DISCOURS A LA DISTRIBUTION DES PRIX. 38S
destinée. C*est un arrêt de Téteruelle justice qu'une vo» lonté honnête et ferme atteigne son but^ et qu'une volonté faible ou vicieuse soit au moins condamnée au châtiment de l'impuissance. L'harmonie du mérite et des récom*penses qui lui sont dues est le fondement des sociétés. Cette harmonie n'est jamais entièrement rompue dans les plus mauvais jours de l'humanité; ses progrès^ toujours croissants, sont la mesure même du perfectionnement du monde moral ; son triomphe est l'honneur de notre siècle ; et nous devons remercier la divine providence d'avoir comme choisi notre âge pour y rendre plus que jamais ma-* nifeste la loi sublime qui» selon d'antiques paroles, atta-> che, par des nœuds d'airain et de diamant, la peine à ce qui est mal, la récompense à ce qui est bien , les troubles du cœur à la passion et au désordre, la paix intérieure à la vertu, le succès au travail, et l'empire i l'activité et au courage, dirigés vers une noble fin.
(c Le collège est l'image anticipée de la vie. Au collège aussi, comme dans la société qui bientôt vous recevra, ce n'est pas la faveur du sort, ce n'est pas même le caprice du talent, c'est la constance, ce sont les longs efforts qui assurent les succès durables; et cette fête du travail est une vraie initiation de la jeunesse française à l'esprit de notre temps.
a L'Université, par l'ardeur studieuse qu'elle nourrit dans ses écoles, l'austère égalité qu'elle y maintient, et la forte empreinte qu'elle met par là sur les esprits et sur les âmes, est une grande institution morale et politique, qui emprunte au génie de notre époque son caractère pour en pénétrer les générations naissantes.
ce Elle a voulu continuer jusqu'au faite de l'enseigna ment cette noble émulation qui vivifie l'instruction secondaire. Les facultés de droit» de médecine, des sciences et
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des^ lettres possèdent aujourd'hui des concours, des prix, une cérémonie semblable à celle-ci.
« Ainsi, pendant que les écoles populaires iront répandre dans les villes et dans les moindres villages les connaissances les plus nécessaires, en témoignage de l'intérêt fraternel que se doivent tous les membres de la même nation, les collèges et les facultés, de jour en jour plus étroitement unis, formeront, sous une discipline à la fois sévère et libérale, et à l'aide de la plus forte culture que puisse recevoir l'esprit humain, une jeunesse d'élite, sortie de tous les rangs et s'y renouvelant sans cesse, destinée à relever successivement tous les premiers postes par le légitime ascendant de l'esprit et du caractère, en un mot, la véritable aristocratie du xix^ siècle.
« Bientôt, à côté des écoles nationales, s'élèveront des écoles privées où toutes les méthodes, tous les systèmes que peut avouer la raison publique, seront librement essayés. L'Université applaudit d'avance à tous les efforts qui viendront s'unir aux siens pour accroître et propager les lumières. Placée au-dessus des caprices de la mode, marchant sans bruit, comme le monde, suivant la parole de son glorieux fondateur, l'université est sûre de sa force, et pleine de foi dans son avenir, qui est celui de la patrie elle-même.
<( Jeunes élèves, vous allez paraître à votre tour sur la scène du monde ; vous y remplacerez les générations de la révolution et de l'empire qui ont fait ou qui ont vu de si grandes choses. Plus heureux que vos pères, mais grâce à leur constance, il vous a été donné de voir la France libre et prospère à l'ombre de cette admirable forme de gouvernement, où les principes divers de tous les gouvernements généreux, toutes les forces, tous les intérêts, tous les vœux du pays se prêtent, à leur insu même, un mutuel appui,