‹ Œuvres de M. Victor CousinChapitre 51 sur 63 · LA MÈRE AGNÈS ARNAULD · texte numérisé non relu

LA MÈRE AGNÈS ARNAULD

De 28 juin 1671.

« Quoique ce ne soit pas un miracle de revenir contente de chez vous, ma chère Mère, il est certain que ce qui s'est passé dans la visite que madame de Longueville vous a rendue, en est à mon avis un si grand ([u'il y en a trèspeu où la puissance de Dieu paroisse plus visiblement que dans tout ce que je vois la-dessus. Vous en conviendrez avec moi, ma chère Mère, quand je vous entretiendrai, et je suis assurée que ce ne sera pas à mes prières que vous

* C'était la sœur de Marie-ÀDgélique de Saint-Jean ; elle s'appelait Anne-EugéDle de rincarnation Arnauld. Voyez U Supplément au nécrologe de Port-Royal, p. 289.

264 ^ FRAGMENTS LITTÉKAIRES.

attribuerez un tel succès : il en faut de plus efficaces et de plus agréables à Dieu que les miennes. Je vous conjure de l'en bien remercier par avance. Je m'en retournerai bientôt à Paris, ce sera au moins quand je pourrai souffrir la fatigue du chemin ; car je ne suis pas encore en état de m*> exposer K

Voilà une lettre de madame de Longueville. Plus je lui parle et plus je la vois contente de vous et de toute votre maison. J'ai bien envié de voir celle qu'elle y ^eut ùdre bâtir ^ prête à être habitée, et je me trouve bien heureuse de n'avoir besoin ni d'architecte ni de maçons pour m'aller enfermer auprès de ma chère Mère. Je la supplie de demander à Notre-Seigneur qu'il lève tous les petits obstacles qui me pourroicnt retarder ce bien, et permettez-moi, ma chère Mère, de faire ici mes très-humbles compliments à toutes les personnes à qui j'en dois.

Ce que je mande de madame de Longueville n'est que pour vous et pour ma chère sœur Angélique de St-Jean, que j'embrasse de tout mon cœur^. »

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