A MA CHIENNE
iS (^VS voîàk vieilles toutes deux; Consolouanious , chère Zémire ; Mon œil 8*éteiat , et dans tes yeux.
Où bnitoit l'amoureux délire , pu ne voit plus les zuémes feux.
Tu|}erds ta grâce, ta folie»
Mon esprit perd son enioubment; Du jour tu dors une partie , Et moi je rêre^ tristement.
Hélas } pour tous ceux qui vieillissent.
Tous les jours , à tous les momens ^ Quelques plaisirs s'évanouissent.
Tu vois fuir bien Iqin les amans , Et mes amis se refroidissant.
Mais laissonS'là les inconstajiis ; Contr'eux, ni plainte, ni satire* Jfe les imitons p«8., Zémire:
Chéns-nxoi comme en ton prinlems* L'amitié fait couler la vie ; Slle embellit tous ixps instana .
Et qui ne peut aimer s'ennuie.
Même à l'aurore de' ses ans.
Tu ne peux parler ; quel dommage î Ton embarras me fait pitié : .
De nos mots que n'as-tu l'usage !
Tout ce qui ressent l'amitié Pevroit avoir même langage.
Je serois heureuse avec toi.
Ma tendre et sincère Zémîre, Si tu t'exprimois comme moi* JjOFsque la confiance inspire ^ On jase du soir au matin»
£tant du sex^ féminin , Il nous faudroit parfois médire* Nous ririons des pauvres humains^ Foibles , petits , et toujours vains ; Je t'instruirois de nos~ usages.
Quelquefois fous , quelquefois sages 9
De nos travers, de nos erreurs
Enfin nous médirions , Zémire c I^e faisant grâce qu'aux bons coeuts y Combien de choses à n<ms dire !..»
Mais quand j'y fais réflexion « Si jamais tù pouvois m'entendra Et répondre à notre jargon, Serois-tu toujours aussi tendre?
3Des humains ta preadois le ton.
Devant toi je parle sans feindre.
De mes chagrins^ de tous les maux Que j'éprouve ou que je dofs craindra ; Et ^e n'oseroi^ pius me plaindre , De peur de troubler ton repos.
Achève tes jours sans alarmes , Sans songer que tu dois mourir^ Tu ne vois rien dans l'avenir , Le présent t'ofiire encor des charmei» ' ■ Oui , l'on envîroit tes plaisirs S'il -te restoit de ta jeunesse Quelques aimables^souvenirs , I46S leuls trésors de la vieillesse»