FABLE XV
LA VIEILLE FAUTETTE.
tl EVNES oiseaux, babitans d'un boca^, Pour célébrer du printemps le retour, S'assemblèrent sous le feuillage.
On y vit venir à son tour La doyenne des bois, une vieille fauvette , Belle jadis, toujours coquette , Ayant encor maintes prétentions.
Et croyant mieux chanter que merles et pinsons^
La première elle ouvre la scène , D'un air avantageux se met à fredonner ; Mais Dieu sait quelle fut sa peine I Son gosier tremblottant ne fit que détonner.
Pour couvrir cet affront, vite elle veut a^rendre Aux spectateurs , qu'oiseaux jaunes et vieux De tous côtés venoient l'entendre; Veut citer les concerts , les lieux OÙ V^n trouvoit sa voix flexible et tendre;
Il*en peut nommer lu seul : mémoire lai manqnft» D'elle, à ItL fin, chaque oiseau se moqua ,
lE/t résolut de iiiiâr cette entrayeuse. .
On se donne le mot ^ «t la bande joyeiise Part , voie aux proohaiiies £»yéts S'établir et •chanter d«KS de nouveaux bosquets*
La vieille aussi 'veift être tfu voyage , Suit4es autres des yeux , croit les atteindra encor , £t premuit nn trop haut essor , Perd i'équUihre et tombe 8an$ l'ombrage ; Mais , héias ! si Fa^id^nenf , Et qui pis est , si lourdement , .
Qu'elle se blesse un pied , et se fracasse une aileu Oh ! pour le coup , réfléchissant , Mie disoit , en se traînant chez elle :
«Tétoisbien folle, en vérité , De rechercher cette troupe volage ; Pour vivre ensemble , i\ faut rapports , égalité.
Si je guéris , on me verra plus sage^ Je fuirai le grand monde , et pour société Je choisirai toujours compagnons de mon âge.
FABLE XVL