F AELE CXL
LE MAITRE D'écOLE ET SON VOISIN.
Vjertain Maître d'école aimoit fort la musique p Quoiqu'il fût pour cet art sans dispositions. Avant, après ses utiles leçons
D'écriture et d'arithmétique , A sa fenêtre en prenant le grand aîr Sur une clarinette il jouoit le même air Depuis six mois, toujours écorchant les oreilles, "Eu croyant faire des merveilles.
Un jour son plus proche voisin.
De son métier faiseur de serinette.
Vient le trouver dès le matin Une serinette ^ la main. •
J^ ne vous offre point, dit-il , d'en faire emplette. Vous la doiikier est mon dessein.
Mais renoncez à votre clarinette^ Et renvoyez celui qui vole votre argent» '^
Vous jouez un seul air, encor Êhix , ^ans lAeAtire, Et vous en joûrez œpt avec isiovk iikatrutnent. T^ous y gagnooaa itous densÉ , car , cfhonneur , jè.le j ure ,
De travailler vous m'empèdieE^ouveiit^ '
Des. tons aigres etfkux , c'est pour moi la torture.. 1
' Notœ écrivain doux, patient, |
Ne trouva ^oint" la vérité irpp 'd-orç-; ' • Il sourit du cadeau,du conseil profita, Et plusîeuos fois Ivoara^meat rép^à.
Chose très rare en pareille aventure %■ J'aiprù mon goût pour du taknt, '
£t Ferreur de telle nature Dans bien des arts, dit-on, est commune à présent* — Mais du tort que souvent j'ai fait à votre ouvrage. Il faut , ajouta-t-il , que je vous dédommage. D'écrire longue épître évitez vous le soin :
On peut trouver chez moi des lettres toutes faites Comme chez vous des serinettes , Venez en choisir au besoin.
Vous en verrez de toutes les espèces f Pour des* amis , et des ^rens , Et qui plus est pour des amans:
On n'a plus qu'à «igner et mettre les adresses. Tout connoisseur en dit du bien, Je les vends cher , vous Les aurez pour rien.
. FABLE CXLL