‹ Œuvres de m. MicheletChapitre 35 sur 398 · SH · texte numérisé non relu

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Dans la religion galloise ( Voy. Davies, Myth. and rites of tlie Brilish druids, et le même, Celtic resta rches), le dieu suprême, c'est le dieu inconnu, Diaxa (Jf7jMi/f*inconnu, en breton; tliana en léonais, dianan dans le dialecte de Vannes). Son représentant sur la terre c’est Ht) le grand, ou Ar-bras, autrement Cadwal- « a de* , le premier des druides.

Le castor noir perce la digue qui soutient le grand lac , le monde est inondé; tout périt , excepté Docyiax et Dolyhec’d (tnan . tnec'h , homme, hile), sauvés dans un vaisseau sans voiles , avec un couple de chaque espèce d'animaux. Hu attelle deux bœufs A la terre pour la tirer de l'abiine. Tous deux périssent dans l'effort; les yeux de l'un sortent de leur orbite , l'autre refuse de manger et se laisse mourir.

Cependant Uu donne des lois et enseigne l’agriculture. Son char est composé des rayons du soleil , conduit par cinq génies; il a pour ceinture l’arc-en-ciel. 11 est le dieu de la guerre, le vainqueur des géants et des ténèbres, le soutien du laboureur, le roi des bardes, le régulateur des eaux. Une vache sainte le suit partout.

Hu a pour épouse une enchanteresse, Ked ou Ceridguen , dans son domaine de Penlyin ou Penleen , à l'extrémité du lac où il habile.

Ked a trois enfants : Mor-vran (le corbeau de mer, guide des navigateurs), la belle Creiz-viou (le milieu de l'œuf, le symbole de la vie) , et le hideux Avagdu ou Avank-du (le castor noir). Ked voulut préparer à Avagdu, selon les rites mystérieux du livre de Pherylt, l'eau du vase Azeuladour (sacrifice), l'eau de l'inspiration et de la science. Elle se rendit donc dans la terre du repos, où se trouvait la cité du juste , et , s'adressant au petit Gouyon, le fils du héraut de Lanvair, le gardien du temple, elle le chargea de surveiller la préparation du breuvage. L'aveugle Morda fut chargé de faire bouillir la liqueur sans interruption pendant un an et un jour.

Durant l'opération , Ked ou Ceridgucn étudiait les livres astronomiques et observait les astres. L'année

allait expirer, lorsque de la liqueur bouillonnante s'échappèrent trois gouttes qui tombèrent sur le doigt du petit Gouyon; se sentant brûlé, il porta le doigt à sa bouche. . . Aussitôt l'avenir se découvrit à lui ; il vit qu'il avait à redouter les embûches de Ceridguen , et prit la fuite. A l'exception de res trois gouttes, toute la liqueur était empoisonnée : le vase sc renversa de lui- aime et se brisa... Cependant Ceridguen furieuse poursuivait le petit Gouyon. Gouyon, pour fuir plus vite, se change en lièvre. Ceridguen devient levrette et le chasse vigoureusement jusqu’au bord d’une rivière. Le petit Gouyon prend la forme d’un poisson ; Ceridguen dev ient loutre, j cl le serre de si près , qu'il est forcé de se méiamori phoser en oiseau et de s'enfuir ù tire-d'aile. Mais Ceridgueu planait déjà au-dessus de sa tête sous la forme ; d'un épervicr... Gouyon, tout tremblant, se laissa tomber sur uu tas de froment , et se changea en grain de blé; Ceridguen se changea en poule noire, et avala le pauvre Gouyon.

Aussitôt elle devint enceinte . et Uu-Ar-Bras jura de mettre à mort l'enfant qui en naîtrait ; mais ail bout de neuf mois, elle mil au inonde uu si bel enfant , qu'elle ! ne put sc résoudre à le faire périr.

Hu-Ar Bras lui conseilla de le mettre dans un berceau ! couvert de peau et de le lancer à la mer. Ceridguen l’abandonna donc aux flots le 2D avril.

En ce temps-là , Gouydno avait près du rivage un • réservoir qui donnait chaque année, le soir du lrr mai, pour cent livres de poisson. Gouydno n'avait qu'un fils, i nommé Elfin , le |>lus malheureux des hommes , à qui 1 rien n'avait jamais réussi ; son père le croyait né A une | heure fatale. Les conseillers de Gouydno rengagèrent «i | confier A son fils l'épuisement du réservoir.

