II PREFACE
rares, le deviennent davantage par le cours du temps et par le nombre même des succès antérieurs. Le passé fait obstacle : et la tradition enchaîne ceux qu'elle ne soutient pas.
Les Pn# d'ailleurs, que décerne l'Académie, laissent en dehors une grande part des œuvres littéraires de notre temps, et n'ont pas le droit d'atteindre bien des noms justement honorés. La succession de ces Prix et la variété des ouvrages dignes de les obtenir n'en offrent pas moins un utile témoignage sur la littérature contemporaine et l'état des esprits. On y voit de saines idées défendues avec talent, de laborieuses études suivies avec constance, la philosophie s'appuyant sur le sentiment religieux, et l'esprit littéraire sur la forte érudition. L'analyse, même sommaire, de ces différents travaux, depuis la savante Histoire de l'Esclavage antique, par M. Wallon, jusqu'aux curieuses recherches et à la candeur éloquente d'Ozanam, depuis les nobles méditations du livre sur le Devoir, jusqu'au traité de la Connaissance de Dieu, écrit pour notre siècle par un élève de Bossuet , toute cette série d'efforts instructifs et généreux atteste une salutaire activité des esprits. Tout y appartient sans doute à l'ordre spéculatif, à l'érudition et à l'art ; mais, cela même est l'ambition qui convient aux lettres, et qui sert à leur puissance.
Evidemment, aux fortes études d'antiquités, de philosophie, et d'histoire fut toujours liée la maturité intellectuelle des peuples modernes-, et elle n'aurait de déclin nécessaire que par l'oubli de ce qui a fait sa force. C'était un abus de langage d'appliquer à une