LIVRE I. - ÉCLAIRCISSEMENTS
bô<rhi signifie le figuier indien, elle bouddhiste, lesage.
Les monuments celtiques semblent n'avoir pas été consacrés exclusivement au culte. C'était sur une pierre qu'on élisait le chef de clan ( / oy. plus haut p. 55 , note 1 ). Les enceintes de pierres servaient de cours de justice. On en a trouvé des traces en Écosse, en Irlande, dans les lies du Nord (Ring ,1, 147; Martin's Descr. of lhe Western isles ) , mais surtout en Suède et en Norwége ( r oy. les livres suiv.). Les anciens poème* erses nous apprennent en effet que les rites druidiques existaient parmi les Scandinaves, et que les druides bretons en obtinrent du secours dans le danger (Ossian's Calhlin, II , p. 210, not. édit. 1705, t. II ; Warton, l .1).
Le plus vaste cercle druidique était celui d’Avebury ou Ahury , dans le Willshire. Il embrassait vingt-huit acres de terre entourées d’un fossé profond et d'un rempart de soixante et dix pieds. Un cercle extérieur, formé de cent pierres , enfermait deux autres cercles doubles extérieurs l'un à l'autre. Dans ceux-ci, la rangée extérieure contenait trente pierres , l’intérieure douze. Au centre de l'un des cercles étaient trois pierres, dans l’autre une pierre isolée ; deux avenues de pierres conduisaient à tout le monument. { Voy. O’Higgin’s, Cellic druids. )
Stonehenge , moins étendu, indiquait plus d'art. D’aprés Wallire, qui y campa plusieurs mois pour l’étudier (on a perdu les papiers de cet antiquaire enthousiaste, mais plein de sagacité et de profondeur), la rangée extérieure était de trente pierres droites ; le tout en y comprenant l'autel et les impostes , se montait à cent trente-neuf pierres. Les impostes étaient assurés par des tenons. Il n'y a pas d’autre exemple dans les pays celtiques du style trilithc (sauf deux à Holmstad et à Drenthiem).
Le monument de Classerness, dans t'ile de Lewis, forme, au moyen de quatre avenues de pierres, une sorte de croix dont la tête est au sud , la rencontre des quatre branches est un petit cercle. Quelques-uns croient y reconnaître le temple hyperhoréen dont parlent les anciens. Éraloslhènesdit qu'Apollon cacha sa flèche là mï se trouvait un temple ailé.
Je parlerai plus loin des alignements de Carnac et de Lok-Maria-Ker. \ Voy. aussi le Cours de M. de Caumont, l,p. 105).
11 est resté en France des traces nombreuses du culte des pierres, soit dans les noms de lieux . soit dans les traditions populaires :
1" On sait qu'on appelait pierre fiche ou fichée (en celtique, menhir, pierre longue, peulran, pilier de pierre ) , ces pierres brûles que l’on trouve plantées simplement dans la terre comme des bornes. Plusieurs bourgs de France portent ce nom. Pierre-Fiche , à cinq lieues N. E. de Mondes, en Gévaudan. — Pierre- Fiques, en Normandie , à une lieue de l’Océan , à trois de Monlivilliers. — Pierrefitte , près Pont -l’Évêque. — Pierrefitte, à deux lieues N. O. d’Argenlan. — Pierrefitte , à trois lieues de Falaise. — Pierrefitte, dans le Perche . diocèse de Chartres , à six lieues S. de Mortagnc. — Idem, en Beauvoisis, à deux lieues N. O. de Beauvais. — idem , près Paris, à une demi-lieue N. de Saint- Denis. — Idem . en Lorraine, à quatre lieues de Bar. —
Idem, en Lorraine, à trois lieues de Mi recourt. — | Idem , en Sologne, à neuf lieues S. E. d’Orléans. — i Idem . en Berri, à trois lieues de Gien , à cinq de Sully, i Idem, en Languedoc, diocèse de Narbonne, à deux lieues et demie de Limoux. — Idem, dans la Marche, près Bourganeuf. — Idem , dans la Marche , près Guéret. — Idem, en Limousin, à six lieues de Brivcs. — Idem , en Forest, diocèse de Lyon, à quatre lieues de Roanne , etc.
2° A Colombiers , les jeunes filles qui désirent se marier doivent monter sur la pierre levée, y déposer une pièce de monnaie , puis sauter du liant en bas. A Guérande , elle viennent déposer dans les fentes de la pierre : des flocons de laine rose liés avec du clinquant. Au Croiaic, les femmes ont longtemps célébré des danses autour d’une pierre druidique. En Anjou , ce sont les fées qui , descendant des montagnes en filant , ont apporté ces rocs dans leur tablier. En Irlande , plusieurs 1 dolmen sont encore appelés les lits des amants : la fille d’un roi s'était enfuie avec son amant; poursuivie par son père, elle errait de village en village, et tous les soirs ses hôtes lui dressaient un lit sur la roche, etc. , etc.
