‹ Œuvres de Madame la Mise de la FerChapitre 149 sur 177 · C33 ) A UNE JEUNE PERSONNE · texte numérisé non relu

C33 ) A UNE JEUNE PERSONNE

qui f^arUoii les charmes de l'amitié et les préférait

à l'amour.

Vi ON , non , ce n'est point à votre âge Que la simple amitié quevou^ exaltez tant

Reçoit de nous le plus sincère hommage ; n est pour la jeunesse un plus- doux sentiment. Seule auprès d'un ami quelquefois on s'ennuie; Si l'on connoît l'amour, on pense à son amant ; S'il paroît à nos yeux tbut le reste s'oublie ; Et ce n'est que du jour qu'on le sait inconstant Que l'amitié devient le bonheur de la vi^i

en AN s ON.

JLIe bien aimer , fe me sens bonne envie 5 IT est-il pas temps, à quinze ans, d'y songer? Quand j'aimerai , ce sera pour la vie ; Hais qui voudca pour toujours s'engager ?

Point n'ai d'appas > le temps sait les détruire; Point de trésors , le sort peut les 6ter ; Je n'ai qu'un cœur , las ! il devroit suffire ; Mais qui d'un cœur voudra se contenter?

Tous mes vdésits mon amant fera naître > Ma seule loi sera sa volonté; Le doux plaisir il me fera connoître ,.

Celui qui- doit ravir ma^liber té«

S'il est berger qui soîf sensible et tencTre, Et qui veuille être aimé. de bonne foi, Dieu des amours , ah ! fais lui bien entendre Qu'il ne sanroit être heureux qu'avec moi.

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