droit toute recherche du bonlieur. Mais Ihypothèse est absurde ; car si ce mouvement est unt; loi , il est de nécessité ; et comment une cause obligée produiral-ellc un effet libre ?

'' LLCBtT., lib. II; Laebt., lib. X.

' Llcbet., lib. V-X ; Cic , de Nat. Deor., lib l . cap.

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