Triades de l'ile de Bretagxe.
1 Qui sont des triades de chose* mémorables, de souvenirs et de sciences , concernant les hommes et les faits fameux qui furent en Bretagne , et concernant les circonstances et infortunes qui ont désolé la nation de» Cambriens à plusieurs époque* ( traduites par Prohcrt.)— (/'oy. p. 54).
Voici les trois noms donnés à Plie de Bretagne. — Avant qu'elle fût habitée, on l'appelait le Vert Espace ; entouré des eaux de l’Océan ( the Seagirt Green Space ) ; après qu’elle fut habitée, elle fut appelée Ile de Miel ; et après que le peuple eut été formé en société par Prydain , fils d’Acdd le Grand , elle fut appelée Plie de Pry- <lain. Et personne n'a droit sur elle que la tribu des 1 Cambriens , car les premiers ils en prirent possession ; j et avant ce temps-là , il n'y eut aucun homme vivant ,
: mais elle était pleine d’ours , de loups . de crocodiles et ! de bisons.
Voici les trois principales divisions de l’ile de Brej tagne. — Cambrie, Lloegrie et Alban. et le rang de souj veraineté appartient à chacun d'eux. Et sous une mol narchie , sous la voix de la contrée , ils sont gouvernés ! selon les établissements de Prydain , fils d'Aedd le | Grand ; et à la nation des Cambriens appartient le droit d’établir la monarchie selon la voix de la contrée et du J peuple , selon le rang et le droit primordial. El sous la j protection de celte règle , la royauté doit exister dans | chaque contrée de l’ile de Bretagne , et toute la royauté | doit être sous la protection de la voix de la contrée; c’est , pourquoi il y a ce proverbe, une nation est plus puis- , santé qu'un chef.
Voici les trois piliers de la nation dans l’ile de Bretagne. — La voix de la contrée, la royauté et la judicature d’après les établissements de Prydain, fils d’Aedd le Grand. Le premier fut llu le Puissant, qui amena la nation le premier dans l’île de Bretagne; et ils vinrent
de ta contrée de l'été, qui est appelée Défichant ( Constantinople?) ; et ils vinrent par la tuer lla/y (du Nord ) dans File de Bretagne et dans l'Armorique, où ils se fixèrent. Le second fut Prydain , fils d'Aedd le Grand , qui le premier organisa l’état social et la souveraineté en Bretagne. Car avant ce temps , il n'y avait (le justice que ce qui était fait par faveur, ni aucune, loi excepté celle de la force. Le troisième fut Dyvnwal Mocmud ; car il fit le premier des réglements concernant les lois, maximes, coutumes et privilèges relatifs nu pays et à la tribu. Et à cause de ces raisons , ils furent appelés les trois piliers de la nation des Cambriens.
Voici les trois tribus sociales de Elle de Bretagne. — La première fut la tribu des Cambriens, qui vint de l'ile de Bretagne avec llu le Puissant, parce qu'ils ne voulaient pas |M)sséder un pays par combat et conquête, mais par justice cl tranquillité. La seconde fut la tribu des Llocgriens, qui venaient de la Gascogne; ils descendaient de la tribu primitive des Cambriens. Les troisièmes furent les Brython , qui étaient descendus de la tribu primitive des Cambriens. Ces tribus étaient appelées les pacifiques tribus, parce qu'elles vinrent d'un accord mutuel, et ees tribus avaient toutes trois la même parole et la même langue.
Les trois tribus réfugiées : Calédoniens, Irlandais ,1e peuple de Galedin , qui vinrent dans des vaisseaux nus en Pile de Wigbl, lorsque leur pays était inondé; il fut stipulé qu'ils n'auraient le rang de Cambriens qu'au neuvième degré de leur descendance.
Les trois envahisseurs sédentaires : les Coraniens, le* Irlandais Pietés, les Saxons.
Les trois envahisseurs passagers : les Scandinaves ; Cad wall l'Irlandais (conquête de '29 ans), vaincu par Caswallon , et les Césarieris.
Les trois envahisseurs tricheurs : le* Irlandais rouges en Alhan . les Scandinaves et les Saxons.
Voici les (rois disparitions de l’ile de Bretagne. — La première est celle de Gavran, et ses hommes qui allèrent à la recherche des lies vertes des inondations , on n'entendit jamais parler d’eux. La seconde fut Merddin , le barde d’Emrys ( Ambrosius, successeur de Vortigern ?), et ses neuf bardes, qui allèrent en mer daus line maison de verre; la place où ils allèrent est inconnue. La troisième fut Madog , fils d'Owain , roi des Galles du nord , qui alla en mer avec trois cents personnes dans dix vaisseaux ; la place où ils allèrent est inconnue.
