DISCOURS A LÀ DISTRIBUTION DES PRIX
vie et le reflet de sa renommée. Avoir possédé trente ans M. Poisson est pour l'université un engagement sacré de ne jamais laisser dépérir ou s'affaiblir dans ses écoles l'étude des mathématiques^ qui n'est pas une médiocre part du patrimoine de l'esprit humain et de la gloire de notre patrie.
Adieu! pour la dernière fois; adieu! notre glorieux et excellent confrère!.*. Nos regards se tourneront souvent sur la place que tu laisses vide parmi nous; et ton souvenir vivra dans nos cœurs, comme ton nom dans l'histoire des sciences!
Dn 8 mai 1840.
Le conseil royal de l'instruction publique, désirant consigner dans les procès-verbaux de ses séances un témoignage des profonds regrets qu'il éprouve de la perte de M. Poisson, vient de décider que le discours prononcé par M. le ministre de l'instruction publique sur sa tombe serait inséré en entier au registre de ses délibérations, et qu'une copie de ce discours et de la présente délibération serait transmise offlciellement à la famille de M. Poisson. Toute l'université s'associera à ce témoignage d'estime et de regrets pour le savant illustre qui a rendu de si éminents services à l'instruction publique et à la science.
Dislribution des prix du concours général.
Avant midi, tous les fonctionnaires des collèges el des facultés avaient pris place dans la salle. Les membres du conseil royal de l'instruction publique et les inspecteurs généraux des études entouraient le grand-maître de l'uni-
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versité* Dans la tribune réservée aux autorités, on remarquait M. le président du conseil et tous les ministres présents à Paris» monseigneur Tarchevâque de Paris, M. le préfet de la Seine, M. le lieutenant-général commandant la division militaire, un grand nombre de pairs et de députés, beaucoup de membres de Tlnstitut et des grands établissements scientifiques et littéraires.
A midi précis, la séance a été ouverte, selon l'usage» par un discours latin» prononcé par M. Auguste Nisard» professeur de rhétorique du collège Bourbon. L'excellente latinité, l'esprit universitaire, les nobles et ingénieuses pensées de ce discours, ont excité souvent les plus viis applaudissements.
Le ministre de l'instruction publique s'est levé ensuite, et, au milieu du plus religieux silence» qu'interrompaient seuls les applaudissements de toute l'assemblée, a prononcé le discours suivant :
« Si parmi vous il est un jeune homme qui se soit élevé peu à peu au-dessus de ses condisciples par la seule puissance du travail, n'ayant d'autre appui que sa bonne conscience, d'autre fortune que les couronnes qu'il va recevoir; que ce jeune homme ne perde point courage à l'entrée des voies diverses de la vie, hérissées de tant d'obstacles, assiégées par tant de rivaux; qu'il se rassure et qu'il espère : je ne crains pas de, lui répondre de l'avenir, à cette seule condition qu'il persévère dans l'ardeur généreuse et dans les laborieuses habitudes que nous venons honorer aujourd'hui.
<c Oui, jeunes élèves, les luttes dont vous sortez sont l'apprentissage de celles qui vous attendent. Les objets que vous poursuivrez seront différents ; mais le prix des succès sera toujours le même.
m Sachez4e bien; chacun de vous est le mndtre de sa