‹ Œuvres de Madame la Mise de la FerChapitre 167 sur 177 · A MES AMIS · texte numérisé non relu

A MES AMIS

(HT, ne célébrez plus ma fôte.

De roses et de lys ne parez point-ces lieux ; Leur parfum fait tourner ma tète , licur éclat fatigue mes yeux.

Vous connolssez et mes maux et mon âge Ab ! supprimez ce vœu pour ma santé l Puis- je en tirer quelque avantage ?

Depuis long-temps les cieux l'ont rejeté* N'allez pas m'offrir un hommage .

Aussi vrai que tendre et flatteur.

6ardee-vou& d'émouvoir mon cœur ,.

I7e me rappelez point le charme de la vie

Lorsqu'elle Ta m'être ravie.

De l'amitié sentiment enchanteur Il faut hélas ! oublier le bonheur :

Car ce vieillard qui court le monde Ravageant tout , contré qui chacun gronde'.

M'a dit en fb^anf Tautre jour :

Bientôt je serai de retour.

Par toi je dois finir ma ronde.

A PJERETT^.

La royez-vouis cette jeune Ferette , Aux pieds légers , quoique peu délicats , £n bavolet, en cheveux plats , En jupe simple , mais proprette f !Ëh bien I de ta pairvre fillette Je voudrois pour toujours assurer le bonheur; Ah ! qui m'a fait sentir le plaisir d'être aimée , A des droits sacrés sur mon cœur.

' Par sa naiVeté Perette m'a charmée.

En me versant du lait, salufaii^ liqueur.

Mon seul nectar, le soutien de ma viey Elle me dit, avec l'air de candeur, Qu'elle m'aimoit à la folie r Et puis , elle ajouta , d'un accent enchanteur f Si j'ai dit je vous aimé, excusez, je vous prie : Contre mdî si ce mot excitoit votre humeur I,..- Dans ce moment, quoique bien attendrie ^ Je ris de sa naïve peur ; Mais après , pour toujours, Perette en fut gu/érie.. O doux pouvoir du sentiment!

pepuîs cet aveu si touchant,

Tout ce qu'elle fait sait me plaire t

Elle a de l'esprit , des appas ; Mon potage est meilleur , et mon lait est plus gras^ Présenté par la main de- cette ménagère.

Perette, dans tes goûts, ne sois jamais légère; Si tes soins assidus ne se d^entent pas f Je te promets cette belle génisse.

Aussi blanche que mes agneaux c £t qu'on auroit jadis offerte çn sacrifice

Aux dieux protecteurs des humeaux| Je te promets^ encore une brebis choisie ,

Bt )Q pourrai même à ce dou

Ajouter ma chèvre chérie,

La plus féconde du canton.

Dans peu , ma gentille bergère y

Ton petit troupeau grossira , Et pour d'autres que moi ton cœur s'attendrira; Berger fidèle alors sera très-nécessaire :'

Tendre Perette, tu l'auras 5

Oui , de ma main tu recevras -<- <^

Pour berger , pour époux , l'amant le plus sincère» À

Qui connut l'amitié , sentira mieux l'amour.

Aime dwncta maîtresse , en attendant ce jour , <

Et ne crains jamais sa colère.

Si quelquefois tu pouvois me déplaire. De la froideur si je prenois le ton , Reviens , reviens , au mom^it même , Me dire encore t Je vous aime !

)SI ta faute | ma chèiip , obtiendra son pavdon^

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