Voici les trois événements terribles de l'ile de Bretagne — Le premier fut l'irruption du lac du débordement avec inondation sur tout le pays jusqu'à ce que toutes personnes fussent détruites, excepté Dwyvan et Dwyvacb qui échappèrent dans un vaisseau ouvert, et par eux l’ile de Prydain fut repeuplée. Le second fut le tremblement d'un torrent de feu jusqu'à ce que la terre fût déchirée jusqu'à l’abline , et que la plus grande partie de toute vie fût détruite. Le troisième fut l'été chaud, quand les arbres et les plantes prirent feu par la chaleur hrùlaule du soleil , et que beaucoup de gens et d’animaux, diverses espèces d'oiseaux, vers, arbres et plantes furent entièrement détruits.
Voici les trois expéditions combinées qui partirent de l’ile de Bretagne. — La première partit avec Ur, fils
d'Krîn.Ie puissant guerrier de Scandinavie (ou peut être le vainqueur des Scandinaves. - the Mlipotenlof Seandinavia ; » ) il vint en celle ile du temps de Gadial, fils d'Erin , et obtint secours à condition qu’il ne tirerait de chaque principale forteresse plus d'hommes qu’il n’y présenterait. A la première il vint seul avec son valet Malhata Vawr ; il en obtint deux hommes, quatre de la seconde, huit de la troisième, seize de la suivante, et ainsi de toutes en proportion , jusqu’à ce qu’enfin le nombre ne pût être fourni par toute l'ile. II emmena soixante-trois mille hommes, ne pouvant obtenir dans toute l’ile un plus grand nombre d'hommes capables d’aller à la guerre : les vieillards et les enfants restèrent seuls dans l’ile. Ur, le fils d'Érin le puissant guerrier, fut le plus habile recruteur qui eût jamais existé. Ce fut par inadvertance que la tribu des Cambriens lui donna relie permission stipulée irrévocablement. Les Coraniens saisirent cette occasion d'envahir l’ile sans difficulté. Aucun des hommes qui partirent ne retourna , aucun de leurs fils ni de leurs descendants. Ils firent voile pour une expédition belliqueuse jusque dans La mer de la Grèce , et s’y fixant dans les pays de Galas et d’Avène Galitia ?), ils y sont restés jusqu’à ce jour, et sont devenus Grecs.
La seconde expédition combinée fut conduite par Caswallawn, le fils de Beli, et petit-fils de Manogan, et par Gwenwynwyn et Gwanar, les fils de Lliuws , fil* de Nwyvre et Arianrod, fille de Beli, leur mère. Us descendaient de l’extrémité de la pente de Galedin et Siluria, et des tribus combinées des Boulognèsc, et leur nombre était de soixante et un mille. Ils marchèrent avec leur oncle Caswnllawn , après les Césariens , vers le pays des Gaulois de l'Armorique , qui descendaient de la première race des Cambriens. Et aucun d’eux, aucun de leurs fils ne retourna dans cette lie, car ils se fixèrent dans la Gascogne parmi les Césariens, où il* sont à présent ; c’était pour se venger de cette expédition que les Césariens vinrent la première fois dans celle ile.
La troisième expédition combinée fut conduite hors de cette ile par Ellcn, puissant dans les combats, et Cynan son frère , seigneur de Meiriadog en Armorique, où ils obtinrent terres , pouvoir et souveraineté de l'empereur Maxime, pour le soutenir contre les Romains... Et aucun d'eux ne revint; mais ils restèrent là et dans Ystre Gyvaelwg , où ils formèrent une communauté. Par suite de celte expédition , les hommes armés de la tribu des Cambriens diminuèrent tellement, que les Pietés irlandais les envahirent. Voilà pourquoi Vortigern fui forcé d'appeler les Saxons pour repousser cette invasion. Les Saxons , voyant la faiblesse des Cambriens, tournèrent leurs armes perfidement contre eux, et s’al liant aux Pirtcs irlandais et à d'autres traîtres, ils prirent possession du pays des Cambriens ainsi que de leurs privilèges et de leur couronne. Ce* trois expéditions combinées sont nommées les trois grandes Présomptions de la tribu des Cambriens , et aussi les trois Armées d'argent , parce qu'elles emportèrent de l’ile touH'or eU'argenlqu'eiles purent obtenirpar la fraude, par l’artifire et par l’injustice, outre ce qu'elles acquirent par droit et par consentement. Elles furent aussi nommées les trois Armements irréfléchis, vu qu'elles