FA'BLE CL VIL
LE RENAHB^ BT LE CHIEN.
Un renard ckeminant^renôawtre un b«au mftiin: Viens, suis moi , luitJît^l, renonce à l*«$elaT8ge>, Chez ton maître jamais' tu n^aûras que du paîu', Et tourné comme toi , par marfoi , e^st> dommage. Pour la cour du lion laisSe^là ton village :
Je peux par mon crédit t^y donner de lVm|daî. Nous y vivons heureux, et chacun y partage Les profits de la guerre , et les faveurs du roi. Il ne s'agit que de lui plaire; Je vais t'en dire ïe secret t Sur ses défauts SBVoir'ser tmre-.
C'est d'abord sur ce point qu'il faut.étre dfseret • - Louer levbien, le mal , être prêt à tout faire**
Et, pour achever en deux mots, Tâcher de l'amuser , et mentir à propos ; ' Tu pourras obtenir alors un bon salaire,
Aspirer même à toute dignité.
Grand merci , dit le chien , j'aime Ift rèriU , Je la prél^aux biens de tel empirer Il n'est point de félicité Qua^d on peut craindre de la ciîre.
( ï69 ) FABLE CLVIII.
LES TOURTEKEAirX ET LE PINSON.
U N tourtereau très*>vieux disoit à sa compagne, Se promenant le soir sur les bords d'un ruisseau: Je n'ai point de plaisir à voir cette campagne ; Rien à présent n'est plus ni si bon, ni si beau. Comme tout a changé! cette onde n'est plus claire, I^ea grains sont plus petits, il» sont moins savoureux; Les bois sont moins touffus , les «iseaux moins heureux ; Pans la nature , liélasl tout enfin dégénère : SCéme le rossignol n'a plus , comme autrefois ^ Sa douce et ravissante voix.
Je crois aussi , reprit la tourterelle.
Qu'on ne voit plus de tourtereau fidèle
Autant que toi , Et qu'il n'est plus maintenant de femelle Aussi constante, aussi tendre que moi.
Rien n'a changé que vous, laissez cfi vieux langage ^ Repart un jeune et gai pinson Qui les entendôit du bocage ; Croyez-moi , mes amis, quittez ce triste ton; Si vous éties encor dans l'aimable saison
De la fraîche et belle jeunesse.
Tout vous sembleroit bi^n , vous verriez tout charmant ; Cesi le dégoût de la vieillesse Qui rend le monde différent.