SUR LES JUIFS
Depuis le retour de la captivité de Babylone jusqu'à la destruction de Jérusalem par les Romains»
Depuis le retour de la captivité de Baby-
lone , on vit les Juifs moins enclins à leurs
premiers désordres par le souvenir de leur
châtiment ; mieux connus des autres peuples
par la traduction de leurs Écritures en
langue grecque , et par leur dispersion dans
différentes contrées , où ils parurent comme
soldats, comme marchands, comme colonie;
mais, en général, méprisés et haïs, à cause
de leurs coutumes qui semblaient absurdes
et tristes , et de leur insurmontable aversion
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pour les coutumes étrangères; dans les pays les plus éloignés, ne perdant jamais de vue Jérusalem et leur culte ; envoyant de toute part à leur commune patrie les tributs que leur religion prescrivait; confiant partout à des synagogues le dépôt de la loi, à des ethnarques l'administration de la justice ; par la mutuelle assistance qu'ils se prêtaient dans le malheur ou dans les voyages, offrant l'image d'une grande famille dispersée par toute la terre ; se laissant abuser, dans les derniers temps, par leurs docteurs, dont les uns, mettant des cérémonies à la place de la morale, ne firent que des hypocrites; et dont les autres, niant l'immortalité de l'âme, ne firent que des libertins; au milieu de ces écarts de l'esprit et des passions, qui venaient signaler le déclin de l'ancienne loi , quelques âmes pures pratiquant d'avance les vertus de la nouvelle ; de sorte qu'on pouvait déjà prévoir
( 52 ) ceux qui devaient combattre la vérité , et ceux qui devaient mourir pour elle ; et , dans toute cette période qui embrasse plus de 600 ans, la nation successivement placée dans les circonstances les plus diverses; paisible sous les Perses et sous les Macédoniens; favorisée , puis persécutée par les rois de Syrie , et montrant alors au monde les premiers martyrs; se relevant avec éclat sous Juda-le-Machabée ; livrée à des dissensions sous ses derniers successeurs; ravagée par les Parthes ; tyrannisée par Hérode ; et tombant enfin sous le joug des Romains, qui y après l'avoir opprimée par leurs gouverneurs, détruisirent la ville capitale, et par là consommèrent, dans ce peuple extraordinaire , cette dispersion qui dure encore.
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