‹ Œuvres de Madame la Mise de la FerChapitre 150 sur 177 · REGRETS D'UNE BERGÈRE · texte numérisé non relu

REGRETS D'UNE BERGÈRE

SXAN.CES.

i^oN, je n'aime pluâ le printemps.

Cette saison pleine de charmes Kamëne en moi des sentimens , Qui me coûtent toujours des larmes.

Tout parle d'amours , de désirs , Jusqu'aux oiseaux dans leur ramage 5 Et moi , je n'ai pour tout langage Que les plaintes et les soupirs.

Dans le yallon , sur la moUtagiie , Quand je commence à sommeiller f ■* JjC tourtereau vwAt m'éveiller En roucoulant pour sa compagne»

la gaîté de chaque pasteur Me rend I^umeui triste et sauvage jËt deë bergères le bonheur M'importune encor dayantage.

Je- pense, en voyant aoas Formeatt Sauter , folâtrer la' jeunesse, QueDaphnis ayoit phu< d'adresse fit dansoit le mieux du hameau.

BaiM les bois où tout m'înqui^te Lorsque je crains de m'égarer.

Je me souviens que sa houlette Suffisoit^ pour me rassurer.

Je comptois avec allégresse Tous les trésors démon yetger ; Eh , que m'importe ma richesse ?

Je ne peux plus la piartager.

Ah ! siDaphnis vivoit encore, Si cet objet de Inès amours ' Pouvoit sentir que je l'adore, Printemps , tu me plairois toujours l

Hélas ! pour prix de la constance Qui jend mon sort si rigoureux , Je ne demande plus aux dieux Que la mort ou rindiPrence.

CHANSON

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