‹ Œuvres de Madame la Mise de la FerChapitre 125 sur 177 · L'AIGLE ET L'HIRONDELLE · texte numérisé non relu

L'AIGLE ET L'HIRONDELLE

XJLiiLAS ! dans le siècle où nous sonunes , On voit partout méchans et nviuvais cœurs.

Chez la gent volatile , ainsi que chez les hommes î Il est exception cependant à ces mœurs, li'aigle, un jour , est blessé par le plomb deschasseuTi Et tombe au milieu d'un bocage ; •Tous les habitana du feuillage , Croyant le roi (défunt, viennent le visiter j

Pour se venger de lui , chacun lui fait outrage ^ Tous chantent à la fois pour se féliciter.

Jamais ou li'entçndit un si joyeux ramage :

pu foible c'est souvent U «eul liymne en usag<? A la mort Du plus fort.

Une hirondelle bonne et cage Dit à ses fils : Les oiseaux ont grand fort De 8^ livrer sur }*aigle à telle extravagance»

Gardon8*nou8 de les imiter :

S'il est mort , c'est bassesse à nous de l'insulter | S'il vit encor c'est c^elle imprudence.

De ce- juste raisonnement Il résulta pour elle un sensible a,vantage»

Étourdi par le co|ip, blessé légèrement, L'aigle , au bruit qu'on faisoit , reprit force et courage j Distingua les pinsons, les meries, les moineaux. Excepté rhirçndelle , enfin tous les oiseatu; Qui déjà becquetoienti arrachçient spn plumage |

brtotrt^cpeiipèe î! fît carnage

Pour se remettre en appétit ; Maïs aujourd'hurà'il passe auprès de ThirondeUe , De peur de TefFrayer, il fuit à tire-d'aile.

Et respecte toujours son nid.

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