CALENDRIER NATUREL
En astronomie , les Indiens ne connoissent guère que l'étoile polaire : ils l'appellent V étoile immobile; elle leur sert pour se guider pendant la nuit. Les Osages ont observé et nommé quelques constellations. Le jour, les Sauvages n'ont pas besoin de boussole ^ dans les savanes la pointe*de l'herbe qui penche du côté du sud, dans les forêts la mousse qui s'attache au tronc des arbres du côté du nord, leur indiquent le septentrion et le midi. Ils savent dessiner sur des écorces des cartes géographiques où les distances sont désignées par les nuits de marche.
Les diverses limites de leur territoire sont des fleuves , des montagnes, un rocher où Ton aura conclu un traité, un tombeau au bord d'une forêt, une grotte du Grand- Esprit dans une vallée.
Les oiseaux, les quadrupèdes, les poissons^ servent de baromètre , de thermomètre , de calendrier aux Sauvages : ils disent que le castor leur a appris à bâtir et à se gouverner, le carcajou à chasser avec des chiens, parcequ'il chasse avec des loups, l'épervier d'eau à pécher avec une huile qui attire le poisson.
Les pigeons, dont les volées sont innombrables; les bécasses américaines, dont le bec est d'ivoire,. annoncent l'automne aux Indiens; les perroquets et \es piverts lour prédisent la pluie par des sifflements tremblotants.
Quand le maukawis, espèce de caille, fait entendre son chant au mois d'avril depuis le lever jusqu'au coucher du soleil , le Siminole se tient assuré que les froids sont passés ; les femmes sèment les grains d'été : mais quand le maukawis se perche la nuit sur une cabane , l'habitant de cette cabane se prépare k mourir.
Si l'oiseau blanc se joue au haut des airs, il annonce un orage; s'il vole le soir au-devant du voyageur, en se jetant d'une aile sur l'autre comme effrayé, il prédit des dangers.
Dans les grands événements de la patrie , les jongleurs affirment que Kitchi-manitou se montré au-dessus des nuages porté par son oiseau favori , le wakon , espèce d'oiseau de paradis aux ailes brunes, et dont la queue est ornée de quatre longues plumes vertes et rouges.
Les moissons , les jeux , les chasses , les danses , les assemblées
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des Sachems , les cérémonies du mariage, de la naissance et de la mort, tout se règle par quelques observations tirées de Thistoire de la nature. On sent combien ces usages doivent répandre de grâce et de poésie dans le langage ordinaire de ces peuples. Les nôtres se réjouissent à la Grenouillère, grimpent au mât de cocague, moissonnent à la mi-août, plantent des oignons à la Saint- Fiacre et se marient à la Saint-Nicolas.