FABLE XXX
MAHOMET ET la% PAUVRE HOMME.
xLtec ferveur nn pauvre musulman Prioit et médltoit , jeûnoit le Ramazan ; Jl ayolt orné sa mémoire 1>e8 beaux passages du Eoran , 'SX du Vien qu'il faisolt lui rapportoit^a gloire» Tandis que du prophète il relisoit l'histoire. Sur un nuage d'or Mahomet descendit.
Et lui dit s Je suis touché de l'ardenfe prière- Que tu m'adresses chaque jour }.
Tu mérites tout mon amour.
Cest pour récompenser ta foi vive et stncàre y
Qu'un moment fai quitté les cieux; Oui , je viens If assurer que tu seras heureux.
Parle, apprends-moi ce qui pourrait te plaire. Si tu n'es qu'un ambitieux, 3e plaindrai tes dangers en exauçant tes Vœux ; Je te ferai muphti , visir , et sultan même*
Le bon dévot d'abord fort étonné, Se rassurant un peU; dit : Je ne suis pas né
Pour parreni'r à cet éclat supfém&;
Laisse-moi vivre infortuné.
On m'offriroit tons les trésors en Somm»
Pour devenir maphti , favori , grand visir, Je dirois non; car mon désir Est de rester un honnête homme ; Et quant au rang de souverain seigneur> Je n'en voudroîs pas davantage :
Nos potentats ont toujours peur.
Je pourrois des humains commencer le honheur; Mais aurois-je le temps de finir mon ouvrage , Dans ce climat où lliommeest rebelle, inconstant f Il n'est qu'un insensé qui désire ardemment De posséder une couronne .
Qu'il ne porte , hélas f qu'en tremblant y Et qu'enfin un caprice 6te , ainsi qu'il la donne» Ne m'afflige donc plus* par l'offre «de bienfaits Que je n'accepterai jamais.
Je ne voudlrois qu'un» simple chaumière^ Un petit bois et quelques champs y Tendre femme et jolis enfans.
Honnêtes gens ; Et ^ pour me rendre heureux jusqu'à ma dernière heure-, O Mahomet ! garantis ma demeure , Non des voleurs , car je n'ai point d'argent, Mais de rimpie- et du méditant.
L'objet de tous ses vcrax fut bientôt so» partage | D'un cœur reconnoissant le dévot l'accepta; Et Mahomet , sur son nuage , Â son paradis remonta, En s'écriant: Enfin, je viens.de voir un sage t
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