M\ -IX
* I-ICIIET., lib. IV V.
' Id., lib X ; CiC, de l\'at. Peor.
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tant dans son onde limpide les tleurs et la verdure de ses rivages ' .
Tel étoil le système charmant d'Épicure , si longtemps calomnié. Quant à Pyrrhon , le vrai scepticisme antique n'étoit pas tant une négative universelle, qu'une indifférence de tout. Le pyrrhonien ne rejetoit pas l'existence des corps, les accidents du chaud et du froid , etc. ; mais il disoit qu'il croyoit apercevoir et sentir telle ou telle chose , sans savoir si cette chose éloil réellement , et sans qu'il importât qu'elle fût ou qu'elle ne fût pas. Dieu est ou n'est pas ; tel corps paroit rond, carré, ovale ; il semble qu'il neige , que le soleil brille : voilà le langage du sceptique"-.
Nous devons moins considérer ce qu'il y a de vrai ou de faux dans ces systèmes, que l'influence qu'ils ont eue sur le bonheur des peuples où ils furent enseignés. Nous examinerons ailleurs cette influence. Nous remarque-
^ I-AKHT., lib. X; Cic, Tuscid., lib. III, cap. xmi ; de Finit)., lib. I . cap. xi-xvii.
' L'explication de ces systèmes a paru aux critiques du temps prouver quelque lecture, .l'aimois passionnément la métaphysique ; mais que n"aimai-je pas? Je me plaisois à l'ali^èbre comme à la poésie , et j'avois pour l'érudition historique le goût d'un véritable bénédictin.
l,^. ÉD. 1
- Il reste toujours contre le pyrrhonisme une objection insurmontable dans les vérités matbémati<iues. Que les corps ne soient que la modification de mes sens, à la bonne heure ; mais les choses géométriques existent d'elles-mêmes. Les propriétés du cylindre, du polygone, de la tangente, de la sécante, etc., me sont démontrées à l'évidence, sjit que je me considère comme corps ou comme esprit. Il y a donc quelque chose qui ne m'appartient pas, qui ne sauroit être une combinaison de mes pensées, parce que toute vérité qui peut se démontrer t il n'y a que les vérités mathématiques de cette espèce) est d'ellemcme. D'ailleurs si je suis esprit, ou partic du tout, Dieu ou matière, comment la quantité mesurée de la ligne deviendroit-ellc l'effet d'une cause incommensurable? Dès lors qu'il se trouve (|uel(iue chose hors de moi, indépendant de mol, le système des sccpticiens s'écroule : car (juoique je ne puisse prouver la réalité de tel objet, j'ai lieu de croire à son identité, à moins qu'on n'admît les vérités mathématiques comme les Noihbrcsdf Pijthacjore ou le Monde d'idées de Platon. Dans ce cas , elles seroient le vrai Dieu tant cherché des philosophes '.
*0n volt par celte note môme, où je combats de si bonne foi le pynboiiisme, combien j'élols loin ou fond de l'alliéisiiiu el du matérialisme. (.N. i;u.|
lEVOLDTiONS ANCIENNES.
ions seulement ici que , \\av leur teneur , ils s'élevoient directement contre les institutions morales, religieuses et politiques de la Grèce. Aussi les prêtres et les magistrats de la patrie s'y opposèrent-ils arec vigueur ; ils sentoient qu'ils attaquoient rédifice jusqu'à la l)ase ; (jue des livres qui prèchoient monarchie dans une république , athéisme ou déisme chez des nations pleines de foi , dévoient amener tôt ou tard la destruction de l'ordre social. Ainsi les philosophes grecs , de même que les nôtres , se trou voient en guerre ouverte avec leur siècle. Mais ils disoient la vérité ! Et (|u'importe ? La vérité simple et abstraite ne fait pas toujours la vérité complexe et relative. Ne précipitons point le cours des choses par nos opinions. Un gouvernement est-il mauvais , une religion superstitieuse ? laissons agir le temps , il y remédiera mieux que nous. Les corps politiques . quand on les abandonne à eux-mêmes ^ ont leurs métamorphoses naturelles , coînme les chrysalides. Longtemps ranimai , entouré des chaînes qu'il s'est lui-même forgées, languit dans le sommeil de l'abjection , sous l'apparence la plus vile , lorsqu'un matin , aux regards surpris , il perce les murs de sa prison , et, déployant deux ailes brillantes, s'envole dans les champs de la liberté ; mais si , par une chaleur factice , vous cherchez à hâter le phénomène , souvent le ver meurt dans l'opération délicate ; et , au lieu de reproduire la vie et la beauté , il ne vous reste qu'un cada^ re et des formes hideuses ".
Avant de passer à ce grand sujet, de Tinfluence des opinions sur les mœurs et les gouvernements des peuples '' , rapprochons nos philosophes de ceux de la Grèce.
' I/image est peut-être trop prolongée, mais elle renferme une grande vérité : il n'y a de révolution durable «lue celle iiue le temps amène graduellement et sans efforts. (N. Éd.)
^ Ici mon système devient raisonnable ; il est impossible de nier l'influence de l'opinion sur les mœurs.
(N. En )