‹ Œuvres de Madame la Mise de la FerChapitre 12 sur 177 · LA VACHE ET L'ANE · texte numérisé non relu

LA VACHE ET L'ANE

Làv. croiriez-vous? j'ai de Vambition, Disoit l'autre jour un ânon A la vache , sa confidente ; Je ne me sens point fait pour paître le chardon.

ConselDez-moî, vous discrète, et prudente.

Ne puTs-je aller habiter les états Du lion , le plus Eer de tous les potentats ;

Enfin, sortir de la route commune? Je connoîtrois la cour, tigres, loups, léopards; Avec eux je pourrois affronter les hasards , Ensuite partager avec vous ma fortune.

Quoi! tu ne sais donc pas, dit-^e, que ces grands Des autres animaux ne sont que les tyrans ?

Oui, la gloine^de ces méchans.

Aux bons, est toujours ixQportnne.

Et d'aiUeurs , sans adresse , et sans un protecteur Tu ne pourras jamais être un heureux voleur.

Paresse, bonhomie, et douceur et droiture, Mon enfant, voilà notre lotj

Et c'est encor le meilleur, je t'assure:

Un âne ambitieux -doit passer pour un sot.

Cache donc tes projets , mion cher , ^e t'en coh)ure«

Et puis, dis-moi, chétive créature,

Si nous autres petits devenions des brigands f

Où seroient Jes' honnêtes gens ?

FABLE XIL

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