Elfin n'y trouva rien ; et comme il revenait triste- , ment, il aperçut un berceau couvert d’une peau, arrêté ! sur l'écluse... Un des gardiens souleva celte peau , et s’écria en se tournant vers Elfin : « Regarde , Thaliessin! quel front radieux! • — « Front radieux sera sou nom, * répondit Elfin. Il prit l'enfant et le plaça sur son cheval. Tout A coup l'enfant entonna un poème de | consolation et d'éloge pour Elfin , et lui prophétisa sa renommée. On apporta l'enfant à Gouydno. Gouydno i demanda si c'était un être matériel ou uu esprit. L'enfant répondit par une chanson où il déclarait avoir vécu dans tous les Ages, et où il s'identifiait avec le soleil.

( Gouydno, étonné, demanda une autre chanson ; l’enfant reprit : « L'eau donne le bonheur. Il faut songer ù son Dieu; il faut prier son Dieu, parce qu'on ne saurait . compter les bienfaits qui eu découlent... Je suis né trois fois. Je sais comment il faut étudier pour arriver au 1 savoir. 11 est triste que les hommes ne veuillent pas se donner la peine de chercher toutes les sciences dont la source est dans mon sein ; car je sais tout ce qui a été et tout ce qui doit être. *

Celte allégorie se rapportait au soleil, dont le nom , i Thaliessin (front radieux) , devenait celui de son grand prêtre. La première initiation , les éludes , l’instruction, duraient un an. Le barde alors s'abreuvait de l’eau ; d'inspiration, recevait les leçons sacrées. U était soumis ! ensuite aux épreuves; on examinait avec soin ses mœurs,

! sa constance, son activité, son savoir. Il entrait alors

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dans le sein de la déesse , dans ta cellule mystique , où il était assujetti à une nouvelle discipline. 11 en sortait enfin , et semblait naître de nouveau ; mais , cette fois , orné de toutes les connaissances qui devaient le faire briller et le rendre un objet de vénération |>our les peuples.

On connaît encore les lacs de l'Adoralifln, de la Consécration, du lmsqueld'lor (surnomde Diana), llsoffraicnl. près du lac, des vêtements de laine blanche, de la toile, des aliments. La fête des lacs durait trois jours.

Près Landélorn (Landerneau), le l*r mai , la porte d'un roc s'ouvrait sur un lac , au-dessus duquel aucun oiseau ne volait. Dans une lie chantaient des fées avec la chanteuse des mers : qui y pénétrait était bien reçu , mais il ne fallait rien emporter. Un visiteur emporte une fleur qui devait empêcher de vieillir; la fleur s'évanouit. Désormais plus de passage ; un brave essaye, mais un fantôme menace de détruire la contrée... Selon Davies (Mylh. and rites) , on trouve une tradition presque semblable dans le Brecnockshire. Il y a aussi un lac dans ce comté , qui couvre une ville. Le roi envoie un serviteur... on lui refuse l'hospitalité. Il entre dans une maison déserte , y trouve un enfant pleurant au berceau, y oublie son gant; le lendemain , il retrouve le gant et l'enfant qui flottaient. La ville avait disparu.

Si a lis mises CEI.TIQI LS. (Foy. page 51.)

La pierre fut sans doute à la fois l'autel et le symbole de la Divinité. Le nom même de Cromleach (ou dolmen) signifie pierre de Crom, le Dieu suprême (Piclet, p. 129). On ornait souvent le Cromleach de lames d'or, d'argent ou de cuivre, par exemple le Crutncruach d'Irlande , dans le district de Bresin , comté de Cavan (Tolland's letters, p. 153). — Le nombre de pierres qui composent les enceintes druidiques est toujours un nombre mystérieux et sacré : jamais moins de douze, quelquefois dix-neuf, trente, soixante. Ces nombres coïncident avec ceux des dieux. Au milieu du cercle, quelquefois au dehors, s'élève une pierre plus grande, qui a pu représenter le Dieu suprême (Pictet. p. 134). — Enfin , il ces pierres étaient attachées des vertus magiques, comme on le voit par le fameux passage de Geoffroy de Montmoulh (1. V). Aurelius consulte Merlin sur le monument qu'il faut donner à ceux qui ont péri par la trahison d'Uengist?... — « Choreain gigantuin 1 ex Hibernià adduci jubcas... Ne inoveas, domine rex, vanuin risum. Mystici sunt lapides , et ad divers» inedicamiua salubres , gigantesque olim asportaverunt eos ex ullimis flniluis Africæ... Erat autem causa ut halnea inlril illos conficerent, cùm infinnilate gravarentur. Lavabant namque lapides et intrà balnea diffundebnnt. undè ægroti curabantur; iniscehant etiam cuin herbarum infeclionihus, uudè vulncrati sanabanlur. Non est ibi lapis qui medicamcnto careat. * Après un combat, les pierres sont enlevées par Merlin. Lorsqu'on cherche

