‹ Œuvres de m. MicheletChapitre 88 sur 398 · DU LIVRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

DU LIVRE DEUXIEME

Sur l'Auvergne ai cinquième siècle. ( l oy. paye 83. ) j

Au cinquième siècle . l'Auvergne se trouva placée entre les invasions du Midi et du Nord, entre les Goths. les Burgundes et les Francs. Son histoire présente alors un vif intérêt, c'est celle de la dernière province romaine.

Sa richesse et sa fertilité étaient pour les harliares un puissant attrait. Sidonius Apollin., I. IV, epist. 21 (ap. Scr. rer. franc., t. 1 , p. 793) :

« Taceo lerritorii (il parle de la l.imagne) peculiarem jocunditatem ; taceo illud icquor agrorum , in quo sine periculo quæstuosæ fluctuant in segetihus undæ; quod industrius quisque quo plus fréquentât, hoc niinùs naufragat; vialoribus molle, frucluosum aratorihus , venatorihus voluptuosum : quod monliutü ciugunl dorsa pascuis.lalera vinetis, lerrena villis, saxosa castellis, opaca luslris, aperta culturis, concava fontihus, ahrupta fluminibus : quod deniquè hujusmodi est, ut semel visum I advenis, inullis patriœ oblivionetn sapé persuadeat. •

— Carmen VU, p. SOI :

Fwcundus ab urbe

Follet ager, primo qui vis proacis»u> aralro Setnina tarda »itil, vel lu au riante juvcnco ,

Arcauam ixponit picrA pinguedine (jlebam.

Childebert disait (en 531) : Quand verrai-je celle belle Limagne ! » Yelim Arvcniaui I.ainanein, quæ tan la jocundilalis gratià refulgere dicitur, oculis ccrnere! • Teuderic disait aux siens : « Ad Arvernos me sequimini , et ego vos inducam in patriam ubi aurum et argentum accipiatis quantùm veslra polest desiderare cupiditas ; de quà pecora , de quâ niancipia , de quâ vcstimenla iu abundanliam adsumalis (Greg. Tur.,1. 111, c. 9, Il ). *

Les barbares alliés de Home n'épargnaient pas non ! plus l'Auvergne dans leur passage. LesHuns, auxiliaires de Lilorius, la traversèrent en 437 pour aller comballre I les Wisigoths, et la mirent à feu et à sang (Sidon., Pa- ! negyr. Avili , p. 805. Paulin., 1. VI, vers 1 10). L’avénement d’un empereur auvergnat, en 455, lui laissa quelques années de relâche. Avilus Ht la paix avec les i

Wisigoths; Théodoric II se déclara l'ami et le soldat de Rome (Ibid., p. 810... Roiuæ suin , le duce, ami eus , Principe te, miles). — Mais, à la mort de Majorien (401), il rompit le traité et prit Narbonne; dès lors, l'Auvergne vil arriver et monter rapidement le flot de la conquête barbare, et bientôt (474) ta cité des Arvernes ( Clermont ) , l'antique Gergovie , surnagea seule, isolée sur sa haute montagne (Tc^/owlotv, if'vÿq ioü Spovt «*<juta;»). Slrabon, 1. IV. — Quæ posita in allissimo monte omnes adilus difficiles habehal (Gcsar, I. VI , c. 36. Dio Cass., 1. XL).

Sidon. Apollin., 1. 111, epist. 4 (ann. 474) : •Oppidum nostrum , quasi quemdam sui liraitis opposili ohicein , circuinfusa ru innobisgenlium arma terri ticanl. Sic æmulorum silii in medio positi lacrymabiiis præda populorum, suspecti Burgundionibus , proxitni tiothis, nec impugnantûm irâ necpropugnantùnicareinus invidiâ. • — L. VII , ad Mamert. : • Rumor est Gotbos in Romanum solum castra movisw*. Huic semper irruptioni nos miscri Arverni janua suraus. N'amque odiis inimicorum hinc peculiaria fomenta suhministraraus , quia, quùd necdiïm terininos suos ab Oceano in Rhodanum Ligeris alveo limitaverunt , solam aub ope Chrisli moram de nostro taiitùm ohice paliuntur. Circumjcclarum verô spaliuin tractu nique regionum jamprideiu regni minacis importuna dévorai it impressio. •

Ainsi livrée à elle-même, abandonnée des faibles successeurs de Majorien , l'Auvergne se défendit héroïquement, sous le patronage d'une puissante aristocratie. C'était la maison d’Avitus avec ses deux alliées , les familles des Apollinaires et des Ferréols; toutes trois cherchèrent à sauver leur pays , en unissant étroitement sa cause à celle de l'empire.

Aussi les Apollinaires occupaient-ils dès longtemps les plus hautes magistratures de la Gaule (I. I, epist. 3 ) : • Pater, socer, avus , proavus præfecluris urbanis pra:~ torianisque, magisleriis palatinis militaribusque raicuerunl. « Sidonius lui-méme épousa, ainsi que Tonanlius Ferréol, une Hile de l'empereur Avilus, et fut préfet de Rome sous Anlhemius (Scr. fr., ], 783).

Tous ils employèrent leur puissance à soulager leur pays accablé par les impôts et la tyrannie des gouver-

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