A MADAME DS K
JLl vaut mieux mourirque de vivre , Disois-je un jour en soupirant 5 Du. malheur le trépas délivre :
£h! pourquoi craindre cet instant?
Toujours des peines , des traverses , Toujours des passions diverses , Viendront troubler notre repos f Et la douleur , la maladie , Dans cette triste et eourte vie , Seront les moindres de nos maux.
Toujours réprimer la nature , Toujours combattre son penchant f Malheureux en lui résistant', Plus malheureux en succombant ^ On est sans cesse à la torture.
Comme toi me plaignant du sort ,
Je trouyois qn?il avbit eu fort De nous donner un cœur sensible :
Oui , pour les femnies trop souvent, Ce cher et funeste présent Kend le bonheur presqa'impossible.
Le plus saint des engagemens , .
Quelquefois aussi le plus tendre , Est une sour'cedetourmens.
De son ëpoux il faut dépendre , £t, par respect pour ses défauts , Cacher les vôtres à propos j Et l'ingrate et folle jeunesse De l'enfant que l'on diérlssoit ,, Abusant de notre foLbless.e , Vient flétrir , ayant la vieillesse , Le tendre cœur qui l'excusoit.
Ainsi dans ma mélancolie , Trouvant plus de mal que de bien 9^, Je disois : N'est-ce pas folie Que de resp^ter le lien Qui nous attache à cette vie ?
Mais tout-à-coup dans ce. moment.,.
Je vois paroitre moz« enfant, s .
Il accouroit avec 9onpèrie :
L'un me presse contre son sein ,.
Et l'autre en caressant ma main^ M'appelle du doux nom de mèrei Je sentis le chagrin s'enfuii:
A. celte scène attendrissante, Et bientôt d'une voix touchanto Je dis, e;n pleurant déplaisir :
U vaut mieux vivre que* mourir*.