LIVRE SraiÈME
« La force de mon ame resta longtemps abattue par la tendresse de mes adieux à Lopez. Le Génie de la Renommée nous a voit devancés: durant tout le voyage, nous reçûmes l'hospitalité dans des huttes que le Soleil avoit fait préparer pour nous. Notre simplicité en conclut que ces hommes que nous voyions étoient les esclaves du Soleil, que ces champs cultivés que nous traversions étoient des pays conquis, labourés par les vaincus pour les vainqueurs-, vainqueurs qui , sans doute , fumoient tranquillement sur leur natte , et que nous allions trouver au grand village. Celte idée nous donna un mépris profond pour les peuples qui nous environnoient \ nous brûlions d'arriver à la résidence des vrais François, ou des guerriers libres.
«< Nous fûmesétrangement surpris en entrant au grand village' : ies chemins > étoient sales et étroits ; nous remarquâmes des huttes de commerce ' et des troupeaux de serfs comme dans le reste de la France. On nous conduisit chez notre père Ononthio-Frontenac. La cabane étoit pleine de guerriers qu'Ononthio nous dit être de ses amis. Il nous avertit que nous irions , dès le lendemain , à un autre village^, où nous allumerions le feu du Conseil avec le Chef des chets. Après avoir pris le repas de l'hospitalité , nous nous retirâmes dans une des chambres de la cabane, où nous dormîmes sur des peaux d'ours.
* Paris. — * Les rues. — ) Des boutiques. — « Versailles.