LA CORNEILLE £T LA MESANGE
U NE mésange surannée , Sentoit sa fin prochaine \ avoit peur de la mort,
Trouvoit sa course très bornée , De la corneille enfin elle envioit le sort* Celle-ci, sa voisine, ainsi que son aînée.
Lui dit : hélas I vous avec tort»
Consolez vous , ma bonne amie.
S'il n'exi5toît ni vautours ni milan»^
Aucun de ces oiseaux méchans Qui troublent le repos du bois , de la prairie , J'appellerois un bien la longueur de la vie.
Mais en volant toujours trembler.
Au lieu qu'il plaît n'oser aller , Contre serres , gros becs , n'oser même parîcrT
Convenez avec mcâ ma chère , Qu'une si loi^ue vie est un siècle d'ennuis : Sans compter que Ton perd des parens , des sxniSf Et que vieux on devient chagrin et solitaire ;
C'est vivre alors trop misérablement.
Ah ! ne regrettez point les ({^ngers de la terre , Il vaut mieux dans* son nid mourir tranquillement.
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