LE MILAN ET LES MOINEAUX
«I EUNEs moineaux s'aimoient avec ardeur ; Ils go ûtoîent depuis peu les douceurs du ménage. Couple qui se chérit est heureux sous l'ombrage : C'est là qu'ils gazouilloient , jasoient sur leur bonheur». Un mlbn auprès d'eux , à l'abri du branchage , Bien caché , les vojoit vivement caqueter , Et puis battre de l'aile , et puis se becqueter : L'amour ne pense guëres aux dangers du bocage^ Quoi 1 leur dit le milan , écartant le feuillage , J^vois placé tous- les moineaux Dans le nombre des bons oiseaux , Et vous vous disputez et >vous battez sans cesse t — O ciel ! nos coups de becs n'expriment que tendresse^
Ils ont pour nous lés plus touchans appas :
Malheur au triste oiseau qui ne connoîtroit pas Des sensibles époux la plus douce caresse !
— Vous vous battiez ? je l'ai vu clAireiaent:. TremWez , car j'ai fait le serment Et de chercher et de détruire Tout oiseau qui seroit méchant.
Sa serre se déploie , et le couf>le innocent
Pï'a plus , hélas ! que le temps de lui dire t Le bien est mal pour celui qui veut nuire-.