‹ Œuvres de Madame la Mise de la FerChapitre 152 sur 177 · CONFIDENCE A L'AMOUR · texte numérisé non relu

CONFIDENCE A L'AMOUR

Ju nom d'une femme d^Un certain dge, qui regrettait,. \

en plaisantant, d'avoir été plus coquette que tendre.

ÏXAiJEiSiTjs ta course légj^re ; B ieu des amours, écoute-moi;

J'avouerai mes torts avec toi , Et c'est- beaucoup d'être sincère.

Oui , j'ai méprisé ces mortels

Qui, toujours ornés de guirlandes,

Ont soin d'encenser tes autels;

J'ai négligé jusqu*àux offrandes

Q u'on doit à Cytlièrc , à Paphos.,

J* osai rire de cette amante,

£ t si senaible et si constante ,

Q ui fit la gloire de Lesbos ;

Les tourmens de w jalousie ,

"De sa lyre les doux accords , Et ses désirs, et ses transports Ne me sembloient qu'une folie* Je voulois fixer tous les yeux; Sans m'attacher je voulois plaire; Orner mon front et mes cheyeux^ Cétoit là mon unique affaire ; Et jusque dans son sanctuaire J'aurois volé , pour m'embellir , Les fleurs qu'on venoit de cueillir Pour parer l'Amour et sa mère.

J'ai rebuté tons les amans ^ Doutant de leur délicatesse ; J'ai dédaigné tous les serxnens Qui m'assuroient de leur tendresse* Hélas ! tes charmes , tes plaisirs Auroient enchanté ma jeunesse , Et ces aimables souvenirs Be^ceroient un jour ma vieillesse* Voudras-tu donc, cruel Amour, Que sans relâche je regrette Des momens perdus sans retour f De l'amitié pure et parfaite , Hier , je vantois les douceurs ; Mais l'image de tes faveurs Tout à coup me rendit muette.

Que tu peignis adroitement Toutes les grâces d'un amant A mon âme déjà troublée !

J'allois sentir en ce moment Qu'un ami m'auroit consolée :

Je n'ensuis plus digne à présent ; Il verroit que mon cœur soupire , .

Et peut-être malignement

Il croiroitque ce cœur désire...»

Gardons , gardons tous mes secrets...

Maïs sans honte je peux les dire :

Si je reconnois ton empire

C'est sans prétendre à tes bienfaits.

Amour , Amour , de l'indulgence !

Contente-toi de mes regrets ;

J'ai vanté tout haut ta puissance ;

J'ai pleuré mon indifférence :

Ah f soyons quitte^ pour jamais.

CHANSON-

AïK.' Pour la Baronne.

Uans ina retraite^ Je goûte le parfait bonheur.

Aimable époux , tendre fillette ^ • Quelques amis font la douceur

De ma retraite.

Dans ma, retraite.

Sans tourment Ton peut désirer; Sans peine l'âme e&t satisfaite ;.

£t l'on aime sans soupirer

Dans ma retraite.

Dans ma retraite , A tout âge l'on est joyeux ; Kiant, disant la chansonnette , Quand on aime on n'est jamais vieux

Dans ma retraite.

Dans ma retraite , Belle que l'âge flétrira »

Oubliez galant et fleurette f Vamitié vous rajeunira

Dans ma retraite*

Dans ma retraite , Belle qu'amour affligera , .

Venez , ne soyez plus coquette ; L'amitié vous consolera

Dans ma retraite*

ÉPITRE

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