‹ Œuvres de m. Victor Cousin. 4. ser. LittératureChapitre 24 sur 66 · M. JOUFFROY · texte numérisé non relu

M. JOUFFROY

ineffaçable. Aussi lorsque, il y a deux ans, la philosophie eut besoin d'un représentant au conseil de Tinstruclion publique, si de libres élections avaient eu lieu dans Tuniversité, un suffrage unanime eût désigné M. Jouffroy et consacré le choix qui fut fait. Qui pouvait {pieux que lui guider renseignement philosophique à travers des écueils sans cesse renaissants, Téclairer à la fois et le défendre, si jamais il avait besoin d*étre défendu ? Quel homme pénétré d'un respect plus sincère pour ces nobles croyances qui ont été le berceau de la philosophie moderne, et en même temps plus fermement attaché à l'indépendance de la raison, dans les limites qu'elle se prescrit à elle-même !

Ma vieille amitié eût été fière des nouveaux et importants services que M. Jouffroy allait rendre à la philosophie ; et voilà que tout à coup la mort l'arrête au milieu de sa carrière et me renvoie à moi-même la mission que je lui avais confiée! fragilité de nos meilleurs desseins I ô vanité de toutes choses, excepté de la science et de la vertu ! C'est moi qui aujourd'hui viens mettre au tombeau celui en qui reposaient mes plus fermes espérances pour notre cause commune, celui qui semblait destiné à me rendre un jour à moi-même ce pieux office ! C'est moi qui viens lui dire : Adieu, Jouffroy; adieu pour la dernière foisl

DISCOURS

PROIfONCÉ

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