‹ Œuvres de M. Victor CousinChapitre 31 sur 63 · ACADÉMIE DES 80. MOK. ET POL. DISCOURS DU PRÉSID · texte numérisé non relu

ACADÉMIE DES 80. MOK. ET POL. DISCOURS DU PRÉSID

yec cette seconde révolution , ([ui est venue consacrer la première, remettre en honneur ses principes, rétablir ses légitimes résultats.

Les sciences morales et politiques ont retrouvé leurs droits quand le pays retrouvait les siens; et aujourd'hui, comme la liberté elle-même, cette Académie n*a plus qu*à affermir de plus eu plus son autorité pr les monuments solides d'un zèle réglé et persévérant.

Nous nous efforçons de ne pas manquer à celte tâch(% et cette année particulièrement nous pouvons montrer avec quelque confiance les travaux ({ue nous avons exi^cutés nous-mêmes et ceux ({ue nous avons inspiras.

Le troisième volume de nos Mémoires vient de paraître : chaque section y est repn^senU'^e par des écrits d'un ordre élevé, et Thistoire de TAcadémie, retracée par la plume habile de M. le secrétaire perpiHuel, fait connaître de quelles riches conununications le zèle de nos confrères n'a cessé d'animer nos séances.

A côté de ce volume en paraît un autre, le premier du nouveau recueil consacré aux ouvrages de savants, étrangers ou nationaux, dont l'Académie a voulu honorer les travaux en les publiant avin; les siens ; noble institution que nous avons empruntée ù l'Académie des sciimces, et qui fait de la nôtre le centre et le foyer du mouvement des sciences morales et politiques dans toutes les parties de la France et de l'Europe. On trouvt; ici des mémoires venus des bords du Rhin, de l'Italie, de l'Ecosse, avec des dissertations ou profondes ou ingénieuses que nous devons à déjeunes savants de Paris, et même de la province, dont l'Académie peut se féliciter d'avoir suscitt'^ le talent ot en- ('ouragé les premiers efforts.

Parmi ces travaux qui se présenh^nl à l'estime publique, sous la garantie de la vôtre, permettez-moi de distin-

guer celui d'un jeune Piémontais, M. Pallia, que la science vient de perdre, encore à la fleur de l'âge, au moment où il poursuivait avec ardeur ses recherches sur la philosophie arabe, et lorsque à peine il venait de terminer un premier essai sur Algazali, un des philosophes les plus célèbres de Técole de Bagdad. La tempête politique avait jeté M. Pallia sur cette terre de France qui autrefois avait recueilli Campanella au sortir de sa prison de vingt-sept années. Plusieurs de ses amis, qui portaient une épée, la mirent au service de nobles causes, aujourd'hui trioiiH phantes, alors incertaines. Quelques-uns d'entre eux allèrent arroser de leur sang les champs de la Grèce et mn du nouveau monde; lui, il est mort aussi au champ d'honneur : car il s'est éteint au milieu des peines de l'exil supporté avec dignité, et dans les luttes d'une pauvreté fiàv et laborieuse. L'Académie, qui l'avait entendu avec inlérét, a voulu publier ses travaux inachevés, et je crois être l'interprète de ses sentiments en rendant ce modeste hommage à une mémoire qu'elle honore et qui m'est particulièrement chère.

Mais c'est surtout dans ses concours annuels que l'Atndémie cherche à donner une impulsion utile aux scienctf qui composent son domaine. Elle ne propose que de grands sujets qui puissent produire de sérieux travaux, et elle tient un peu haut ses couronnes pour exciter une généreuse ambition.

Cette année elle avait à juger quatre concours.

La section de morale avait provoqué l'examen de la question délicate de Yabolitian de Vesclavage dans noê colo' nies. Six mémoires lui ont été adressés : elle a distingué les mémoires n"" 4 et n*' 5, sans toutefois les juger dignes du prix; et comme la question est passée récemment des régions de la théorie dans les conseils du goofene-

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