FABLE CLX
LA COLOMBE ET LE RAMtlER.
XJ'xTNE colombe trop constante Four des ingrats échappés de son sein , Jeune ramier railloit l'autre matin :
Laissez, lui disoit-il, cette min« dolente, Ces lengs soupirs , cette voix gémissante.
Si votre époux et vos enfans Dont vous étiez jadis aimée , Depuis trois mois vous ont abandonnée , Si tout cela vous fuit et court les champs , Faut-il que de i^grets vous mouriez consumée?
Je veux changer votre destin :
Ecoutez mes conseils , bannissez le chagrin , Allez de-çà, de-là, menez joyeuse vie.
Volage et sans liens, je suis toujours heureux; Imitez mon ezempW enfin f ma chère amie?
De moi je fais ce que je yeiix , J'aime ou je hais , selon ma fantaisie.
Ton sort pour moi y dit-elle, est peu digne d'envie; Car y malgré les tourmeàs qu'un bon cœurfaitsouSrîr; Jer rends grâces au ciel de ne pouvoir h sur.
FABi;,E CLXI,