‹ Œuvres de Madame la Mise de la FerChapitre 141 sur 177 · A UN AMI, HABITANT DE LA COUR · texte numérisé non relu

A UN AMI, HABITANT DE LA COUR

X E voilà chee les demi-dieux , Bt me voilà dans ma chaumière ; Quelle distance entre non s deux I A présent t^ cherches à plaire A quelque riche atrabilaire, , A quelque grand bien dédaignecct | Ou, peut-rêtre qu'à la toilette D'une laide et vieille coquette.

Qui par hasard est en iaveur.

G>urtîsaii plein cfart et d'adresse^

Tu profane^ Fencens flatteur

Que l'on ne doit qu'à la feunesse r .

Mais quel doit être ton tourment I ^

Car tu n'es pas né pour la feinte.

Ici tu Yivrois sans contrainte ,

Et nous plairois bien aisémeçit.

Tu n'oses donc être sincère?

Je te plains , c'est un vrai malheur :

Dans nos hameaux, tout au contraire.

On n'oseroit être trompeur.

Ches FOUS fout est de conaéqnencCf

Souris , regards ^ propos , maintien ;

Ches nous l'on ne prend garde à rien.

Si ce n'est à l'indifférence.

ïïotre plaisir , simple et sans fard ^

Mieux que le y^tre se varie ;

C^mme la fleur de la prairie,

U renaît sans peine et sans art.

Je vis un jour tout l'étalage

Du séjour pompeux de tes. grands:

Tout en ce lieu sent l'esclavage ;

Je n^ trouvai que l'avantage

De n'y rester que peu d'instaaa,

Lasse de voir clinquant , dorure ,

Sans regret je fit mes adieux.

Et je vins reposer mes yeux

Sur un beau tapis de verdure^

Je préférai flûtes, hautbois.

Aux aigres et perçantes voix

Des Amphions de vos chapelles ,

<2ui sont réduits au seul honneur,

îîe pouvant chanter pour les belle» ,

De chanter pour le créateur.

J'aimai mieux la course légère De nos frais et joyeux pasteurs.

Qui veulent joindre leur bergère , Que la démarche noble et iière De tous vos importans seigneurs»

Ici je revis la nature Dans toute sa simplicité : Gaîté , franchise , égalité , De ces beaux lieux sont la parure»

On y danse au son du pipeau.

Ou l'on partage sous Formeau Les dons de la bonne Gybèle.

Les amans y briguent l'honneur, I^on de surprendre quelque belle j

Idais d'obtenir, pur l«iur ardeur ^

Femme aussi tendre que fidèle :

Car du vieux temps de l'âge d'or Chacun y conserve l'usage D'appeler l'amour le trésor.

Le vrai trésor du mariage.

Enfin, auprès de ce hameau.

Je revis paître mon troupeatt:

Combien mon âme fut ravie !

Ah I je jurai que de ma vie Je ne quitterois ce séjour:

Ce serment fait devant la cour De nos divinités champêtres , On le grava sur de vieux hêtres ; Et moi , j'écrivis à mon tour :

Hélas ! n'est-il pas grand dommage Qu'un ami digne d'être heureux Habite un pays dangereux , Et soit si loin de mon village?

ROMANCE

"Au nom éTune jeune fiOe, doiU Vamanijul obligé de partir pour V armée le jour qu'il devoU V épouser.

Il est parti , cet amant que j'adore ;

Il est parti peut-être sans retour \

Moi , qui chantoîs mon bonheur 6hs l'aororè^

Je rais pleurer maintenant tout le jour.

Je ne sors plus de ce lieu solitaire ; Daphnis venoit soupirer dans ces bois- Je n'ai de Ut que ce Ut de fougëre ; J'y vis Daphnis reposer quelquefois.

D'un seul r^ban je veux «orner ma tête; lime paroit quand je reçus sa foi> Et si je chante encor à quelque fôte , Ce sera l'air qu'un jour il fit pour moî*^

Petits oiseaux, qui gazouillez sans cesse ^ ' Daphnis vous aime : ah ! j'aurai soin de vou»t Mais devant moi pas la moindre caresse , De vos plaisirs mon cœur seroit jaloujç*

Ainsi que vous, aimables tourterelles.

Je brûlerai du feu le plus constant ; Ainsi que vous, si j'avois eu des aile^

J'aurai» déjà retrouvé mon amant»

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