DE MA P1L1.B A SON PERE
UEvIens TOUS demander un service important, Ne me refusez pas , le jour de yatre fête :
Baignez, mon cher papa , m'écouter un' moment ^ Ayant que de ces fleurs.je pare votre tête.
Un jeune oceur, un jeune agneau , Voilà tous mes biens dans le monde.
Four celui-ci, dans le hameau , Soir et matin je fais la ronde 3 Car cet agneau fait mon bonheur , Et je crains le loup ravisseur.
Mais on m'a dit qu'une bergère , Dont le eœur est tendre et sincère , Doit moins redouter le danger Du loup crtfel que du berger :
Comment donc me tirer d'afifaîref
Papa , venezà^jnon acwaras
Je veux bien aUer tous les jours
Garder l'agneau dans le bocage ;
Hais prenez le oœur poiir toujours t *
Garder les deux, c'est trop d'ouvrage.
(7) ROMANCE
ÂiB : Elle m'aima ^ cette belle Aspasie*
JLi'uN cte ces jours, mes moutons s'égarèrent Sur les coteaux aVec ceux de Bastien , Nos deux troupeaux ensemble se mêlèrent^ Chacun depuis n'a distingué le sien.
î*our regagner le soir notre chaumière , Bastien tt moi cherchions notre chemin i Ce fut en vain, las ! nous eûmes beau faire ^ Aucun des deux ne put tiouyer le sien.
iPeur de tomber, nos bras nous enlaçâmes ^ Jusqu'au vallon ce fut notre soutien :
Mais au moment où nous les séparâmes < Chacun eut peine à détacher le sien*
Un beau bouquet que j'avois fait la yeille Avoit séché sur le cœur de Bastien :
J'allai cueillir rose fraîche et yermeille^ ") £t je troquai mon bouquet pour le sien.
^ Dans les bosquets , sur deux lits de verdurf ^ " Loin du'hameau chacun se trouva bien ; Mais , au matin , ne sais quelle aventure Fit que chacun ne reconnut le sien«
En m'éveillant il me prit fantaisie De demander à quoi revoit Bastien s A bien, aimer, dit-il , toute ma vie s Mon rèyc étoitle même que le «ien.
(8) CHANSON
ÂiB des Triolets*
V^UAND la jeunesse est dans sa fleur.
Le jour et la nuit on s'amuse :
Point de chagrin , jamais d'humeur. Quand la jeunesse est dans sa fleur.
Tout charme l'esprit et le cœur, li'erreur plaît et Je mal s'excuse ; Quand la jeunesse est dans sa fleur , Le jour et la nuit on s'amuse.
Quand la vieillesse nous atteint,
La nuit et le jour on s'ennuie :
On gronde , on souflre et l'on se plaint^
Qand la vieillesse nous atteint..
Toujours on regrette, ou l'on craint.
Vers le triste soir de la vie :
Quand la vieillesse nous atteint,
La nuit et le jour on s'ennuie.
CONFIDENCE D'UNE VEUVK
Xjtse disoît à sa maîtresse Qui possédoit encore et fraîcheur et jeunesse : Vous voulez donc quitter ce château , ce canton , Depuis que votre époux hélas ! a rendu l'âme? Tout ici cependant vous rappelle sa flamme ; v
S'il fut un peu jaloux , il demanda pardon «
En expirant tous légua sa maison.
Et l'abandonner n'est pas saget —Je vais t'en dire la raison , Mais au secret pour toujours je t'engage :
Oh ! c'est foiblesse je le sens ; Ma chère , depuis mon veuvage Je meurs de peur des revenans»