‹ Œuvres de Madame la Mise de la FerChapitre 133 sur 177 · LA POULE ET LE CHAT · texte numérisé non relu

LA POULE ET LE CHAT

v/n élevoit dans la même cuisine

Et poule et chat, et Ton deyine Qu'à tout moment c'étoit nouveau débat* Coups de bec enlevoient la fourrure du chat j Par coups de griffe aussi, poule étoit maltraitée , Et plus d'un glorieux combat Rendit la scène ensanglantée.

Enfin leur vacarme finit :

tJn simple événement termina cette guerre.

Heureux qui n'en verroit nulle autre sur la terre ! La belliqueuse poule , un certain jour, pondit: Hais bien modestement , loin des yeux du vulgaire, Très-loin de la maison , dans un étroit réduit Où ne pouvoient entrer ni servante , ni maître. Ahl l'œil perçant du méchant et da teaitre Découvre tout. Le chat trouve le nid , Prend son temps , et des œufs fait bientôt son profit. Il guettoit, écoutoit ce chant, ces cris de joie Qui décèlent toujours iin utile produit.

Et qui de ce fripon fut bien long-temps la proie. Trouvant son déjeuner si bon , A poulette craignant de nuire, Avec epe il change de ton.

Il renfonce sa griffe , il a peur de détruire Cette œuvre du matin qu'attend son appétit.

Se battre et pondre , oh ! c'étoit tifop d'ouvrage* L'hypocrite jura la paix dans le ménage ^

Ne se doutant de rien la poule y consentit.

Toujours dans le monde où nous sommes L'intérêt seul rapproche, ou désunit , £t les animaux et les hommes.

FABLE CLXVI.

Page 1