A UN AMI, HABITANT DE LA COUR
X E voilà chee les demi-dieux , Bt me voilà dans ma chaumière ; Quelle distance entre non s deux I A présent t^ cherches à plaire A quelque riche atrabilaire, , A quelque grand bien dédaignecct | Ou, peut-rêtre qu'à la toilette D'une laide et vieille coquette.
Qui par hasard est en iaveur.
G>urtîsaii plein cfart et d'adresse^
Tu profane^ Fencens flatteur
Que l'on ne doit qu'à la feunesse r .
Mais quel doit être ton tourment I ^
Car tu n'es pas né pour la feinte.
Ici tu Yivrois sans contrainte ,
Et nous plairois bien aisémeçit.
Tu n'oses donc être sincère?
Je te plains , c'est un vrai malheur :
Dans nos hameaux, tout au contraire.
On n'oseroit être trompeur.
Ches FOUS fout est de conaéqnencCf
Souris , regards ^ propos , maintien ;
Ches nous l'on ne prend garde à rien.
Si ce n'est à l'indifférence.
ïïotre plaisir , simple et sans fard ^
Mieux que le y^tre se varie ;
C^mme la fleur de la prairie,
U renaît sans peine et sans art.
Je vis un jour tout l'étalage
Du séjour pompeux de tes. grands:
Tout en ce lieu sent l'esclavage ;
Je n^ trouvai que l'avantage
De n'y rester que peu d'instaaa,
Lasse de voir clinquant , dorure ,
Sans regret je fit mes adieux.
Et je vins reposer mes yeux
Sur un beau tapis de verdure^
Je préférai flûtes, hautbois.
Aux aigres et perçantes voix
Des Amphions de vos chapelles ,
<2ui sont réduits au seul honneur,
îîe pouvant chanter pour les belle» ,
De chanter pour le créateur.
J'aimai mieux la course légère De nos frais et joyeux pasteurs.
Qui veulent joindre leur bergère , Que la démarche noble et iière De tous vos importans seigneurs»
Ici je revis la nature Dans toute sa simplicité : Gaîté , franchise , égalité , De ces beaux lieux sont la parure»
On y danse au son du pipeau.
Ou l'on partage sous Formeau Les dons de la bonne Gybèle.
Les amans y briguent l'honneur, I^on de surprendre quelque belle j
Idais d'obtenir, pur l«iur ardeur ^
Femme aussi tendre que fidèle :
Car du vieux temps de l'âge d'or Chacun y conserve l'usage D'appeler l'amour le trésor.
Le vrai trésor du mariage.
Enfin, auprès de ce hameau.
Je revis paître mon troupeatt:
Combien mon âme fut ravie !
Ah I je jurai que de ma vie Je ne quitterois ce séjour:
Ce serment fait devant la cour De nos divinités champêtres , On le grava sur de vieux hêtres ; Et moi , j'écrivis à mon tour :
Hélas ! n'est-il pas grand dommage Qu'un ami digne d'être heureux Habite un pays dangereux , Et soit si loin de mon village?
ROMANCE
"Au nom éTune jeune fiOe, doiU Vamanijul obligé de partir pour V armée le jour qu'il devoU V épouser.
Il est parti , cet amant que j'adore ;
Il est parti peut-être sans retour \
Moi , qui chantoîs mon bonheur 6hs l'aororè^
Je rais pleurer maintenant tout le jour.
Je ne sors plus de ce lieu solitaire ; Daphnis venoit soupirer dans ces bois- Je n'ai de Ut que ce Ut de fougëre ; J'y vis Daphnis reposer quelquefois.
D'un seul r^ban je veux «orner ma tête; lime paroit quand je reçus sa foi> Et si je chante encor à quelque fôte , Ce sera l'air qu'un jour il fit pour moî*^
Petits oiseaux, qui gazouillez sans cesse ^ ' Daphnis vous aime : ah ! j'aurai soin de vou»t Mais devant moi pas la moindre caresse , De vos plaisirs mon cœur seroit jaloujç*
Ainsi que vous, aimables tourterelles.
Je brûlerai du feu le plus constant ; Ainsi que vous, si j'avois eu des aile^
J'aurai» déjà retrouvé mon amant»