* Sur le liord de la Seine, pré* «le Duclair, est une roehe très-élevée, connue sous le nom «le Chais«' de Gargantua;

partout Merlin, on ne le trouve que « ad fontem Galabas , quem solilus fueral fréquenta re. « Il semble luimême un de ces géants médecins.

On a cru trouver sur les monuments celtiques quelques traces de lettres ou de signes magiques. A Saint- Sulpice-stir- Bille, près de l’Aigle, on remarque, sur l’un des supports de la table d'un dolmen , trois petits croissants gravés en creux et disposés en triangle. Près de Lok-Maria-Krr, il existe un dolmen dont la table est couverte, à sa surface intérieure, d’excavations rondes disposées symétriquement en cercles. Une autre pierre porte trois signes assez semblables à des spirales. Dans la caverne de New-Grange ( près Drogheda , comté de ! Meatii , r oy. les Cotlect. de reb. Hib., 11, p. 161 , etc. ), se trouvent des caractères symboliques et leur explication en ogham. Le symbole est une ligne spirale répétée trois fois. L'inscription en ogham se traduit par A È , i c’est-à-dire le Lui, c’est-à-dire le Dieu sans nom, l'être ! ineffable (?). Dans la caverne II y a trois aulels (Pic- > let, p. 132). En Écosse, on trouve un assez grand nombre de pierres ainsi couvertes de ciselures diverses. (Quelques traditions enfin doivent appeler l'attention sur ces hiéroglyphes grossiers et à peu près inintelligibles : les Triades disent que sur les pierres de Gwiddon Ganhebon « on pouvait lire les arts et les sciences du | monde; • l'astronome Gwydion ap Don fut enterré à ! Caernarvon « sous une pierre d'énigmes. » Dans le pays ' de Galles on trouve sur les pierres certains signes qui semblent représenter tantôt une petite figure d'animal . tantôt des arbres entrelacés. Cette dernière circonstance semblerait rattacher le culte des pierres à celui des arbres. D'ailleurs V Ogham ou Ogum , alphabet secret j des druides , consistait en rameaux de divers arbres et assez analogues aux caraclères r-uniques. Telles sont les : inscriptions placées sur un monument mentionné dan* les chroniques d'Écosse , comme élanL dans le bocage d'Aongus. sur une pierre du Cairn du vicaire, en Arinagh , sur un monument de l'ile d’Arran , et sur bcauj coup d'autres en Écosse. — On a vu plus haut que les j pierres servaient quelquefois à la divination. Nous rapporterons à ce sujet un passage important de Talliesin.

I ( N'ayant pas sous les yeux le texte gallois, je rapporte 1a traduction anglaise.) « I know tlic intent of I lie Irees, I know which was decreed praise or disgrâce, hy tlic intention of lhe memorial Irees of the sages , » and célébrâtes • tbe engagement of lhe sprigs of lhe Irees , or I of devices, and their baille wilb tlic Icarned. » Me could j ■ delineale the elementary trees and reeds,» and tells I us wben tbe sprigs a were marked in the small table t Of devices they uttered their voice. » ( Logan , Il , 3fW. ) Les arbres sont employés encore symboliquement par las Welsh et les Gaêls; par exemple, le noisetier indique l'amour trahi. Le Calédonien .Merlin ( Talliesin e»t Cambrien ) se plaint que « l'autorité des rameaux commence à être dédaignée. « Le mot irlandais ao» , qui ; d'abord signifiait un arbre , s'appliquait à une personne lettrée ; feadha, bois ou arbres , devient la désignation des prophètes, ou hommes sages. De même, en sanscrit.

. pré» d'Orchcs , i deux lieue» «le Blois , 1* Chaise de Cétar . • près de Tanrnr ville, la Pierre-Gntile , ou pierre «tu géant.

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