‹ Œuvres de Madame la Mise de la FerChapitre 112 sur 177 · FABLE •CXXXVIII · texte numérisé non relu

FABLE •CXXXVIII

. LE GUERiTlER ET L'ORATEUR,

iVxALHïuREux, tourmeuté par sea concitoyens.

Le fameux Annibalen fuyant' sa patrie.

S'arrêta quelque temp& ch«z les Ephésiens ; Toute leur ville eh fut ravie.

Chacun votdoit le voir , le plaindre , et l'admirer» De ses nombreux exploits en retraçant Fhistoire ,

On imaginoit l'éparer

L'injustice fçiite à sa gloire :

Et pour mieux encor Phonoresj* ,

Pour lui, rendre un plus granct hommage , A le louer un orateur s'engage .

Cétoitun philosophe, au voyageur vanté

Gomnw un esprit sublime et sage; De son mérite çn tiroit vanité.

Aux lieux où chaque jour brilloit son éloquence ^

De la multitude escorté ,

Xie héros vint prendre séance.

L'orateur se démène et parle très long-temps

(Toujours d'une voixd^ tonn'ferre) De la célérité , du coup d^œil , des «alens

Qu'exige l'état militaire.

Citadins , villageois ^chacun l'applaudissoit : £t tandis qu'il fîgure un siège , une bataille ,

Croit frapper d'estoc et de taille

Tous les ennemis qu'il créoit ^

Le grand capitaine bâilloit. L'emphatique orateur enfin vléht à se taire.

On demande aussitôt à notre conquérant

Ce qu'il pensoit de eet homme élpquenf Sans doute , ajoute-t-on , il aura su vous. plaire f — Sur la philosophie il peut vous satisfaire ,

Et physique et morjde il peut fort bien traiter:

Mais sur le métier de la guerre , Oh ! non , ^e n'entdndis jamais tant radoter.

La vanité souvent égare la prudence.

Cet orateur nousoiire une bonne leçon i

De bien pArlercf^tout qui peut ^YO^rledpfff £h ! saehonsàprppod-iïeQatu'irau AÎkRee Si commode pourrignomnce.

FABLE GXXXIX.

JLES DEUX PRÉLOflWS.

Un frelon , l'autre jour, cfisoit à son cgiiirèrer: Tu vis sur le buisson qui borde ce chemin 5

Tel logis ne «ne plairoil guère ; Comment n'en pas changer ? pour moi dans un iardinji

Dans ces maisons , ou dans la plaine enfin »

Bourdonnant et volant , je vais de place en place — Oui , maison vous maudit, de paftou ton vouschasao^^ Et je n'ai rien à craindre en ce simple réduit. Dici je satisfais mon goût, mon appétit; • Mon* aiguillon lanéé , vite Je çae retire ; D'épines ehtouré, l'on n^, sàuroU me nuire :

Sans peur je fais du mal , ainsi passe le tems.. D'un grand chemin j'ai cbriSpris Vayaiitage ,

Jfi guette et pique les passant.

De tout méchant rusé moqi frelon est l'ima^ew

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