‹ Œuvres de Madame la Mise de la FerChapitre 163 sur 177 · ÉPITAPHE · texte numérisé non relu

ÉPITAPHE

De M, te Président iPOrm,»,» , mort en Jeûner 17B9*

J/LCiTiicz ce magistratéclairé , vertueux »

Qui servît à la foid Dieu , les lois et son maître f

£t qui n'a fait de malheureux

Que le jour qu'il a cessé d*êtré,

ROMANCE

Aie: JePaiplatUéf je Vai vu naître^

JDonnb action est toujours belle y Les ans ne peuvent la ternir , Et qu'elle soit yieOte ou nouvell& On en chérit lé souFc^nîr,.

Jadis on a fa (bns Fergame Un fils tendre et religieux , Sur son dos , ea fuyant la flamme^ Emporter son père et ses dieux.

De nos jours c'est une bergère Qui vient lutter contre les eaux , Ht sur son dos chargeant sa mèr9 La dérobe au danger des flots.

Le torrent accroît son ravager Cette fille, au cœur généreux y Accourt , revient sur le rivage "Et sauve encôr deux malheureux*

Enfin , à don dernier voyage :

On crie à la témérité :

— Arrêtez.... sinistre présage Hais son coeur seul est écouté*

Laissez-moi rendre encor servtce , Amis , ne tremble^ surmon sort :

Ah ! c'est pour moi doux exercice^ Faisant le bien , çraint-on la mort 2

Elle chancelle , elle succombe , Après dfiji éfifbns impuissajift} Et le torrent devient la tombe] D'une héroïne de viAgt aii9*

Elle jouit de sa victoîie Au séjour qu'^e a. métité* De notre sexe elle est la gloire^ 4iasi que de'L'huioaaît^

t<%istoire de-simple bex^ère iN'aura jamais de monumens ; .

HaiÀ.que la femme et tendre et mère Toujour^ l'a^pprenne à ses. enfans.

N B, Le sujet de. cette romanpe est véritable j en 1809 xmajeune fiile, apcès avoir sauvé U' une inondation- sa mère et deux autres personnes!, voulut en sauver d^'autres encore ;. mais les forces lui manquèrent , «t elle fut emportée par 1»^ courant.

CONSEIL A UN AMt

[\ OTTS narrez avec grâce , aviee précision ^

Disoit un savant à Damon , Votre genre est l!histoire, allons il faut l'écrFrei. ïllaguant avec soin 4es faits intéressant .

Gjs que le bon goût doit proscrire , Vous aurez du lecteur les,applaudissemena^ ïlnfia vous jouirez du fruit de vqs tsdens.^ Vous préférez à. tout.Melpomène et Thalie ,,

liCUr langa^ » mon cher , est pure iUuaion s.

Maxime vertueuse, ou piquante saillie ïï'àrrachepoijil des. coeurs lamoii^dr^ passion ^ ISt d'ailleurs , dece fçu pétillant du g;éme.

Vous avB^ pa95é ^ saîsou*.

B est vraixépliqu^ Bampa:.

II reste à l'âge mur la raison^ lamémoire>.

Dignes compagaeB.de Olîo.:

Mais le sage en lisant les crimes de-l'histoire A trop souvent- gémi sur le fameux Trio /- Pour que je lai.coiMacrie et xHim temps etma gloire».

(6i ) AVIS.

v^uEL estl^ommede cinquante ans Qui près de nous voudra passer sa vie?

Je lui promets non des plaisirs bruyans.

Non des concerts la touchante harmonie 9 Non du grand monde la folle , Non l'élégance des repas , Je suis peu rlçke , et fais petite chère ; Si les friands morceaux ont pour lui des appas. S'il étoit sensuel , il ne sauroit me plaire : La tempérance est ma suprémeioi; De simples mets. Un bon potage.

Des végétaux , de gras laitage ,

Voilà ce qu'il aura chez mol ; l^oint de ce jus divin ou de Chypre ou d'Espagne, ItSaisflacon de vin vieux qui souvent m'accompagne, ]

Et toujours frliis et touj ours sain , Sera versé pour luilie ma tremblante main.

A ce mortel enfin nous donnerons la pomme ,

Si l'on peut trouver- dABLS' un hommo •

Amour du créateur sans haine du prochain,, Religion sans^ momene ».

De l'esprit sans préteiTtion,

Politesse sans flatterie.

Lumières sans pédanterie , Goût des beaux arts, coq^plaisancé et bon ton»

Sur Rousseau , BufFôn , Labruyère

Ensemble nous méditerons ; Et, pour nous dëlasser de nos réflexions.

Il faudra rire avec Molière; Il trouvera chez mol, comme chez znonépoua&jr

Humanité, tendre cœur,^ bonhomie ; Les serpens de la haine et de la calomnie Jamais n'ont siflé près de nous.

Sa liberté restera toute entière.

Si de Gérés il veut admirer les trésor», Pes habltans de l'air entendre les accords, Il n'a qu'à parcourir bois, guérets , ou fougère, liais quand PhébuB pour nous finira sa carrière,, r^otre aimable hôte alors voudra bien nous revoirr « Douce société y mais surtout vers le soir, Pour le bonheur est chose nècessalse t Oh l qui jase amicalement Sur le déclin de la journée. Dormira, rêvera galment.

Et sans humeur verra là matinée.

Enfin, si je veiut quelquefois De. nouveau remonter mialyre.

Je ne chanterai point les berger» et les boî»,

Wi des passions le délire;' De l'amitié, des arts je vanterai l'empire ; Seuls ils ranimeront les acccfas de' ma voix*

RÉFLEXION

jyiAL6iaf ki constance du sort A ptDlongerles douleurs que j'e'ndurv Je l'aroàrai , je redoute la mort.

Le sentiment, bienfait de la nature>

Me console de tQus me» maux»

Ah f lui seul peut charnier ks peînea de la vie.

Je souffre -, on y prend part, mon âme est attendrie,

£t mes sens tourmentés se livrent au repos.

Si les objets de ma tendresse

A mon cœur alloient échapper ; Ou si ce cœur devoit , flétri par la tristesse , Du doux plaisir d'aimer cesser de s'occuper, Non , non, je ne crains plus : 6 mort! tu peux frapper.

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