‹ Œuvres de Madame la Mise de la FerChapitre 157 sur 177 · CODICILE · texte numérisé non relu

CODICILE

Feùt en faveur d'un grand amateur de éoifuSk^

et'd'antitjmié&*

fi £ VOUS fais don des choses curieuses Que renferm e mon cabinet :

Coraux, rubans , lépas , coquilles épineuses, Pierre brute ou hrillante , et toutes précieuses | Morceau de crâne et dent de lait D'un Fatagon trouvé sur le rivage De ce détroit ignoré , dangereux Que Magellan, dans son passage , Honora de son nom fameux.

De plus , peau de serpent, aussi Velle que rare^ r^on de celui qui séduisit jadis Dans le terrestre paradis , Par son jargon peut-être un «^peu bizarre , iLa foible mère , hélas ! du pauvre genre humain^ C'est le serpent dont la reine d'Egypte Se fît, dit-on , piquer le sein, ï^^e Voulant pas orner le triomphe et la suite Du vainqueur d'Actium heureux autant qiievainj De plus des ceufs d'autruche arrivés de Libyo Le jour qu'Antoine et son amie ^ Se donnèrent un grand festin ; Pour que la chère fut complette \ De ces œufs délicate on fit une omelette ,

Ce«t ainsi qu'un Arabe en son livre récrit ,• Par Cléopétre eMe lut retournée ,

Et 9 qui plus est , assaisonnée

De la perle qu'elle fondit j J*aî la coque des oeufs i un savant me Fa dlU

J'ajoute encor à ma promesse

L'antique et fameux scorpion Qai fit périr le chasseur Orion :

ArecDlafieun jour il disputa l'adresse ;

La vindicative déesse , Pour Tevpiiinîr» la fit nkordre au taJoii^ Vous jouirez aussi do ce gcps cœur de rocke ; .

Pétrifié je ne sais trop comment :

Je crois que c'est le -cœur d'un homme indifférent , Qui jamais n'eut d'amia, qui ]»e fut j^cântainaot ; L'égoïste frémit sitôt qu'il s'en approche ,

De peur d'un pareil accident.

Vous aurea mes plante» marinea f

Mes extraits de métaux, de mines :

Oh ! grâce au ciel , \e n'en ai point d'argent ; Toujours je redoutai le danger d^ richesses \ Coquillage est chez moi le Idxe et l'ornement.

CoiQptez au rang de mes largesses Unde9 premiers fragm^ens, de lave de l'Etna»

Quand l'audacieux ^Enceladé , Après avoir manqué fikâ» coupable escalade.

Dans ce gouf&é de feu soudain ^e retourna* Enfin j'exaucerai votre ardente prière ;

D'Agq/ès Sorel vous- aurez les chevaux;

On m'a juré que c'étoient cseux Que cette belle un jour s'amraeha de colère #

Quand son amant, déterminé

A se sauver eaDaup2uné^

Henonçoît aux lauriers que lui valut la guerre*

J'oubliois ce joli pauier Que Colomb autrefois reçut d'un bon aauyage » Paisible , iltravailloit, enkiçoit lebranchagie

Du platane et du latanier , Quand le hardi Génois débarqua sur la plage) Il ne vit point eâ lui le fatal nautonnier Qui devoit enrichir bientôt le noir riyage.

Trop heureux le mortel qui n'est pas préyojanti Sans craindre l'avenir il jouit du présent:

Peu d'idée et de soin est le meilleur partage. Car le plus granc^ des maux est celui qu'on attend. Oui , sitôt mon décès, )e veux* qu'on vous délivre

Ce legs pour vous intéressant ; Mais de mon cabinet vous n'aurez pas un livre :

Oh ! yo^fiiêtes assea savant.

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