‹ Œuvres de Madame la Mise de la FerChapitre 139 sur 177 · DE MA P1L1.B A SON PERE · texte numérisé non relu

DE MA P1L1.B A SON PERE

UEvIens TOUS demander un service important, Ne me refusez pas , le jour de yatre fête :

Baignez, mon cher papa , m'écouter un' moment ^ Ayant que de ces fleurs.je pare votre tête.

Un jeune oceur, un jeune agneau , Voilà tous mes biens dans le monde.

Four celui-ci, dans le hameau , Soir et matin je fais la ronde 3 Car cet agneau fait mon bonheur , Et je crains le loup ravisseur.

Mais on m'a dit qu'une bergère , Dont le eœur est tendre et sincère , Doit moins redouter le danger Du loup crtfel que du berger :

Comment donc me tirer d'afifaîref

Papa , venezà^jnon acwaras

Je veux bien aUer tous les jours

Garder l'agneau dans le bocage ;

Hais prenez le oœur poiir toujours t *

Garder les deux, c'est trop d'ouvrage.

(7) ROMANCE

ÂiB : Elle m'aima ^ cette belle Aspasie*

JLi'uN cte ces jours, mes moutons s'égarèrent Sur les coteaux aVec ceux de Bastien , Nos deux troupeaux ensemble se mêlèrent^ Chacun depuis n'a distingué le sien.

î*our regagner le soir notre chaumière , Bastien tt moi cherchions notre chemin i Ce fut en vain, las ! nous eûmes beau faire ^ Aucun des deux ne put tiouyer le sien.

iPeur de tomber, nos bras nous enlaçâmes ^ Jusqu'au vallon ce fut notre soutien :

Mais au moment où nous les séparâmes < Chacun eut peine à détacher le sien*

Un beau bouquet que j'avois fait la yeille Avoit séché sur le cœur de Bastien :

J'allai cueillir rose fraîche et yermeille^ ") £t je troquai mon bouquet pour le sien.

^ Dans les bosquets , sur deux lits de verdurf ^ " Loin du'hameau chacun se trouva bien ; Mais , au matin , ne sais quelle aventure Fit que chacun ne reconnut le sien«

En m'éveillant il me prit fantaisie De demander à quoi revoit Bastien s A bien, aimer, dit-il , toute ma vie s Mon rèyc étoitle même que le «ien.

(8) CHANSON

ÂiB des Triolets*

V^UAND la jeunesse est dans sa fleur.

Le jour et la nuit on s'amuse :

Point de chagrin , jamais d'humeur. Quand la jeunesse est dans sa fleur.

Tout charme l'esprit et le cœur, li'erreur plaît et Je mal s'excuse ; Quand la jeunesse est dans sa fleur , Le jour et la nuit on s'amuse.

Quand la vieillesse nous atteint,

La nuit et le jour on s'ennuie :

On gronde , on souflre et l'on se plaint^

Qand la vieillesse nous atteint..

Toujours on regrette, ou l'on craint.

Vers le triste soir de la vie :

Quand la vieillesse nous atteint,

La nuit et le jour on s'ennuie.

CONFIDENCE D'UNE VEUVK

Xjtse disoît à sa maîtresse Qui possédoit encore et fraîcheur et jeunesse : Vous voulez donc quitter ce château , ce canton , Depuis que votre époux hélas ! a rendu l'âme? Tout ici cependant vous rappelle sa flamme ; v

S'il fut un peu jaloux , il demanda pardon «

En expirant tous légua sa maison.

Et l'abandonner n'est pas saget —Je vais t'en dire la raison , Mais au secret pour toujours je t'engage :

Oh ! c'est foiblesse je le sens ; Ma chère , depuis mon veuvage Je meurs de peur des revenans»

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